PARADIS, ENFER ET PURGATOIRE

  • PAROISSE DE MARTIGUES

Entretien avec Monseigneur Christophe DUFOUR, évêque du diocèse d'Aix et Arles

Connaissez-vous la géographie du ciel ? Non pas le ciel de la météo, mais le ciel comme métaphore de l’éternelle cité de Dieu. La fête de la Toussaint est un temps favorable pour réfléchir à la question qui nous taraude : qu’y-a-t-il après la mort ? Le paradis, l’enfer et le purgatoire sont les mots traditionnels de la foi catholique pour désigner la destinée de tout être humain sur la terre.

Le Paradis est le but final de toute vie humaine. « Il y a de nombreuses demeures dans la maison de mon Père…, je pars vous préparer une place » dit Jésus. Le Paradis est la cité de Dieu où toute vie n’est qu’Amour. On le compare à un jardin – c’est l’étymologie du mot paradis. C’est là que Dieu nous veut et nous attire, comme un Aimant, un éternel Aimant. Tout être humain y vit de la vie même de Dieu, la vie qui est Amour, la vie qui ne meurt pas, éternel Amour. L’être humain y vivra par la résurrection, à la suite du Christ, premier né d’entre les morts. La Paradis, c’est le bonheur total.

L’enfer, au contraire, est la privation du paradis. Il est « le châtiment éternel » dont parle Jésus dans la parabole du jugement dernier (Matthieu 25,46). Il est « le grand abîme » qui sépare Lazare et le riche qui n’a pas vu le pauvre à sa porte (Luc 16, 26). Il est « la géhenne, là où le feu ne s’éteint pas » (Marc 9,43). Mais si Dieu est Amour, n’offrira-t-il pas son pardon à tous ? Oui, Dieu aime tous les humains, il offre le pardon à tous, mais il a aussi donné à tous la liberté de refuser son amour. « Je mets devant toi la vie et la mort, choisis » dit Dieu (Dt 30,19). L’enfer est « auto-exclusion de la communion avec Dieu » dit le catéchisme de l’Eglise catholique (§ 1033).

Et le purgatoire ? Le mal ne peut entrer en Dieu. Devant la lumière de l’amour divin, tout être humain voit les ténèbres qui l’habitent, il a conscience de son indignité. Le défunt meurt avec son mal, il entre dans la mort avec le poids de son péché. Voilà pourquoi l’apôtre Paul dit à son sujet : « Il sera sauvé, mais comme à travers le feu » (I Co 3, 14-15). Le purgatoire est ce jour qui n’est compté ni en heures ni en années, mais ce jour de l’épreuve du feu où l’amour humain est purifié, divinisé. Dans la foi en la Résurrection, prions pour les âmes de nos défunts ; que notre amour les pousse au ciel, dans le cœur de Dieu.

En cette fête de Toussaint, que nous soit donnée la joie de l’espérance, dans la prière pour nos défunts et la communion de tous les saints.

 

+ Christophe DUFOUR

Archevêque d’Aix-en-Provence et Arles

@paroissemartig © 2010 -  Hébergé par Overblog