JESUS NE NOUS DEMANDE RIEN DE MOINS QUE DE VIVRE SA VIE, D'ETRE EN LUI, D'ETRE LUI

  • PAROISSE DE MARTIGUES
JESUS NE NOUS DEMANDE RIEN DE MOINS QUE DE VIVRE SA VIE, D'ETRE EN LUI, D'ETRE LUI

Nous sommes particulièrement soucieux d’incarner nos liturgies dans la  paroisse, aussi dimanche dernier c’est votre  curé, votre berger, qui a assuré l’homélie  pour la fête du  bon pasteur, aujourd’hui c’est un diacre, celui qui est chargé de la coupe du sang du Christ,  qui vous fera l’homélie sur l’allégorie de la vigne.

 

Durant ce temps de Pâques,  après les récits d’apparitions du Ressuscité, la liturgie nous propose des textes de réflexion, de méditation en s’appuyant sur plusieurs allégories : le pain – le pasteur – la vigne qui nous indiquent des chemins pour trouver notre  route et avancer avec le Christ.

 

Toutes ces images sont déjà présentes dans l’Ancien Testament : le pain du désert, Dieu le  berger de son peuple, Israël la vigne de Dieu mais Jésus vient changer ou préciser le sens de ces métaphores simplement en les incluant dans une phrase : « Je suis le vrai pasteur – je suis la vraie vigne ». Tout d’abord le « Je suis » qui l’identifie et le fait l’égal du Père et ensuite le qualificatif « vrai » pouvant signifier à  Israël qu’il est dans l’erreur ou tout du moins dans l’ inaccompli.

 

Un autre verbe, qui a une grande place dans ce passage de l’Evangile de Jean, est « demeurer ». Il faut se souvenir de la question des deux premiers disciples à Jésus qui vient d’être reconnu par Jean Baptiste : « Maître où demeures-tu ? et la réponse de Jésus : « Venez et vous verrez».

 

Nous avons ici la suite de cette réponse « Demeurez en moi comme moi en vous », Jésus ne dit pas je suis le cep et vous les sarments, il dit je suis la vigne et vous les sarments. Je suis le tout et vous êtes une part. Si vous vous séparez de la vigne, c’est la sécheresse, si vous demeurez, il faudra accepter d’être nettoyé, émondé, pour donner beaucoup de fruits. Lorsque on coupe la vigne, on constate souvent des écoulements de sève, on dit que la vigne pleure, oui la vie en Jésus demande des abandons de soi. Jésus, a accepté l’émondage ultime de la croix pour le salut de tous, «  Demeurez en moi comme moi en vous ». Jésus ne nous demande rien de moins que  de vivre sa vie, d’être en lui, d’être lui.

 

En cherchant une image  « de  demeurer en », il m’est venu celle du sous-marin qui se trouve entièrement immergé dans la mer  mais qui ne peut rester des jours et des mois en plongée que grâce à la mer d’où il extrait  de l’air, de l’eau  pour la vie des marins qui sont à bord. Bien évidemment le sous-marin peut faire surface mais il devient alors un très mauvais bateau qui tient mal la mer.

 

La fin de notre texte mérite aussi que nous nous y attardions. Nous ne pouvons être disciple que si nous donnons beaucoup de fruits pour la gloire du Père mais pour donner du fruit il faut demeurer en Jésus et recevoir Jésus.

 

Comment interpréter cette sorte de spirale ? Dans sa lettre, Jean nous donne des pistes par une succession de verbes : croire, aimer, être fidèle, faire ce qui plaît à Dieu… pour lui visiblement la foi n’est pas de l’ordre de l’opinion, elle est manière d’être. Aimer non pas avec des Paroles et des discours mais par des actes et en vérité. Jean nous invite à croire à l’amour de Dieu pour tous, à miser sur cet amour en faisant notre petit possible. L’amour de Dieu a besoin de tous nos bras. 

 

L’extrait des actes des apôtres donne du vécu aux préconisations de cette lettre. Tout d’abord le personnage de  Joseph, surnommé  par les apôtres Barnabé « l’homme du réconfort ». Il était lévite originaire de Chypre, il avait vendu sa terre pour en apporter le prix aux pieds des apôtres. Alors que Paul est sujet  à la suspicion des disciples qui ne croient pas en sa conversion, Barnabé  se charge de témoigner en sa faveur auprès des apôtres. Cette recommandation de Barnabé permet à Paul d’utiliser toute sa fougue de nouveau converti et son charisme pour prêcher avec assurance. Pour élargir son auditoire, il se sert de  sa parfaite connaissance  de la langue grecque. Et ce sont  les membres de  la jeune communauté de Jérusalem, ceux qui se méfiaient de Paul  mais devenus des frères, qui veillent à sa protection lorsque sa vie est menacée par des juifs de langue grecque. Ils le décident à quitter Jérusalem et l’accompagnent même  jusqu’au port de Césarée Maritime pour  l’embarquer en direction de  sa ville natale de Tarse où il sera protégé.  Les fruits  de l’action de Barnabé, de Paul, des apôtres  sont résumés dans la dernière phrase de notre texte : l’ Eglise était en paix, elle se construisait et elle avançait ; elle se multipliait avec l’assistance de l’Esprit Saint.

 

Nous sommes les héritiers de cette Eglise apostolique, toujours en croissance,  accompagnée par l’Esprit Saint. Le signe visible de notre  lien au corps du Christ est bien cette espérance, cette force qui nous habite. Notre rassemblement dominical n’a pas d’autre but que de nous conforter les uns les autres dans notre appartenance à la vraie vigne, nous nourrir de la Parole, du pain devenu chair et du vin devenu sang pour la vie éternelle.

 

Pierre Laurent, diacre

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