ILS SONT HEUREUX... D'ETRE HEUREUX COMME LE CHRIST

  • PAROISSE DE MARTIGUES
Homélie pour le 4ème dimanche du Temps Ordinaire.

Homélie pour le 4ème dimanche du Temps Ordinaire.

Tout homme, toute femme veut le bonheur qu’ils appellent : vie, paix, joie, repos, bénédiction, salut. Que sais-je encore. Tous ces biens sont diversement inclus dans la formule par laquelle on déclare quelqu’un heureux ou malheureux. Quand le Christ proclame : Heureux les pauvres ! Malheureux les riches ! Il ne veut pas prononcer ni une bénédiction qui donne le bonheur, ni une malédiction qui produise le malheur, mais encourager, au nom de sa propre vie à suivre les voies qui conduisent au bonheur.

 

Car Jésus n’est pas seulement un SAGE de grande expérience. Il est celui qui vit pleinement la Béatitude qu’il propose.

 

En effet, à ce sujet, il est question du futur : « Vous serez…Vous obtiendrez…Vous verrez… » En effet, c’est avec des futurs de ce genre que les malheureux ont été bernés. Il n’est pas difficile de trouver là-dessus des textes délirants comme celui de Napoléon ! Quand un homme meurt de faim à côté d’un autre qui regorge, il lui est impossible d’accéder à cette différence s’il n’y a pas une autorité qui lui dise : Dieu le veut ainsi, il faut qu’il y ait des pauvres et des riches dans ce monde, mais ensuite et pendant l’éternité le partage se fera autrement.

 

Les Béatitudes, c’est bien ça : du bonheur au futur et des renversements spectaculaires, des premiers qui seront qui seront les derniers. Mais pas, comme le pensait Napoléon, au sens d’une simple redistribution et seulement future. Le Bonheur est offert dès maintenant à toutes et à tous, sous la double forme d’une marche vers la joie parfaite, et d’une marche déjà heureuse.

 

Si les chrétiennes et les chrétiens que nous sommes prouvaient tout cela par leurs vies, animées d’Espérance !

 

Jésus dénonce l’ambiguïté d’une représentation terrestre de la Béatitude : elle est de l’ordre du spirituel.

 

Il est le modèle : ce pauvre si doux, ce pacifique, ce pur et ce persécuté. Quand il dit Heureux, il sait de quoi il parle, du mélange de présent et de futur qui doit nous rendre heureux, comme il l’a été. Jésus heureux d’être un homme, c’est curieux qu’on en parle si peu.

 

Nous pouvons tout de suite être un Bienheureux en nous installant, si l’on peut dire dans l’Espérance. Cette Espérance très particulière qui a Dieu pour objet dans la Foi, l’Espérance et la Charité.

 

Les Béatitudes nous affirment avant tout que Dieu est avec nous.

 

Elles nous apprennent aussi ses goûts et là s’insinue une gêne : Dieu a-t-il du goût pour le malheur ? Pourquoi préfère-t-il les pauvres, les humiliés, les persécutés ?

 

Sans aucun doute la réponse est du côté des qualités de cœur de ces pauvres. Dieu cherche des fils et il les trouve surtout dans ces situations difficiles.

 

C’est n’est pas une théorie, c’est un fait.

 

En répétant neuf fois Heureux, Jésus décrit sa propre expérience. Il a expérimenté qu’un homme ne devenait vraiment le fils de Dieu que dans une certaine pauvreté, dans la douceur, la loyauté, la faim de sainteté et le courage.

 

Saint Paul s’adressant aux Chrétiens de Corinthe leur écrivait :

Le Seigneur m’a déclaré : « Ma grâce te suffit. Car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. » C’est donc volontiers que je mettrai ma fierté dans mes faiblesse, afin que la puissance du Christ fasse en moi sa demeure. C’est pourquoi j’accepte de grand cœur pour le Christ les faiblesses, les insultes, les contraintes, les persécutions et les situations angoissantes. Car, lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort ‘ 2 CORINTHIENS 12, 9 - 10

 

C’est donc très volontiers à nous Frères et Sœurs de tenter l’expérience des Béatitudes. Elles ne font rire ou grincer des dents que vues de loin, mais ceux qui les essaient le constatent et le disent :

 

Ils sont heureux…d’être heureux comme le Christ.

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