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LE FILM DU MOIS : 'AU DELA DES COLLINES'

  • PAROISSE DE MARTIGUES

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Cristian Mungiu, jeune cinéaste roumain, avait déjà obtenu la Palme d’Or à Cannes en 2007 pour son film « 4 mois, 3 semaines et 2 jours ».

 

Son nouveau film,   "Au-delà des collines", a cette année été doublement récompensé : Prix du scénario et Prix d’interprétation féminine pour ses deux actrices principales.

 

Ce film, sorti sur les écrans le 21 novembre, retient l’attention : d’abord pour ses qualités artistiques « ses cadres, ses lumières, l’incroyable force de ses longs plans-séquences qui, à deux ou trois reprises laissent le spectateur pantelant » (Arnaud Schwartz, La Croix), mais aussi pour son sujet, inspiré d’une histoire vraie survenue en 2005 : il fait regarder la société roumaine d’aujourd’hui et sa difficile évolution, mais surtout il invite à « cerner cet indicible autour duquel s’articulent le bien et le mal ».

 

C’est pourquoi Chrétiens Cinéma l’a retenu pour sa prochaine soirée-débat, qui aura lieu :

 

 

 

Jeudi 6 décembre 2012, à 20h 30

 

Salle Chêne de Mambré, 7 cours de la Trinité

 

AIX EN PROVENCE

 

 

 

Ce mois de novembre a été riche pour les amateurs de bons films : « Après Mai », le dernier film d’Olivier Assayas, « Le Capital » où Costa-Gavras continue à jeter son regard critique sur nos sociétés modernes, « Thérèse Desqueyroux », dernier film de Claude Miller, décédé en avril, qui s’inspire du roman de François Mauriac, dans les splendides lumières du Sud-Ouest, et magnifiquement interprété par Audrey Tautou et Gilles Lellouche.  Tous ces films sont de qualité et on pourrait encore y ajouter « Argo » de Ben Affleck, et « Rengaine », d’un jeune réalisateur déjà remarqué à Cannes.

 

 

En 2005, dans le monastère de Tanacu, en plein coeur de la Moldavie roumaine, une femme a trouvé la mort à la suite d'un exorcisme, pratiqué dans des conditions confuses. Le pays tout entier s'est alors ému de ce fait divers épouvantable qui devait insensiblement devenir fait de société.

     

Arrêté avec les religieuses complices du rituel meurtrier, le prêtre avait été traduit devant la justice pour finalement être relâché en 2011, en raison d'un vice de forme.

 

 


   
 
Cinéma Mazarin Aix-en-Provence : 13h40 et 18h35
Cinéma Jean Renoir Martigues : à partir du 12 décembre ! 

Cerner l'indiscible 

 

En 2005, la presse roumaine fit ses gros titres d’un fait divers rapidement surnommé l’affaire de Tanacu. Telle que présentée à l’époque, cette affaire, qui s’était déroulée dans un petit monastère orthodoxe de l’est du pays, s’était achevée par le décès d’une religieuse au terme d’un « exorcisme » mené par un prêtre. Tentant de dénouer les faits sans céder au sensationnalisme, Tatiana Niculescu Bran avait tiré de ce fait divers deux ouvrages, dont s’est nourri Cristian Mungiu. L’auteur de 4 mois, 3 semaines et 2 jours , Palme d’or à Cannes en 2007, franchit, lui, le pas de la fiction tout en respectant la complexité de l’histoire.

 

Les premières images d’ Au-delà des collines mettent en scène, dans une gare bondée, une jeune religieuse tout de noir vêtue, venue chercher une autre jeune femme à la descente du train. Toutes deux ont été élevées dans le même orphelinat, et l’on comprendra, par quelques allusions pudiques, qu’elles y ont combattu dans une grande proximité leur condition d’enfants abandonnées. Voichita s’est orientée vers la vie religieuse et dit avoir trouvé Dieu. Alina, partie travailler en Allemagne, est revenue la chercher, mais se heurte à son refus de la suivre. Résidant au monastère, de plus en plus agitée et révoltée, Alina est hospitalisée quelques jours, puis renvoyée au monastère où un enchaînement d’événements conduira au tragique.

 

Partant de cette trame, Cristian Mungiu signe un film époustouflant, triplement récompensé à Cannes au mois de mai dernier par un double prix d’interprétation féminine à ses actrices principales et le prix du scénario. Cette œuvre austère aux images très belles aurait aussi pu être distinguée pour ses indéniables qualités formelles : ses cadres, ses lumières et l’incroyable force de ses longs plansséquences qui, à deux ou trois reprises, laissent le spectateur pantelant.

 

Cristian Mungiu l’a beaucoup répété : son film ne vise pas à juger, il interroge la société roumaine. Il ne cherche pas à mettre en cause, mais tente de comprendre, derrière ce qu’il appelle « le péché d’indifférence », sur quels fondements repose encore, ou ne repose plus, une communauté humaine. C’est par la somme de ses détails accumulés que ce long métrage révèle son vrai projet : cerner cet indicible autour duquel s’articulent le bien et le mal. 

 

 

La Croix

  

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