PREMIÈRE HOMÉLIE DU PAPE LÉON XIV
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« Nous sommes appelés à témoigner de la foi joyeuse en Jésus Sauveur »
Le nouveau pape Léon XIV a célébré, vendredi 9 mai dans la chapelle Sixtine, sa première messe avec les cardinaux qui l’avaient élu la veille. Il a mis en garde contre la tentation de réduire l’Église « à la magnificence de ses structures ou à la grandeur de ses constructions ».
La première messe d’un pape avec ses cardinaux, au lendemain de son élection, est toujours un moment important du pontificat, l’occasion d’esquisser les lignes programmatiques du pontificat qui s’ouvre et de souligner la rupture ou la continuité avec ses prédécesseurs. Et celle que Léon XIV a célébrée, vendredi 9 mai, dans la chapelle Sixtine n’a pas dérogé à la règle.
Arrivé dans une simple chasuble blanche bordée de doré, portant la férule que Benoît XVI avait adoptée en 2009 et que François avait reprise au début de son pontificat, le nouveau pape toutefois a mis en garde, quelques minutes après avoir traversé les splendides salles ducales puis royales du Palais apostolique, contre la tentation de réduire l’Église « à la magnificence de ses structures ou à la grandeur de ses constructions ».
Au contraire, l’homme qui la veille, depuis la loggia de la basilique Saint-Pierre, était le centre de l’attention du monde, a demandé à ses cardinaux de l’aider à respecter ce qu’il considère comme l’« engagement inconditionnel pour quiconque exerce un ministère d’autorité dans l’Église » : « Disparaître pour que le Christ demeure, se faire petit pour qu’il soit connu et glorifié, se dépenser jusqu’au bout pour que personne ne manque l’occasion de le connaître et de l’aimer. »
Ne pas réduire Jésus « à une sorte de leader charismatique ou de surhomme »
Celui qui a passé vingt ans de sa vie comme missionnaire puis évêque au Pérou a ainsi placé son pontificat sous le signe de l’annonce de l’Évangile, regrettant de voir combien la foi chrétienne pouvait être « considérée comme absurde, réservée aux personnes faibles et peu intelligentes », et qu’on lui préférait « la technologie, l’argent, le succès, le pouvoir, le plaisir ».
« La mission est urgente en ces lieux, car le manque de foi entraîne souvent des drames tels que la perte du sens de la vie, l’oubli de la miséricorde, la violation de la dignité de la personne sous ses formes les plus dramatiques, la crise de la famille et tant d’autres blessures dont notre société souffre considérablement », a-t-il insisté, à rebours d’une théologie de la prospérité qui est parfois une tentation pour les catholiques de ses États-Unis natals.
Mais celui qui, la veille, en dînant avec quelques cardinaux, faisait le parallèle entre la révolution industrielle qui a marqué son prédécesseur Léon XIII et la « révolution numérique » d’aujourd’hui met aussi en garde contre un autre écueil : réduire Jésus « à une sorte de leader charismatique ou de surhomme », au risque de vivre, y compris pour certains baptisés, « un athéisme de fait ».
« Tel est le monde qui nous est confié, dans lequel, comme nous l’a enseigné à maintes reprises le pape François, nous sommes appelés à témoigner de la foi joyeuse en Jésus Sauveur », a-t-il résumé, se plaçant ainsi résolument, mais avec son propre style, dans la continuité de son prédécesseur.
Texte complet de l'homélie (cliquer)
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