L'UN DES DERNIERS MESSAGES DU CARDINAL

  • PAROISSE DE MARTIGUES
L'UN DES DERNIERS MESSAGES DU CARDINAL

La charge du cardinal Vingt-Trois contre la « société de fric ».

 

Après plusieurs mois d’absence en raison d’une maladie grave, le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, a accordé mercredi 12 juillet un entretien à l’AFP sur divers sujets d’actualité. Sans doute l’une de ses dernières paroles médiatiques en tant qu’archevêque de Paris, puisqu’il atteindra en novembre l’âge limite de 75 ans. En effet, il atteindra le 7 novembre l’âge limite de 75 ans, et remettra alors sa démission au pape.

 

Atteint ces derniers mois d’un syndrome de Guillain-Barré, une maladie neurologique qui a nécessité une longue hospitalisation, il revient d’une longue absence de la scène publique. Soigné depuis la fin février, il était notamment absent pour les célébrations de Pâques, l’Assemblée plénière de printemps de la Conférence des évêques de France, ainsi que lors des débats sur les élections présidentielles et législatives.

 

Dans cet entretien à l’AFP, le cardinal parle de sa maladie comme une « leçon de vie », durant laquelle il a « partagé modestement la condition des malades » et « expérimenté la dépendance ». « J’ai vérifié que mon identité ne se réduisait pas aux activités que je pouvais mener », déclare-t-il encore. Des propos qui rappellent ceux qu’il avait tenus dans un message adressé aux catholiques à l’occasion de la Semaine sainte.

 

Le fonctionnement médiatique « n’est pas sain pour la démocratie ».

 

Sur les élections, le cardinal Vingt-Trois prend la défense de la Conférence des évêques de France, qui a fait, entre les deux tours de la présidentielle, l’objet de vives critiques pour avoir refusé de se positionner contre Marine Le Pen.

 

Pour le cardinal, le fait que le « temps médiatique » soit trop focalisé sur les personnes, et pas assez sur le fond « n’est pas sain pour la démocratie ». « Je ne me souviens pas d’un débat électoral où l’Église a dit “il faut voter pour untel” », poursuit-il. Avant d’accuser « certains » de vouloir « une parole utilisable pour servir de combustible à la polémique ».

 

PMA et GPA portent atteinte au « corpus commun » de la société.

 

Interrogé sur les sujets sociétaux, en particulier la procréation médicalement assistée et les mères porteuses, le cardinal met en garde contre les décisions qui « effritent » le « corpus commun » autour duquel la société est organisée. « Donner l’impression qu’on peut fabriquer des enfants au gré de ses désirs et les regarder pousser de loin, ce n’est quand même pas donner une image très forte de la transmission intergénérationnelle », ironise-t-il.

 

Il balaye par ailleurs la critique selon laquelle l’Église serait active sur ces sujets sensibles, mais trop discrète sur la question de l’accueil des migrants. Il rappelle l’action des paroisses et associations, estimant que leur engagement auprès des migrants n’est « pas forcément spectaculaire » mais plus important que « de tenir des discours enflammés ». Il regrette par ailleurs que la réponse à la question « veut-on ou non accueillir ces malheureux ? » ne soit pas évidente dans la société.

 

« Le défi des chrétiens est de savoir s’ils vont être capables de transmettre leurs convictions ».

 

Enfin, interrogé sur la situation du diocèse de Paris qu’il s’apprête à quitter après douze années à sa tête, il estime que l’Église, dans son ensemble, « est dans une période de cassure entre l’héritage d’une société post-chrétienne et l’avènement d’une société des idoles – une société de fric ».

 

Selon le cardinal Vingt-Trois, « le défi des chrétiens est de savoir s’ils vont être capables de transmettre à la génération qui vient leurs convictions sur l’importance de l’existence, la relativité de l’économique par rapport au spirituel ou au culturel, la valeur de l’engagement, de la solidarité. »

 

Gauthier Vaillant

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