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AIMER DIEU EN AIMANT SON PROCHAIN

  • PAROISSES DE MARTIGUES ET PORT DE BOUC
Homélie de Patrick Alouin pour le douzième Dimanche du Temps ordinaire.

Homélie de Patrick Alouin pour le douzième Dimanche du Temps ordinaire.

 

 

 

Écoutez ici :

 

 

Chers amis, frères et sœurs,

 

Les textes d’aujourd’hui, l’évangile autant que la première lecture nous posent – me semble-t-il- une question.

Oui : craindre ou ne pas craindre, telle est la question !

Ou si vous préférez comme moi, pourquoi pas : to fear or not to fear , that’s the question !

 

Les textes du jour nous posent cette question mais heureusement nous donnent – me semble-t-il aussi- des éléments de réflexion et de réponse.

Craindre ou ne pas craindre : oui, mais quoi, qui, quand ? Est-ce bon de craindre, et si non comment y répondre ?

 

Le premier constat évident à formuler est que chaque être humain, de sa naissance à sa mort, est traversé par toutes sortes de craintes.

L’enfant craint la séparation d’avec ses parents, il craint l’obscurité ou la nuit. L’adolescent peut craindre d’être rejeté d’un groupe de jeunes comme lui. L’adulte peut craindre la mort, il peut craindre le manque de moyens de subsistance.

Vous le savez bien, il y a tant de situations de crainte, j’allais dire presque naturelles, normales dans nos vies humaines.

 

On peut également craindre des personnes parce qu’elles nous paraissent ne pas correspondre à ce qu’on pense être bien pour notre trajectoire de vie : ne pas être bien pour nous-mêmes, pour notre famille, notre paroisse, notre ville, notre pays etc.

On peut craindre de même quelqu’un à cause de ce qu’il a déjà fait, ou à cause de ce qu’on pense qu’il va faire. Comme Jérémie dans la première lecture, lorsqu’il parle d’une dénonciation par ses amis !

 

Je pourrais aussi ajouter la crainte de ne pas être à la hauteur, finalement une espèce de doute quant à bien servir son prochain, son conjoint, sa famille, ses amis, ou le Seigneur lui-même !

 

Toutes les peurs ou les craintes que je viens d’évoquer ont un point commun entre elles. Ce sont des craintes centrées sur la personne, des craintes dont l’objet est la personne, des craintes qui peuvent rabaisser, effacer, ou même paralyser la personne.

La Bible est émaillée de personnages ayant eu de la crainte, voire de la peur, depuis Adam et Eve jusqu’aux derniers apôtres, sans oublier les patriarches.

Pensez au découragement de Moïse, au regret d’être né de Jérémie etc. Jésus en tant qu’homme a craint son supplice sur la croix.

 

Eh alors, me direz-vous ?

Tout cela étant bien humain, que faire ?

Eh bien la réponse est dans les textes que vous avez écoutés, c’est-à-dire en fait dans la Parole de Dieu elle-même, la Parole du Seigneur à laquelle et pour laquelle vous avez vous-mêmes proclamé « nous rendons grâce à Dieu », après ma proclamation de l’Evangile.

Oui, nous pouvons, et je m’y inclus, rendre grâce à Dieu pour cette réponse claire.

La réponse claire est dans la première lecture : Jérémie appelle le Seigneur à l’aide.

La réponse claire est évidemment dans le Psaume : « je te prie Seigneur, répond-moi, sauve-moi ».

La réponse claire est tout autant dans la lettre de saint Paul : « La Grâce donnée pour la multitude des hommes ».

Sans oublier bien entendu Jésus lui-même qui vient renchérir, s’il en est besoin, avec « ne craignez pas, vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux ».

La clarté de la réponse, je la résumerais d’abord par : ne restons pas avec nos craintes d’hommes entre hommes, mais invoquons la Grâce de Dieu.

J’ose même dire n’ayons pas peur de l’invoquer, n’ayons aucune crainte pour cela.

 

 

Au mal engendré par la crainte le Seigneur nous répond par la confiance, c’est-à-dire notre Foi en Lui.

C’est là la seconde clarté de la Parole de ce jour.

Le Seigneur agit par son Esprit comme le ferait une mère ou un père avec son enfant : Il veut que nous sachions que nous pouvons Lui faire confiance, et Il veut nous aider à faire grandir cette confiance en Lui.

La Foi enracine l’Espérance.

Ne pas croire en cela signifie, d’une certaine manière, renier l’Amour infini de Dieu pour chacun de nous.

Ne craignons pas d’aimer sans fin comme Lui nous aime.

Ainsi, oui, craignons de le renier !

C’est exactement à cela que le Christ nous invite dans la dernière phrase de l’Evangile.

Ne le renions ni en actes, ni en pensées, ni en paroles.

Il nous invite à proclamer en actes, en paroles et en pensées notre amour pour Lui et nos proches.

Le vrai message à proclamer sur les toits est donc un message d’amour murmuré par Dieu en nos cœurs.

Exactement comme un parent pourrait le faire pour apaiser un enfant.

Alors acceptons de lui accorder une oreille attentive, pour ne pas dire une oreillette attentive s’agissant de notre cœur… !


Ce sont des paroles de Vérité, des paroles de vie, des paroles d’espoir qui nous remettent debout, et que le Seigneur nous confie aussi pour tous ceux qu’il aime et tous ceux qu’il nous donne à aimer.

Dieu nous aide, en retour, dans nos paroles et nos actes, donc pas de crainte ! Ainsi seront révélées les paroles murmurées.

 

Et vous le savez bien, ces révélations dont il est question dans l’Evangile ne portent évidemment pas sur des « affaires » comme on peut l’entendre de nos jours avec des hommes politiques, des chanteurs, des acteurs, des sportifs ou des hommes et des femmes d’Eglise. Ou encore sur des personnes moins connues, comme la plupart d’entre nous.

 

Car il faudrait alors se méfier d’une certaine forme de « revanche », comme celle citée par Jérémie « nous prendrons sur lui notre revanche » et qu’il attribue à ses soi-disant amis.

Je disais que Dieu nous aide, en retour : voilà, c’est bien cela, la « revanche » à ne pas craindre mais à attendre, la revanche de Dieu.

Oui la revanche de Dieu c’est l’amour plus fort que la haine, le Ciel plus fort que la géhenne, ou même la Lumière plus forte que les ténèbres, cette Lumière qui vient nous éclairer dans nos ténèbres !

 

Le Seigneur nous délivre, c’est sa revanche.

Oui Seigneur, Notre Père, ne nous laisse pas entrer en tentation…mais délivre-nous du mal !

Il nous a délivré, nous tous, par un seul homme, et il continue à nous délivrer, comme le précisait saint Paul.

 

A la communion, il se donne encore aujourd’hui, et nous dit, nous murmure : « n’ayez pas peur », « n’aie pas peur ». Ce à quoi nous répondrons avec force et conviction, c’est-à-dire avec Foi : Amen !

Alors à nous de propager cette Lumière, en étant debout et non accablé, non pour infliger ou s’infliger quelque chose - œil pour œil, dent pour dent - mais pour nous glorifier à travers Lui, prendre ainsi part à sa plus grande Gloire !

 

Alors je conclurai en vous disant :

Craindre ou ne pas craindre, telle était la question ; aimer Dieu en aimant son prochain, telle est ma réponse !

 

AMEN

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