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HOMELIE DES RAMEAUX

  • PAROISSE DE MARTIGUES
HOMELIE DES RAMEAUX

Les rameaux sont une invitation à reverdir, à reprendre de la vigueur de Dieu. Chaque année nous aimons ce temps où nous faisons bénir les Rameaux au début de la Semaine sainte, au début de ce chemin de mort et de résurrection de Jésus.

 

Au cœur des détresses, de la difficulté de nos vies, c’est une promesse de vie ; comme le printemps après l’hiver, nous sommes heureux de voir et de vivre ce temps de régénération, de nouvelle création. Comme le printemps qui arrive après l’hiver, notre foi nous dit que Dieu nous donnera toujours la vie malgré les difficultés que nous rencontrons. Les rameaux sont un signe d’un avenir possible et ils sont un signe de vigueur, une invitation à puiser dans Sa vie. Dans sa vie et pas ailleurs.

 

Je suis marqué comme vous par les nombreuses morts violentes survenues depuis le début de l’année, du fait du terrorisme islamique, du fait des accidents d’avion, du fait de la grande persécution des chrétiens en Orient. Sans faire de hiérarchie entre ces morts – une vie est une vie – je voudrais revenir avec vous sur ces 21 hommes tués en Egypte il y a quelques semaines, 21 chrétiens qui ont été décapités uniquement parce qu’ils croyaient au Christ.

 

« Le nom de Jésus a été le dernier mot qui est venu sur leurs lèvres. Comme dans la passion des premiers martyrs, ils s’en sont remis à Celui qui, peu après, allait les accueillir. Ils ont ainsi célébré leur victoire, une victoire qu’aucun bourreau ne pourra leur enlever. Ce nom [de Jésus] murmuré au dernier instant… » Ils disaient Jésus, leur unique espérance, notre unique espérance !

 

Et nous aussi nous disons Jésus, nous le prions de nous aider à tenir dans les épreuves de la vie. Dans le récit de l’Evangile, nous avons suivi Jésus, Dieu fait homme, qui reste innocent et qui est mis à mort. Saisi par les gardes, Jésus ne se défendit qu’avec des paroles de vérité, sans vengeance. Je suis marqué par le fait que Jésus reste libre, même quand il est saisi par les gardes, il garde sa liberté intérieure, il reste intègre, fidèle à sa conscience et Dieu notre Père.

 

Dans l’Evangile, nous avons entendu un centurion parler. Il venait de voir mourir Jésus sur la Croix et il dit : « Vraiment, cet homme était fils de Dieu ! » Ce centurion pouvait se croire loin de Dieu, d’un Dieu qu’il ne connaissait même pas. Et il a compris qu’il était Dieu, il a professé sa foi, sa confiance en ce Dieu qui l’a aimé jusqu’à mourir pour lui.

 

Même si les chrétiens de France subissent des discriminations, nous ne risquons pas notre vie pour notre foi. Il y a quand même une question que nous avons en commun avec nos frères martyrs d’Egypte : en quoi je mets ma confiance ? En qui je mets ma foi ?

 

J’ai eu cette semaine dans ma boite aux lettres un petit tract, une pub pour un « voyant – médium ». Il est écrit ceci « Il résoudra vos problèmes quotidiens : amour durable, mariage, chance aux jeux, travail, réussite aux examens. Protection contre tous les dangers. Travail sérieux et efficace. Résultats dans la même semaine. 100% de réussite ». Ce genre de tract peut faire sourire, mais il me met aussi en colère. En colère, car il trompe lourdement les gens sur ce qui sauve, sur ce qu’est la prière, sur ce que sont nos véritables désirs.

 

Il nous trompe, comme nous trompent aussi d’ailleurs tous les tickets de loto ou d’euromillions. Tous ces millions, pour quoi faire ? Croyez-vous vraiment que vous emporterez votre argent au Paradis ? Croyez-vous vraiment qu’à la fin d’une vie il vaut mieux un compte en banque bien rempli et la dernière Porsche ou bien une famille qui vit dans l’amour, dans le respect les uns des autres ?

 

Et cela nous pousse à nous demander ce soir, comme les martyrs d’Egypte : en qui je mets ma foi ? La seule réponse durable et qui sauve, c’est le Christ sur la Croix. Seul l’amour est digne de foi. Seul l’amour est digne de ma foi, seul l’amour d’un Dieu qui est capable d’aller jusque me rejoindre dans la mort peut me sauver, me donner un avenir, une espérance … une espérance qui ne déçoit pas. Jésus avait prié avant de mourir ; il a prié, et cela n’a pas empêché qu’il meure en croix. Mais la prière lui a rappelé que Dieu son Père ne l’abandonnerait pas sur ce chemin de Croix.

 

Comme le disait le prophète Isaïe : Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ; c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages, c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre : je sais que je ne serai pas confondu. » C’est vrai pour Jésus, c’est vrai aussi pour nous qui le prions. Jésus a connu l’angoisse de la détresse, il a connu l’angoisse d’être seul dans la souffrance : « Seigneur, ne sois pas loin : ô ma force, viens vite à mon aide ! » Et Dieu a écouté son cri, il lui a répondu. Dieu n’a pas laissé Jésus mourir pour rien, il a permis qu’une mort innocente, sans raison, puisse être le début d’une Résurrection, la petite lumière au bout du tunnel. Par sa mort, Jésus a vaincu la mort.

 

Désormais, nous ne sommes plus seuls à lutter dans la nuit, il est là pour toujours avec nous. Si nous sommes morts avec lui, avec lui nous vivrons. Si nous supportons l’épreuve, avec lui nous régnerons. La lumière de la Croix brille sur le monde. Les ténèbres ne l’arrêteront pas.

 

Le Christ est mort pour nous, il ressuscitera pour nous.

 

Thomas Poussier

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