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EPIPHANIE : HOMELIE MYSTAGOGIQUE

  • PAROISSE DE MARTIGUES

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Nous avons porté les rois au début de cette célébration à la crèche. Ils sont venus adorer un enfant, et ce geste est universel. Ils n’ont pas lu les Ecritures, ils se sont simplement renseignés auprès de ceux qui les ont lues. Ils n’ont pas suivi de liturgie, ni pratiqué des actes religieux ; ils ont pratiqué un acte : adorer cet enfant qui nous est donné : « un enfant nous est né, un fils nous est donné, éternelle est sa puissance », chantions-nous à Noël. Cela est universel, et je pense à un film que je n’ai pas vu, qui montrait cinq naissances, chacune dans un continent et des circonstances différentes. Universalité de cette manifestation de Dieu, rejointe par toute langue, culture, race… Voilà pourquoi les crèches existent à travers le monde avec les personnages des pays respectifs : noirs, jaunes, blancs,  aux cheveux blonds, bruns, noirs, aux yeux de toutes les couleurs…

 

Les mages ont vu une étoile se lever, un signe dans le ciel au cœur de la nuit. Le ciel ne parle plus seulement à un peuple particulier avec le langage des prophètes, ni aux bergers par l’entremise des anges, mais à toutes les nations par une étoile. Signe visible et universel, en lien avec ce signe visible et universel qu’est l’enfant emmailloté dans la mangeoire avec Marie sa mère.

 

Voilà une sagesse, une religion universelle dans sa manifestation même, qui rejoint la manifestation de Dieu dans sa création. La création aussi est une parole, un signe universel qui peut être lue par tous. Je pense à Sainte Bakhita, cette première sainte africaine, dont la première expérience de Dieu fut par l’entremise de la création. Puis elle rencontra le Christ Jésus dans la foi d’une famille italienne, ce qui l’amena à demander le baptême, puis à se consacrer à Dieu dans la vie religieuse. La nativité, comme la création, est universelle. Et voilà les mages qui viennent adorer l’enfant en offrant leurs présents : de l’or pour le Roi, de l’encens pour le Dieu, et de la myrrhe pour l’homme qui va mourir. Là aussi, la prosternation et l’offrande sont deux langages universels sans paroles. Ils font partie de la vie : s’incliner devant quelqu’un et manifester la gratitude par le présent.

 

Si ce langage concret est aussi universel, il doit le rester. Ces gestes simples, nous les posons dans la liturgie. Nous nous sommes déplacés, nous avons écouté la Parole de Dieu, qui nous dit que Jésus est né dans un peuple particulier, qu’il est issu d’une histoire, et cette parole nous montre l’endroit où est Jésus : au cœur de l’Eglise, dans l’Eucharistie.

 

Puis nous avons apporté nos présents : non plus l’or, l’encens et la myrrhe, mais le pain et le vin, fruit de la terre, de la vigne et de notre travail. Et nous avons adoré Jésus donné, présent dans le sacrement de l’Eucharistie, présence universelle, au-delà de la parole, accessible à tous. Et si la liturgie se déploie de manière différente selon les cultures, elle nous révèle le même Jésus-Christ donné part le Père et présent aujourd’hui dans nos églises.

 

La relation à Dieu nous vient donc par le corps, non seulement par la présence corporelle du Christ dans l’Eucharistie et les frères rassemblés, mais aussi par les actes que nous posons dans la liturgie. L’acte d’adoration et d’offrande que nous avons posé dans la liturgie envers le Christ Jésus se continue dans la vie quotidienne. S’incliner devant la grandeur de chacun et lui manifester la gratitude. Chacun y participe quelque soit son âge, et même les petits enfants ont offert quelque chose à leurs parents à Noël.

 

Benoît Delabre

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