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MGR DUFOUR : SAINT JEAN XXIII ET SAINT JEAN PAUL II, DES TEMOINS EXCEPTIONNELS DE LA RESURRECTION

  • PAROISSE DE MARTIGUES

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Homélie de Mgr Ch. Dufour – Messe d’action de grâces à la cathédrale St-Sauveur en l’honneur des saints Jean XXIII et Jean Paul II – Dimanche 27 avril 2014 (dimanche de la Miséricorde)

 

Ce dimanche 27 avril 2014 est un grand jour. Dimanche de la miséricorde, nous le vivons dans une intense communion avec toute l’Eglise, autour de notre pape François et du pape émérite Benoît XVI. Nous le vivons dans l’action de grâces pour les papes Jean XXIII et Jean-Paul II dont le pape François a célébré la canonisation. Mais notre rassemblement n’a de sens que parce que le Christ est ressuscité. « Si le Christ n’est pas ressuscité, notre foi est vaine ». En cette octave de Pâques, nous sommes avant tout des témoins de la Résurrection.
 

Nous sommes témoins par la foi, et c’est la foi qui nous rassemble. Nous croyons que le Christ est ressuscité, nous avons confiance en la parole de ceux qui nous l’ont dit. « Est-ce qu’il est vraiment, vraiment ressuscité ? » me demandent parfois les enfants. Et je réponds : « Oui, il est vraiment ressuscité ». « Mais comment vous le savez ? » ajoutent-ils. Parce qu’on me l’a dit, et je fais confiance à ceux qui me l’ont dit, je fais confiance au témoignage des évangiles.
 

Nous sommes témoins par la foi, nous sommes aussi témoins par l’expérience que nous avons de la rencontre du Ressuscité. Le Christ nous a relevés. Nous sommes témoins par toute notre vie. Chacun de nous pourrait ici témoigner d’une rencontre, d’un évènement, d’une expérience forte de la présence du Ressuscité dans sa vie. Nous sommes ressuscités en Christ.
 

Et si aujourd’hui nous rendons grâces pour les saints Jean XXIII et Jean-Paul II, successeurs de Pierre, c’est avant tout parce qu’ils sont deux témoins exceptionnels de la Résurrection.

 

Ils sont témoins du Ressuscité par leur sainteté, et l’Eglise nous les offre comme modèles. Modèles de sainteté. Vous allez dire : nous ne serons jamais papes, nous n’aurons jamais une vie aussi exceptionnelle que la leur. C’est vrai. Mais ce n’est pas d’abord pour ce qu’ils ont réalisé qu’ils sont saints. Ils le sont dans leur vie ordinaire. Et c’est de leur vie ordinaire que je voudrais vous parler ce soir.

 

Jean XXIII
 

Je me rappelle son élection comme pape. Le 28 octobre 1958, je venais de rentrer en classe de 5ème. Nous l’avons appris dans la cour de récréation, la nouvelle a été acclamée. Il sera pape durant moins de 5 ans. L’histoire retiendra que le Saint Esprit lui a inspiré la convocation du concile Vatican II. Mais je veux retenir de lui l’histoire de l’âme. Publié quelque temps après sa mort tandis que je rentrais au séminaire, son journal de l’âme fut mon livre de chevet. J’y ai contemplé la lente germination d’une graine de saint, dans la vie ordinaire d’un séminariste.
 

Pourquoi Jean XXIII est saint ? Parce que l’Esprit Saint l’a sanctifié et parce que le jeune Angelo Roncalli a désiré être saint toute sa vie.
 

A 17 ans, il vit mourir son curé dont il réussit à obtenir sa vieille édition de l’Imitation de Jésus-Christ : « Penser que c’est avec ce petit livre qu’il est devenu un saint ! s’exclama le jeune Angelo. Ce sera toujours mon livre le plus cher et l’un des joyaux les plus précieux que je possède ». Sur son lit de mourant, il se fera lire par son secrétaire des pages de ce précieux livre.
Etre saint…

 

A 18 ans, séminariste à Bergame, il écrit dans son journal : « Je renouvelle ma résolution de vouloir devenir vraiment saint ». Et il se donne 4 principes directeurs :

 


- M’unir à Jésus et me recueillir en lui.
- Etre tout entier à ce que je fais.
- Etre modeste et humble, surtout en paroles.
- Rechercher la paix, la douceur, le calme et l’harmonie intérieure ; par exemple ne jamais dire du mal de quelqu’un.

 

Dans l’imitation de Jésus-Christ, il avait lu : « Sois humble et pacifique, et Dieu ne te quittera pas ». Plus tard c’est dans cet esprit qu’il choisira sa devise d’évêque: « Obéissance et paix ».

 

A 22 ans, il vit une sorte de conversion sur le chemin de la sainteté. Au cours d’une retraite, il écrit dans son journal de l’âme : « Je me suis fait une idée complétement fausse de la sainteté ». Il découvrait qu’il ne serait jamais le saint qu’il imaginait. La sainteté, il la désirait, mais il découvrait qu’elle serait l’œuvre de Dieu en lui, et que plus il la désirait, plus l’Esprit Saint pourrait travailler à le sanctifier. Il découvrait que le chemin de la sainteté était de prendre soin de son âme comme d’une plante vivante, de la nourrir, de la travailler comme la terre, de la tailler comme la vigne, de veiller aux poisons de l’orgueil, de l’impureté.

 

Son journal témoigne de ce labeur et de cette vigilance quotidienne. Impressionnant ! Graine de saint, Dieu en a fait ce que nous savons. A l’écoute de l’Esprit Saint qui sanctifie, il n’a eu de cesse de s’ajuster à lui et de corriger jour après jour les fausses notes. « Dieu est tout, je ne suis rien ».

 

Jean-Paul II

 

Une jeunesse bien différente. Mais ce n’est pas de sa jeunesse que je vous parlerai. Karol Wojtyla était sans doute programmé pour la sainteté. Petite anecdote : lorsqu’il était étudiant, ses amis ont fixé un jour ces mots sur la porte de sa chambre : « Futur saint » ! Comme nous tous, il était programmé pour la sainteté, et il a choisi librement le programme, il en a fait l’orientation fondamentale de sa vie. Ce sera sa devise d’évêque : « Totus tuus », « Tout à toi par Marie ».

 

Comme pape, il proclamera à temps et à contretemps que nous sommes tous programmés pour la sainteté, que la sainteté est le grand choix de notre vie. Je vous recommande la lecture de ce qui est pour moi son testament, la lettre pour le nouveau millénaire, parue en la fête de l’Epiphanie 2001, jour de mon ordination épiscopale. Il écrit : « Je n’hésite pas à dire que la perspective dans laquelle doit se placer tout le cheminement pastoral est celle de la sainteté » (§ 30). « Il faut redécouvrir, dans toute sa valeur de programme, l’appel universel à la sainteté », l’appel du concile Vatican II. C’est le programme de Dieu sur nous. Et « demander à un catéchumène : ‘’Veux-tu recevoir le baptême ?’’ signifie lui demander en même temps : ‘’Veux-tu devenir saint ?’’ » Veux-tu que Dieu fasse de toi un saint, veux-tu entrer dans la sainteté de Dieu ?

 

Voilà pourquoi Jean XXIII et Jean Paul II sont des saints, et pourquoi l’Eglise nous les propose en modèles. Ils ont désiré toute leur vie être des saints, selon le projet de Dieu sur tout homme ; et par une vigilance quotidienne, ils se sont laissés configurer au Christ, le Saint, le Saint de Dieu. Leur sainteté témoigne du Christ vivant, ressuscité, toujours à l’œuvre en son Eglise.

 

Il reste un ultime témoignage de la résurrection : la miséricorde. Nous la contemplons en Jésus ressuscité dont la dernière parole à ses apôtres fut pour les appeler à être les messagers de sa miséricorde. Il a donné à voir les plaies de ses mains et de son côté ; il est marqué à jamais par les souffrances humaines qu’il a endurées, les nôtres. La miséricorde que nous aurons les uns pour les autres sera notre témoignage. Le pardon que nous saurons demander et offrir sera plus que tout le témoignage de notre foi en la Résurrection. Le pardon est résurrection.

Dieu est miséricordieux. Par sa miséricorde, Dieu tire du mal un bien et offre la paix. Saint Jean XXIII et saint Jean-Paul II ont été les témoins de ce Dieu-là, Eternel Amour.

 

Nous retiendrons que Jean XXIII aura été le pape de la paix, Jean-Paul II le pape de la miséricorde.

 

Puissions-nous, par leur intercession, recevoir aujourd’hui la grâce d’être des artisans de paix, des cœurs remplis de miséricorde, des annonciateurs de la Résurrection. AMEN.

 

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