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NOEL APPROCHE, NOEL SE PREPARE : MEDITATION

  • PAROISSE DE MARTIGUES
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Il y a 15 jours, nous organisions sur la paroisse, autour de la messe du dimanche, une rencontre des couples s’étant marié au printemps, à l’été, à l’automne de cette année. Nous leur demandions à chacun comment s’était passé le jour J, et beaucoup disaient qu’ils n’avaient pas vu passer la journée de leur mariage, que tout était allé bien vite, trop vite même, au regard des mois de préparation qui avaient précédé.

 

À bien des égards, la fête de Noël, tel qu’elle est vécue dans notre société actuellement, peut ressembler à cela. On passe des heures dans des magasins qui nous assurent qu’ils ont tout ce qu’il faut pour que nous passions un bon Noël, c’est-à-dire avoir les poches vides et un sapin garni. Et puis le jour de Noël arrive, il faut préparer la dinde aux marrons, mettre le vin au frais, courir en catastrophe pour chercher le petit dernier à la gare TGV, emmener tant bien que mal tout ce petit monde à la messe, mettre notre estomac à vive l’épreuve durant plusieurs heures, échanger cadeaux, baisers et paroles joyeuses, pour se réveiller le 25 au matin, avec certes la joie d’avoir célébré Noël, mais en même temps un petit regret que tout se soit passé si vite. Tout cela n’est pas mal en soi, mais tout cela ne nous amène pas bien loin.

 

Au milieu de ce tumulte, dans lequel nous sommes pris que nous le voulions ou non, nous avons heureusement une heure par semaine le dimanche, pour nous poser et attendre ce Seigneur qui est, qui était et qui vient.

 

Cette venue du Seigneur parmi nous, elle est difficile à appréhender. D’un côté nous devons durant ce temps de l’Avent nous préparer à la venue du Seigneur dans la gloire à la fin des temps, ce qui peut nous sembler très abstrait ; d’un autre côté, le temps de l’Avent nous prépare directement à la fête de Noël,  où Dieu se fait homme… ce qui certes la spécificité chrétienne par rapport aux autres religions, mais qui est tellement inouï  que nous avons, là encore, du mal à imaginer.

 

Le mystère de Noël, comme le mystère de la venue du Christ à la fin des temps, est un mystère de la présence de Dieu, et cela rejoint une question fondamentale que tous les hommes se posent un jour ou l’autre : « oui ou non Dieu existe-t-il ? Oui ou non Dieu est-il présent dans ce monde ? »… un peu comme nous pourrions nous le dire après la lecture de l’Evangile, qui est bien l’Evangile de Jésus Christ, mais où il n’est même pas cité, où il n’est question que de Jean-Baptiste : où est Jésus dans ce passage d’Evangile ?

 

Dans la liturgie de ce dimanche, il y a deux appuis pour nous aider à vivre le temps de l’Avent, et accueillir ce mystère de la présence de Dieu. Tout d’abord la prière après la communion que nous entendrons tout à l’heure. Elle nous donne une clé pour tenir les joies de ce monde et l’attente du Seigneur : apprends-nous Seigneur, dans la communion aux mystères de l’eucharistie, le vrai sens des choses de ce monde et l’amour des biens éternels.  Le mystère de l’eucharistie permet donc d’unifier les choses de ce monde et l’amour des biens éternels. Et c’est bien dans l’eucharistie que Dieu se rend présent, réellement présent, intensément présent, mais sous l’apparence du pain et du vin, afin que le signe soit à la fois accessible à nos sens et ne dise pas tout le mystère d’un coup. Le mystère de l’eucharistie, c’est ce mystère où Dieu s’offre à nous pour sceller l’alliance nouvelle et éternelle entre Lui et nous. L’eucharistie est le festin des noces de l’agneau, ces noces de l’agneau que nous célébrerons dans l’éternité avec notre Dieu, avec tous les saints, avec tous ceux que nous avons connu et aimé, festin auquel nous participons ici par anticipation.

 

Le second point d’appui pour accueillir la présence de Dieu dans notre monde, c’est cette lecture du livre de Baruc : « Jérusalem, quitte ta robe de tristesse et de misère, et revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours, enveloppe-toi dans le manteau de la justice de Dieu, mets sur ta tête le diadème de la gloire de l'Éternel. » Revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours, enveloppe-toi dans le manteau de la justice de Dieu, mets sur ta tête le diadème de la gloire de l'Éternel… au fond, préparer Noël, ce n’est pas tant se préparer à une naissance qu’à des noces, des épousailles ! Le Christ vient dans notre humanité pour mieux l’épouser, pour mieux lui dire dans le blanc des yeux : tu as du prix à mes yeux, je t’aime, je veux me donner à toi et te recevoir jour après jour. Le mystère de l’Alliance entre Dieu et les hommes prend une nouvelle dimension : Dieu prend chair de notre chair, il prend sur Lui notre histoire, avec ses grandes époques et ses moments plus troublés ; il vient épouser toute notre humanité, excepté le péché, mais pour nous sauver de ce mal qui nous tire encore trop dans l’ombre, pour y mettre sa lumière, sa grâce, sa vie.

 

Pour se préparer à ce grand jour des épousailles, l’Evangile du jour nous pousse à la sobriété : « Préparez les chemins du Seigneur, aplanissez sa route » Préparer Noël, c’est se préparer à ouvrir les bras pour que le Seigneur vienne nous y rejoindre… Il existe de nombreux moyens pour ne pas être bloqués dans le prévoir, l’acquisition, pour ouvrir dans notre horizon un élément de partage… à la manière dont la tradition proposait par exemple d’avoir une place en plus à la table pour que le pauvre de passage trouve de quoi se nourrir le soir de Noël. Offrir un pèlerinage à Lourdes plutôt qu’un iPad, un parrainage d’un enfant du monde plutôt qu’une multitude de cadeaux sous le sapin… à nous de trouver de quelle manière mettre du sens dans notre marche vers Noël, que notre charité se fasse inventive !

 

Que cette Eucharistie nous aide à passer de la contemplation du Seigneur qui vient, à notre action envers nos prochains. Que le Seigneur nous comble de sa présence en cette messe, afin de nous préparer à revêtir un jour sa gloire pour toujours.

 

 

Père Thomas Poussier

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