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MEDITATION SUR LE CHRIST, ROI DE L'UNIVERS

  • PAROISSE DE MARTIGUES
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Christ Pentocrator du XVIII ème siècle. Eglise orthodoxe de Miskolc (Hongrie) 

 

Il y a quelques semaines, on pouvait voir dans les rues de Martigues et d’autres villes une publicité pour la prise en charge des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. C’était un photo d’un couple âgé, avec cette phrase parlant de la maladie d’Alzheimer : « on peut l’avoir, et continuer à être ».

   

Alzheimer 

Il y a en tout homme, une dignité, dignité qui demeure, même si on est un homme ou une femme blessé, malade, boiteux, pécheurs, même si nous n’avons pas toutes nos facultés mentales ou physiques ; mêmes si nous ne faisons que quelques cellules dans le ventre de notre mère ou que nous sommes sur le point de rendre notre dernier souffle, nous avons notre dignité d’homme. Nous existons.

 

En regardant cette publicité et en lisant cette phrase « continuer à être », je trouvais que cela manifestait bien toute la lumière d’une vie, et en même temps, lorsque j’ai commencé à préparer cette homélie, cette photo et cette phrase me revenaient tout le temps en tête, car, en lisant les textes de ce dimanche, je me disais que cette fête du Christ Roi nous dit aussi quelque chose de profondément vrai sur notre humanité : être est plus important que tous les avoirs du monde.

 

Lorsque nous célébrons une fête du Christ, l’Annonciation, la fête du Corps et du Sang du Christ, le Sacré-Cœur de Jésus, en premier lieu nous contemplons Dieu pour ce qu’il est, un être qui nous étonne, qui ne cesse de se donner à nous, mais nous fêtons aussi, puisse que Dieu s’est fait homme en Jésus-Christ, nous fêtons l’œuvre de Dieu en l’homme.

 

Lorsque nous fêtons le Christ roi de l’univers, nous célébrons le Christ qui règne et domine sur toute la création parce que c’est la Parole de Dieu qui a créé le monde et cette parole de Dieu elle a un visage, celui du Christ… et nous fêtons également, la royauté de l’homme. Par le baptême, nous participons à la dignité du Christ, et donc à sa dignité de prêtre, prophète et roi. Ce n’est pas qu’une image ! Par le baptême, nous devenons une créature nouvelle, qui fait de nous une prêtre à la manière du Christ, c’est-à-dire capable de prier le Seigneur, un prophète à la manière du Christ, c’est-à-dire capable d’annoncer les merveilles de Dieu, un roi à la manière du Christ, c’est-à-dire capable de s’abaisser pour servir les hommes et le monde.

 

Cette dignité d’enfants de Dieu est une grâce du baptême. Le baptême réajuste ce qui a besoin d’être réajusté dans le cœur de l’homme et d’être comblé par la grâce de Dieu. La grâce du baptême, qui nous fait roi à la manière du Christ, est une grâce qui nous fait le lever les yeux vers le ciel, qui nous fait contempler l’univers, et ne nous laisse pas dans notre petit monde.

 

Le mariage que vous avez reçu il y a quelques semaines ou quelques mois (quelques années pour d’autres ici), c’est une manifestation particulière du service ; on se fait attentif à l’autre, on se donne à lui et on le reçoit, on lui rend service. « L’amour prend patience, l’amour rend service » dit saint Paul dans son Hymne à l’amour, et André nous rappelait il y a quelques semaines la place centrale du service dans la vie chrétienne.

 

Le Christ est roi de l’univers, il porte donc sur toute sa création, un regard bienveillant et il nous offre la possibilité d’œuvrer à sa création, avec lui. Tous, nous sommes les instruments de Dieu pour construire avec lui un royaume de paix, de justice de bonté dans l’Esprit Saint. Etre instrument de Dieu, ce n’est pas être rabaissé, mais c’est au contraire trouver notre juste place qui est celle d’être à genoux. Le Cardinal de Paris, André Vingt-Trois, disait qu’« être serviteur du Christ Roi, ce n’est pas partager une puissance, c’est partager un service, c’est entrer dans le service du pasteur attentif à la brebis égarée, c’est entrer dans le service de ce pasteur soucieux de rassembler tout le troupeau, [d’] accompagne[r] l’ensemble des brebis, celles qui le connaissent, comme celles qui ne le connaissent pas. » Le Christ serviteur, le Christ roi, s’est mis à genoux devant les hommes et il a dit à ses disciples, il nous le dit à nous aujourd’hui « vous devez faire comme moi je l’ai fait ».

 

La vie chrétienne, ce n’est pas comme les Jeux Olympiques : « plus vite, plus loin, plus haut ! ». La vie chrétienne, c’est « toujours plus bas » ! Non pas "bas" dans le sens d’humiliation d’être rapetissé, compté comme un moins que rien, mais plus bas pour rejoindre le faible, l’exclu, le malade, l’isolé. C’est lorsque nous abaissons pour servir à sa manière, que le Christ nous élève. Qui s’abaisse sera élevé. C’est parce que le Christ est descendu aux enfers, c’est-à-dire au plus bas de la détresse des hommes, c’est pour cela qu’il a été élevé au-dessus de tout nom.

La petite Thérèse de Lisieux, qui est aussi la plus grande sainte des temps modernes, le disait : « je ne peux craindre un Dieu, qui s’est fait pour moi si petit, car il n’est qu’amour et miséricorde ».

 

Fêter le Christ le roi, ce n’est pas que passer un bon moment à contempler notre Seigneur dans sa gloire, fêter le Christ roi, c’est aussi s’engager à sa suite pour œuvrer dans notre monde, pour mettre notre foi en pratique, pour agir. Dimanche dernier nous fêtions le Secours catholique, qui fait œuvre de charité dans le monde. La fête du Christ roi nous rappelle que, d’une certaine manière, tous les dimanches sont fêtes de la charité chrétiennes.

 

Que le Seigneur dans cette eucharistie nous donne son esprit de discernement et de force, afin de d’écouter les cris de détresse de notre monde, et de trouver les moyens d’y répondre, afin d’apporter au monde la paix et l’amour dont il a tant besoin, afin d’être des serviteurs de notre Christ Roi, car c’est à Lui qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, pour les siècles des siècles, amen.

 

Père Thomas Poussier

 

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