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PÈRE PHILIPPE, ÉDUCATEUR À ISTRES

  • PAROISSES DE MARTIGUES ET PORT DE BOUC
PÈRE PHILIPPE, ÉDUCATEUR À ISTRES

"Il y a en tout homme un soleil, une possibilité de devenir meilleur."

 

Il est prêtre et éducateur à Istres, dans les Bouches-du-Rhône. Le père Philippe raconte sa rencontre avec les jeunes des quartiers qu'il accompagne et son combat pour eux.

 

Père Philippe n’était pas du tout familier de l’univers des cités et n’aurait jamais imaginé, quelques années plus tôt, travailler avec des jeunes de quartier. Mais aujourd’hui il ne compte pas échanger sa place. Dans son livre Cités du cœur, avec les jeunes de la rue publié aux éditions Salvator, père Philippe raconte son combat pour ces jeunes et la relation qu’il a tissé avec eux.

 

C’est un monde qu’il a découvert au séminaire, lorsqu’il accompagnait des enfants de cœur, en paroisse le week-end. "Pendant que je faisais un enseignement, une quinzaine de jeunes de quartier entrent dans l’Eglise pour rigoler". Ne sachant pas quoi faire d’abord, il les a finalement invités à rester. "Ils se sont assis, j’ai commencé à leur parler et j’ai vu leur visage changer. Puis ils m'ont remercié", raconte père Philippe qui les a ensuite retrouvés pour une longue discussion sur ses choix de vie en tant que prêtre. Les jeunes revenaient ensuite les semaines suivantes pour le retrouver.

 

C’est comme cela qu’il est devenu éducateur avec son association "Jeunes et solidaires" à Istres dans les Bouches-du-Rhône. "J’ai pris du temps avec ces jeunes", raconte-t-il. "Ces jeunes-là n’ont rien de pire que d’autres mais ils n’ont pas eu la chance d'avoir les repères que certains de nous ont pu avoir : une famille présente". Le père Philippe a donc désormais deux rôles : celui de prêtre et celui d’éducateur.

 

LA QUESTION DE LA VIOLENCE

 

L’univers des quartiers n’est pas toujours facile, entre les questions de pauvreté, de délinquance et de violence. Mais Père Philippe a "pu découvrir qu’elle s’explique par l’absence de ceux qui auraient dû être les tuteurs. Cette violence est marquée en eux donc elle va s’exprimer sur le monde qui les entoure parce qu’ils n’ont pas le regard qui leur dit qu’un autre chemin est possible". Père Philippe en est persuadé : "quand ils saisissent cette chance ils révèlent leur humanité".

 

Toutefois, il ne veut pas déresponsabiliser les jeunes qui sont violents. Mais selon lui, "on découvre des êtres blessés qui vont se retrouver dans la délinquance". Et "lorsque la face cachée de cette jeunesse s’exprime, elle est touchante". Puis il conclut : "il y a en tout homme un soleil, une possibilité de devenir meilleur".

 

POUR RÉPONDRE À CETTE VIOLENCE, FAUT-IL UN SURSAUT SPIRITUEL ?

 

Selon le père Philippe, il est important de rappeler que l’homme a un corps et une âme. "C’est ça la spiritualité, pour y trouver peut-être un jour Dieu mais ça c’est un long chemin". Tous les jeunes qu’il accompagne ne sont pas croyants, d’autres sont musulmans par exemple. Mais c’est cette ouverture d’esprit qui est intéressante selon père Philippe.

 

Une ouverture d'esprit qui s’est concrétisée le jour des obsèques d’un jeune, qu’il raconte dans son livre. Près de 400 personnes se sont réunies, peu importe leurs religions. "L’enterrement de Mickaël est resté comme une étape dans mon ministère. Il faut que le départ d’un jeune soit une occasion de vie, sinon c’est perdu", assure le prêtre.

Cités du cœur, avec les jeunes de la rue.  Père Philippe  éd. Salvator (2020)

Cités du cœur, avec les jeunes de la rue. Père Philippe éd. Salvator (2020)

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