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VOIR POUR CROIRE OU CROIRE POUR VOIR

  • PAROISSES DE MARTIGUES ET PORT DE BOUC
Homélie de Patrick Alouin, diacre, pour le quatrième dimanche de Carême.

Homélie de Patrick Alouin, diacre, pour le quatrième dimanche de Carême.

 

 

 

Écoutez ici :

 

 

Chers amis, frères et sœurs,

 

En cette période de Carême, et de troisième scrutin pour les catéchumènes, des mots et des questions résonnent encore plus, peut-être, dans nos têtes à l’écoute des textes du jour.

Ecoutez à nouveau ces passages :

« Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu », « je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez » et « beaucoup de juifs qui avaient donc vu, crurent en Lui. »

 

Alors, avec déjà 2 mots récurrents dans ces 3 passages, on peut être amenés à se poser la question suivante : faut-il croire pour voir, ou bien faut-il voir pour croire ?


Dans notre vie spirituelle, dans nos cheminements spirituels, c’est-à-dire de Foi, ces 2 propositions s’offrent à nous à chaque moment. Et il en est ainsi, quel que soit notre parcours, que nous soyons baptisés depuis de nombreuses années, ou bien que nous soyons des catéchumènes de ce troisième dimanche de scrutin.

 

En fait, je pense qu’il ne faut pas opposer ces 2 propositions, croire pour voir et voir pour croire, parce que, dans nos vies, elles apparaissent alternativement et graduellement dans nos expériences de foi profonde et de doute.

Je dirais même que ces 2 propositions se complètent dans notre chemin de Foi.

 

Bien entendu la première étincelle de notre Foi, c’est Dieu qui l’a allumée en nous. C’est une grâce, un don gratuit de sa part.

Par elle nous avons commencé à voir : c’était la première lumière, la lumière originelle en quelque sorte, la première graine de Foi, qui éclairait nos yeux, et nous permettait de voir, d’entrevoir, d’apercevoir…quelques signes de la présence de Dieu dans notre vie humaine. Et ces signes renforçaient notre Foi.

 

Je pense sans aucun doute que vous l’avez comme moi vécu, expérimenté.

Par exemple : voir en une personne l’œuvre de Dieu, c’est-à-dire de l’Esprit Saint, ou bien reconnaître en des événements l’œuvre de Dieu.

Cela a renforcé et continue à renforcer notre Foi, par les actes que nous voyons accomplir.

 

Croire et voir se complètent et s’amplifient mutuellement, quel que soit leur ordre.

Ainsi, progressivement nous devenons plus sensibles à l’action de Dieu, et nous voyons Sa lumière dans nos vies. Parfois Sa lumière éclaire notre passé : nous comprenons soudain ce qui est arrivé, ce que nous avons vécu, même si cela remonte à quelques années auparavant.

 

Croire et voir : dans ma prière personnelle, je demande à Dieu de me donner les yeux de son cœur et le cœur de ses yeux. N’hésitez à le faire

Dieu se réjouit quand notre Foi grandit, mais avant de donner Sa grâce, Dieu veut la faire désirer.

 

Cela permet de se mettre dans l’attitude de celui qui ouvre son cœur et son esprit, c’est-à-dire sa foi et sa sensibilité humaine, à Dieu.

En fait je le laisse me scruter et s’installer en moi.

Comme à la messe dans notre progression vers la communion, en commençant par la reconnaissance des péchés avant l’accueil de son corps.

La démarche est identique pour ceux qui ne communient pas mais qui s’approchent pour une bénédiction.

 

Laisser le Corps du Christ s’installer en nous, laisser Sa Parole pénétrer notre cœur.

Profitons de ce moment pour Lui rendre grâce, en silence, intérieurement. Le Corps du Christ est en nous, Sa Parole est en nous. Le tabernacle c’est nous dans ces moments-là. Profitons-en pour Lui parler de cœur-à cœur et de corps à Corps, assis en silence. Cela contribuera, sans aucun doute pour ma part, à faire grandir notre Foi.

 

Cette Foi que nous exprimons dans le Credo, après avoir entendu Sa Parole.

Réciter le Credo, avant la communion, c’est reconnaître que Jésus est ressuscité pour nous sauver, et qu’il est vivant, là, maintenant. Tout en tous, c’est-à-dire en chacun !

Jésus, le Fils de Dieu, est très proche, puisqu’Il est en nous.

 

Marie et Marthe semblaient dire que Jésus ne pouvait rien faire, puisqu’il était loin de Lazare qui mourrait.

Non, Jésus nous rejoint dans nos faiblesses, nos péchés, nos malheurs, nos craintes.

Jésus pleure avec nous, comme il a pleuré pour Lazare qu’Il aimait.

Mais Dieu, par son Fils, est plus fort que la mort, plus fort que le Mal.

A ce propos, je me permets de vous rappeler que le nom Lazare signifie « Dieu aide ».

 

Jésus parle à Marie, à Marthe et aux disciples pour éveiller ou réveiller leur Foi. Il leur parle et leur donne des signes, dont le plus fort est bien entendu celui de la réanimation de Lazare.

Jésus prend son temps.

 

Comment aurions-nous réagi, si l’appelant à l’aide, il avait pris tout son temps, nous laissant dans la galère ?

Comment réagissons-nous aujourd’hui quand nos demandes ne se réalisent pas assez vite selon nous ?

Par exemple aussi quand nos proches sont en détresse.

Exprimons-nous vraiment dans ces moments-là une Foi grandissante ? Interrogeons-nous.

 

L’évangile du jour interpelle sur « croire et voir », mais il interpelle aussi je pense sur « agir », sur nos actes.

Car qu’est-ce que la Foi sans l’action ? Rien, c’est certain.

Avez-vous remarqué l’action des disciples dans la réanimation de Lazare ?

Ils enlèvent la grosse pierre tombale.

L’acte physique est réalisé par des hommes, non par Jésus. Jésus avait simplement demandé où était le corps.

Ils roulent cette énorme pierre alors qu’ils se méfiaient, avec Marie et Marthe, de la puanteur du corps. « Le corps sent déjà ».

 

Cela nous indique sûrement de ne pas avoir honte de nos cadavres, c’est-à-dire de nos peurs, de nos péchés, finalement de ce qui « sent mauvais ».

Avoir honte à nos yeux, honte devant Dieu, devant nos proches.

Sachons où nous avons mis, caché, enseveli nos propres cadavres.

Le Seigneur peut nous y aider, si tant est que nous le laissions nous scruter, et que nous confirmions notre confiance en Lui.

 

Dieu, par son Esprit Saint, nous conseille sur les actions, les actes concrets que nous pouvons poser pour nous débarrasser de nos propres bandelettes, de nos cadavres.

 

Par nos actes bien posés nous contribuons à faire entrer la Lumière en nous et dans nos proches, c’est-à-dire à marcher à la lumière du jour et non de la nuit, pour ne pas trébucher, comme dit Jésus lui-même.

 

Alors posons-nous la question en ce temps de Carême : avons-nous à notre niveau des Lazare à relever, des Lazare à éclairer ?

A qui pouvons-nous rendre un tel service, une telle œuvre de charité chrétienne ?

 

Demandons et prions Dieu de professer notre Foi, notre Credo, non pas seulement dans notre bouche mais aussi par des actes.

Des actes simples, des actes vivifiants pour nous et nos proches, comme pour nos prochains.

 

Je ne peux m’empêcher de faire la comparaison entre le scrutin des catéchumènes, notre propre scrutin aussi, notre Credo, et la période des élections municipales que nous traversons. Ne serait-ce que sur les mots, puisque nous avons un scrutin municipal et des credos, ces listes des engagements que les candidats aux élections présentent.

 

La différence profonde est que le credo d’un candidat aux municipales est le credo de celui qui veut régner sur les autres.

Alors que le Credo chrétien, est le credo de celui qui veut contribuer au règne d’un Autre qui est plus grand que lui, pour la plus grande gloire de Dieu.

La gloire de Dieu, c’est l’Homme vivant, dit saint Irénée. Vivant pour toujours auprès de Dieu, comme Lazare.

 

Alors je conclus en disant : croire pour voir ou voir pour croire, les 2 peut-être, mais surtout, Croyons en Sa Lumière, Voyons par Sa Lumière, Agissons dans Sa Lumière, celle qui ne faillit pas.       AMEN

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