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"DIEU, TU NE PEUX M'ABANDONNER A LA MORT."

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retable issenheim resurrection

  Le retable d’Issenheim (Colmar) La Résurrection

 

La semaine passée, lors du pèlerinage de jeunes de la paroisse à Rome, je leur ai proposé de me poser toutes les questions qu’ils voulaient sur tous les sujets possibles et imaginables. Les questions ont été pour le moins variées… Il y a avait des questions profondes : est-ce que c’est un péché de ne pas croire ? Comment résister à la tentation ? C’est quoi la foi pour vous ? Il y avait des questions plus « légères » : Est-ce qu’un prêtre a le droit de manger de tout ? Est-ce que les prêtres entretiennent leur corps ? Et puis, pas mal de questions tournaient autour de la vie, de la mort, de la résurrection : Est-ce que la résurrection existe réellement ? Que devient notre corps ? Qu’est-ce qui se passe au moment de la mort ?

 

Ces questions-là ce sont des questions universelles. Lorsque l’on est confronté à la naissance, à la mort, à la maladie, on se demande d’où nous venons, où est-ce que nous allons, qu’est-ce que c’est que cette résurrection à laquelle le Christ nous appelle… Et croire à la résurrection, ce n’est évident pour personne, cela implique de faire tout un chemin de foi, de confiance en cette parole du Christ « Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ». Il nous faut du temps pour accepter cette promesse, et plus encore pour en vivre !

 

Et nous aurions bien tort de jeter la première pierre aux disciples d’Emmaüs, qui sont incapables de reconnaître Jésus ressuscité, de reconnaître Jésus qui est la résurrection, alors qu’il est là en train de marcher et parler avec eux, alors qu’il leur a promis qu’il ressusciterait le troisième jour…  les disciples d’Emmaüs ont mis du temps à avoir le cœur brûlant de cette présence du Christ ressuscité, comme nous mêmes nous prenons du temps, comme nous mêmes nous n’avons pas toujours le cœur brûlant.

 

Pierre, nous l’avons entendu dans les Actes des apôtres, fait un discours, qui est un résumé de la Passion et de la résurrection du Christ, c’est-à-dire de toute la foi chrétienne. « Dieu l'a ressuscité en mettant fin aux douleurs de la mort, car il n'était pas possible qu'elle le retienne en son pouvoir. » Et Pierre place les psaumes dans la bouche de Jésus qui s’écrie : « Oui, mon cœur est dans l'allégresse, ma langue chante de joie ; ma chair elle-même reposera dans l'espérance. [Dieu], tu ne peux m'abandonner à la mort ».

 

La semaine passée, sur la place Saint Pierre, le Pape faisait répéter une phrase biblique, et humblement j’aimerais faire de même avec vous aujourd’hui : « Dieu, tu ne peux m'abandonner à la mort ».

 

Il est bon pour nous de nous redire encore et toujours cette phrase, car elle est comme notre bâton sur la route, lorsque nous n’avons plus la force, ou plus l’envie d’avancer. Dieu ne peut nous abandonner à la mort.

 

Comme les disciples d’Emmaüs : « ils s'efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous : le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux. » « Reste avec nous Seigneur » et nous pouvons le répéter. Nous avons besoin du Christ quand le jour baisse, nous avons besoin de Dieu lorsque nous cherchons un sens à la vie, un sens à notre vie, à la vie de ceux et celles qui nous sont chers. Nous avons besoin que Dieu se tienne auprès de nous, qu’il soit notre lumière dans la nuit, le phare pour nous guider, le feu brûlant pour nous réchauffer, la lumière intense pour nous illuminer de sa vie éternelle.

 

Oui, la résurrection existe réellement, nous en sommes témoins comme dit Pierre. Nous en sommes témoins car nous avons reçu cette Bonne Nouvelle des générations précédentes, qui l’avaient elles-mêmes reçue de leurs aïeux et ainsi de suite… une longue chaine humaine, interrompue, qui transmet la lumière du Christ depuis la nuit de Pâques jusqu’à toutes nos nuits, jusqu’à la nuit de notre mort.

 

Oui, la résurrection existe réellement, j’y crois, parce qu’on me l’a dit et parce que j’ai fait l’expérience, dans ma vie, de rencontrer le Christ ressuscité. Je ne savais pas que c’était lui, puis mes yeux s’ouvrirent, et je crus. J’ai vécu les 20 premières années de ma vie à le chercher, à chercher la Vie, et je l’ai trouvé, je l’ai laissé me trouver. Et pour vous c’est pareil… bien sûr, l’histoire de votre vie et de votre foi diffèrent de la mienne, bien sûr nous connaissons tous des hauts et des bas dans notre quête d’un sens, mais tous nous sommes invités à ouvrir les yeux à la présence du Christ ressuscité parmi nous. La résurrection du Christ est un événement unique, mais c’est comme une lumière qui se difracte dans chacune de nos vies, une lumière, une présence qui nous rejoint là où nous en sommes, là où sont nos nuits, là où la nuit semble avoir le dernier mot.

 

Non seulement nous pouvons dire au Christ « reste avec nous », mais nous pouvons entendre sa réponse, et vivre de sa présence. Dieu répond à nos prières, Dieu répond à nos prières, Dieu répond à nos prières… Pas à la manière dont nous nous y attendions, pas lorsque nous l’aurions désiré tout d’abord, mais il répond. Il répond car en fait, il a déjà répondu à toutes nos prières, sur la Croix. En nous rejoignant dans notre détresse ultime, le Christ apporte la réponse complète et définitive à toutes nos angoisses, à toutes nos frayeurs. Depuis qu’il a vécu sa Pâque, le Christ me dit : « Dieu ne t’abandonne pas ». « Même si les montagnes s’écartaient, si les collines s’ébranlaient, [son] amour ne s’écarterait pas de toi ».

 

La réponse d’amour de Dieu elle est là, dans la Croix, dans le sacrifice, dans ce cri d’un Dieu qui a tellement aimé les hommes qu’il a donné sa vie pour qu’ils aient la vie éternelle. Et nous sommes ici, réunis dans cette église, pour la messe, pour l’eucharistie, c’est-à-dire pour ce moment d’action de grâce, de remerciement pour ce geste d’amour fou de Dieu pour nous. Nous sommes là pour dire à Dieu qui nous croyons en Lui, ou que nous essayons de croire, nous sommes là pour lui dire notre envie qu’il reste avec nous, nous sommes là pour écouter ce qu’il veut nous dire, nous sommes là pour le recevoir dans son Corps.

 

« Reste avec nous » : et la réponse de Dieu à notre cri elle va être là, dans son Corps. Il va nous dire qu’il veut rester avec nous, il va se faire présent, réellement présent, parce que nous avons besoin de ce Dieu qui se donne à nous, nous avons besoin de cette nourriture pour soutenir notre foi.

 

Ouvrons nos vies à la présence du Christ ressuscité, laissons-nous brûler par son amour, allons et témoignons : « Christ est ressuscité, j’en suis témoin ; il m’aime, il me sauve, il me fait vivre ! »

 

Thomas Poussier

Le retable d’Issenheim comporte des scènes d’une intensité dramatique peu commune, et tout à fait exceptionnelle pour son époque. Le fantastique n’en est pas exclu — ce qui rapprocherait Grünewald de Jérôme Bosch[2] — ni un maniérisme qui font de cet artiste un génie isolé et presque inclassable.

L'étonnante modernité de l'œuvre a fasciné de nombreux artistes français et étrangers, parmi lesquels le peintre japonais Itsuki Yanai, qui a passé plus de vingt ans à copier le tableau original

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