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PACEM IN MARTEGUENSIS : LA PAIX A MARTIGUES.... ET DANS LE MONDE

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Ce dimanche, une prière pour la paix a été proposée par les évêques de France. Cette initiative est en solidarité avec nos frères les chrétiens d’Orient, en particulier ceux d’Irak. Une communauté chrétienne bien plus ancienne que la nôtre et qui a été rayée de la carte en quelques semaines !

 

Prier pour la paix, ce n’est pas organiser un dimanche à thème. C’est bien du dimanche que nait la paix, c’est bien du dimanche que nait l’espérance d’une paix totale, définitive : « Jésus Notre Seigneur, ressuscité, se dressa au milieu de ses disciples et leur dit : Paix à vous. Et les disciples, ayant vu le Seigneur, furent remplis de joie. » Le Christ nous a apporté la paix, nous a laissé la paix : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne

 

On peut parfois se dire que cette paix, quand même, ce n’est pas si difficile que ça, cela demande un peu d’effort, certes, mais si personne n’y met du sien, on n’y arrivera jamais ! Certes, mais avant de montrer du doigt la paille qui est dans les yeux des israéliens et des palestiniens, va plutôt enlever la poutre qui est dans ton œil et dans celui des autres martégaux.

 

Je m’explique : pour ce qui est de la paix en Orient, ou des massacres des chrétiens en Irak et ailleurs, nous n’avons que de faibles moyens, même si ce sont des moyens bien réels : la prière, la pensée (ne pas les oublier), se mobiliser pour que les gouvernements en question quittent la logique de guerre et entrent dans la logique de paix.

 

Mais voilà, nous n’aurons pas la paix en Orient si dans notre cœur, ici, à Martigues, nous ne cherchons pas aussi à y placer la paix. Si nous ne laissons pas la place à Jésus, « Prince de la Paix » comme l’appelle Isaïe, alors nous ne pourrons pas œuvrer pour la paix ailleurs.

 

Parce que la paix, nous l’espérons pour les autres, et il y a quelque chose en nous qui ne se résout pas à voir, à intervalles réguliers, des peuples s’affronter, des peuples chassant et exterminant d’autres peuples. Mais cette paix, elle nous semble inaccessible, car nos mains ne sont pas pures, car notre cœur n’est pas en paix, et donc il ne peut être agent de paix. La paix que nous souhaitons pour l’autre, il faut déjà chercher à la faire en soi et autour de soi. Nous ne pouvons la transmettre que si nous cherchons à en vivre.

 

Regardons autour de nous la violence, petite violence, mais violence quand même : la violence sur la route (je double par l’autre file pour gagner du temps devant le pont, je klaxonne à tout va pour gagner deux secondes au feu vert…), la violence dans mes rapports avec les autres (manque de politesse, j’impose mes choix sans tenir compte de l’autre, je vis comme si les autres comptaient moins que moi…), la violence dans ma famille (sans parler des violences physiques, mais cette sourde violence en famille parce que l’on ne supporte plus l’autre, parce qu’on cache un secret, parce que la rancune est là, tenace, quasi indélébile), et enfin la violence envers nous-mêmes (manque de respect envers ce que nous sommes, des enfants de Dieu, la timidité que nous pouvons avoir à répondre à l’appel du Christ à le suivre pour telle ou telle chose, la violence que nous nous faisons parfois parce que nous ne changeons pas assez vite, au lieu d’entrer dans un mouvement de conversion patiente).

 

Elles sont là les occasions de paix, cette paix, elle est à notre portée, car Jésus veut nous la donner : « Je vous donne ma paix ». Alors bien sûr, prions pour la paix, pour que les chrétiens d’Orient en particulier connaissent cette paix, mais que ce soit aussi pour nous l’occasion de travailler à notre propre paix… Pas n’importe quelle paix, attention, car la paix ce n’est pas être zen, indifférent, c’est être dans l’accueil respectueux de l’autre et de moi-même. Cette paix est possible.

 

Vendredi soir j’étais avec des scouts marins qui prononçaient leur promesse. Ils avaient décidé de faire cette cérémonie les pieds dans l’eau, et c’était au moment où l’orage tournait au dessus de Martigues. Nous avons vécu un moment de paix, où l’un après l’autre ils se sont engagés pour servir dans le monde, à leur place. L’orage tournait autour, mais cela n’enlevait pas la promesse de service, de don, et donc de paix de germer. C’est de cette manière là que nous pouvons bâtir la paix, jour après jour, en creusant dans le champ et en découvrant le trésor, qui est la paix du Christ.

 

A la différence du Royaume de Dieu, qui vient de Dieu qui le bâtit pour nous, la paix, elle se construit par nous, avec Dieu. J’ai relu cette semaine l’encyclique du Pape Jean XXIII Pacem in Terris, Paix sur la Terre, de 1963. Il est « étonnant » de voir que dans ce document, saint Jean XXIII parle avant tout de politique, de l’action humaine en vue du bien commun. Ce ne sont pas de vains mots ou de prières creuses et désincarnées, mais de l’action, dans le cœur de l’homme, dans sa famille, dans sa cité, dans son pays. Le pape d’alors pointe de directives pour œuvrer en faveur de la paix. Elles sont encore valables aujourd’hui : devoir de participer à la vie publique, utiliser ses compétences scientifique et professionnelles dans le monde, harmoniser la foi du croyant et sa vie dans le monde, participer à l’éducation intégrale de la jeunesse, etc.

 

Bien sûr la tâche est immense, mais, une fois encore, elle est accessible, il faut pour cela « agir par étapes » comme dit le Pape.

Commençons dans notre cœur, dans notre vie, autour de nous. Offrons la paix du Christ, « c'est lui qui est notre paix, lui qui des deux n'a fait qu'un peuple. Il est venu proclamer la paix, paix pour vous qui étiez loin, et paix pour ceux qui étaient proches ». Un vrai signe de paix, pas un deuxième bonjour comme on peut le voir parfois à la messe, les yeux dans les yeux « la paix du Christ ». Demandons à Dieu sa sagesse et sa justice, qui produisent la paix. Demandons lui son pardon, sa miséricorde pour nous et pour les autres.

 

Je termine avec ces mots du Pape François : « La prière nous aide à ne pas nous laisser vaincre par le mal, ni à nous résigner à ce que la violence et la haine ne prennent le dessus sur le dialogue et la réconciliation.  Maintenant, Seigneur, aide-nous! Donne-nous la paix, enseigne-nous la paix, conduis-nous vers la paix. Ouvre nos yeux et nos cœurs et donne-nous le courage de dire: « Plus jamais la guerre! ». Instille en nous le courage d’accomplir des gestes concrets pour construire la paix... Rends-nous disponibles à entendre le cri de nos concitoyens qui nous demandent de transformer nos armes en instruments de paix, nos peurs en confiance et nos tensions en pardon. Amen. »

 

Thomas Poussier

 

 

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