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JURY OECUMENIQUE DU FESTIVAL DE CANNES : 40EME ANNIVERSAIRE

  • PAROISSE DE MARTIGUES

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1974 - 2014 : 40 ANS DE PRESENCE CHRETIENNE AU FESTIVAL DE CANNES

 

Composition du jury œcuménique au prochain Festival de Cannes (14 au 24 mai 2014) :

  • Monsieur Guido CONVENTS (Belgique), président du jury œcuménique
  • Monsieur Jacques CHAMPEAUX (France)
  • Mgr Hervé GIRAUD (France)
  • Madame Kristine GREENAWAY (Canada)
  • Pasteur Julia HELMKE (Allemagne)
  • Madame María José Martínez Ordóñez (Equateur)

 

Dans plusieurs festivals internationaux (Berlin, Locarno…), et à Cannes déjà depuis 1974, deux associations internationales de cinéma, SIGNIS pour les catholiques et INTERFILM pour les protestants, se concertent pour nommer les jurés.

 

Ce sont des professionnels du cinéma et des chrétiens engagés, qui vont voir tous les films de la Compétition Officielle, pour décerner leur prix en fin de Festival.

 

Le film primé est choisi pour ses qualités artistiques, et pour les valeurs humaines et spirituelles qu’il souligne, valeurs qui sont aussi celles de l’Evangile. Le Jury œcuménique a démontré par ses choix, une grande ouverture aux diversités culturelles, sociales ou religieuses.

 


Un évêque dans le jury oecuménique 
 
Du 14 au 25 mai 2014, Mgr Hervé Giraud, évêque de Soissons, Laon et Saint-Quentin et Président du Conseil pour la Communication de la Conférence des évêques de France, sera l'un des six membres du Jury œcuménique du prestigieux Festival de Cannes. Il entend y vivre une expérience culturelle et pastorale.

 

En 2012, pour votre première participation à Cannes, vous déclariez que votre lien avec le 7ème art était « très faible ». Qu'en est-il aujourd'hui ?

04 novembre 2010 : Mgr Hervé GIRAUD, Evêque de Soissons, Laon et Saint-Quentin. Lourdes 65, France

Jeune, je suis beaucoup allé au cinéma. Aujourd'hui, je ne peux pas me prétendre cinéphile, encore moins "cinéphage" : je n'en ai pas le temps. Par contre, je me suis mis dans l'ambiance en visionnant en VOD un certain nombre des films primés au Festival ces dernières années. Je n'ai pas pu revoir tous les films, loin de là, mais j'ai quand même visionné "Babel" de Alejandro González, prix de la mise en scène 2006, "Sous le soleil de Satan" de Maurice Pialat, palme d'or 1987 ou encore "La leçon de piano", Palme d'or 1993, de Jane Campion, la réalisatrice étant la présidente du Jury de cette 67ème édition.

Est-ce cette fraîcheur de regard que vous apporterez en tant que juré ?

En effet, de la même manière qu'existe au Festival une compétition appelée "Un Certain Regard", on pourrait dire que je voudrais apporter "un autre regard". C'est une caractéristique et peut-être une grâce que d'avoir ce regard neuf, sans trop de références ou d'a priori. Je ne vais pas analyser, par exemple, un film par rapport aux œuvres précédentes de son réalisateur ou à ses clins d'œil à d'autres réalisateurs mais pour lui-même, pour sa dimension humaine et spirituelle.
 
Je viens également à Cannes avec mon expérience d'évêque qui m'ouvre à des réalités à 360 degrés à travers mes rencontres. Des syndicalistes aux entrepreneurs, des élus aux sans-papiers, des athées aux catéchistes, il y a toute la palette de la vie ordinaire.

Vous serez forcément perçu comme porte-parole officiel de l'Église catholique. Vous sentirez-vous libre de vos choix ?

Oui vraiment, par tempérament et par sens de l'Église. Certes, tout évêque est porteur d'une forte valeur symbolique. L'an dernier, j'ai senti que j'étais attendu à Cannes en tant que Président du Conseil pour la Communication. Mais délaissant le côté people, j'ai vécu cet événement comme une expérience de Pâques, au sens d'une épreuve à traverser. Car si les jeunes qui réceptionnaient les badges, les techniciens, toutes les "petites mains" du cinéma, manifestaient leur surprise et leur respect, j'ai pu apparaître pour certains comme un « démon », pour reprendre une expression qui m'a été adressée au détour de la Croisette. N'étais-je pas en effet un "démon" pour ceux qui ne veulent appartenir qu'à la mondanité ?
 
Ainsi, pour cette année, je sais qu'il peut s'agir d'une épreuve physique que d'assurer à la fois une participation complète au Jury œcuménique et la marche de mon diocèse. Ce peut être également une épreuve spirituelle car il va falloir que je m'immerge, que je m'inculture. Je serai un simple membre au sein du Jury. J'y viens avec sérieux, sans stratégie, en comptant beaucoup sur les autres membres, sur nos discussions pour acquérir une conscience commune. Je compte sur cet esprit d'équipe. Il pourra y avoir des divergences ou au moins une diversité qui ne doit cependant pas être redoutée. Notre effort de fraternité œcuménique la dépassera et révélera tout l'intérêt de cette démarche.

Les communautés chrétiennes s'intéressent-elles assez à cet art, « lieu où convergent les périphéries de l'Église et du monde », ainsi que vous le déclariez l'an dernier dans votre homélie lors de la célébration œcuménique ?

Hormis des organismes comme SIGNIS (Association catholique mondiale pour la communication) ou des groupes de cinéphiles, l'Église catholique a peut-être abandonné ce monde et délaissé, par certains côtés, ses professionnels.
 
Or, le cinéma peut servir de médiateur entre la société et le spirituel. On l'a vu avec la palme d'or 2012 décernée à "Amour", de Michael Haneke. On s'est focalisé sur l'euthanasie alors que la question soulevée est plutôt comment vieillir plus longtemps en couple, ensemble. À la manière du chant du coq qui anticipe le lever du soleil, le cinéma exprime, approfondit et surtout capte les sentiments, les questions métaphysiques, les désirs qui habitent ou ré-habitent le monde. L'Église a tout intérêt à en être proche. Et c'est sans doute réciproque ! Ainsi, pour ma part, je ne serai pas présent à Cannes d'une manière différente que s'il s'agissait d'une visite pastorale.
(source : Conférence des Evêques de France) 
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