Julien Park, 35 ans, est né Jaeuk Park à Chungju et a passé la majeure partie de sa vie à Daejeon, cinquième plus grande ville de Corée du Sud. 1,4 million d’âmes, capitale scientifique nationale, truffée de grandes universités et instituts de recherche. Il y a 5 ans, il ne parlait pas un mot de français et vivait bien loin de Provence. Il exerce pourtant comme diacre à Salon-de-Provence et Grans et sera ordonné prêtre ce dimanche 21 juin en la cathédrale Saint-Sauveur d’Aix. Un chemin pas banal, mais moins surprenant qu’il n’y paraît.
Car Daejeon, où a grandi Julien, est aussi un diocèse, qui compte une cathédrale et 143 paroisses, rangées sous le patronage de Notre-Dame de Lourdes. On y compte dans les 350 000 baptisés catholiques, qui constituent, derrière les protestants, le gros des troupes des 30-40% de chrétiens du pays. Le christianisme est la première religion de Corée du Sud, devant le bouddhisme. Ce qui s’apparente à un exploit dans la mesure où les premiers missionnaires ne sont arrivés en Corée du Sud qu’il y a 200 ans seulement. Julien retient plus particulièrement l’évêque Saint-Laurent Imbert, mort en martyr décapité en 1839 au bord d’une rivière non loin de Séoul après être né à Marignane et "avoir grandi à Calas et à Cabriès" précise Julien. Qui s’amuse aujourd’hui de faire le chemin inverse pour venir évangéliser les ouailles du diocèse Aix-Arles.
"Le chemin de Jésus, c’est un chemin d’amour"
Pas de grande révélation, d’accident de la vie : Julien a juste été baptisé bébé (d’où ce prénom français officieux), et su "dès 15 ou 16 ans" qu’il allait prendre la tangente, direction l’Église.
"J’ai eu la chance depuis l’enfance de lire des livres concernant les saints ou saintes catholiques. Et quand je me demandais quoi faire de mon avenir, je me rappelais ces figures, je me disais, je voudrais vivre comme eux mais sans savoir lequel choisir. Jusqu’à ce que je me dise que leur point commun était qu’ils ont tous suivi le chemin de Jésus" rembobine Julien.
"Le chemin de Jésus ? C’est un chemin d’amour. C’est donner sa vie pour Dieu et pour son prochain".
S’il y eut des moments de bas, Julien ne le dit pas. "Ma famille m’a dit 'bon courage !'. Mes amis non chrétiens m’ont dit : 'mais alors tu vas rester célibataire ? T’aimes pas les femmes ?'. Je leur ai dit : 'si, je suis comme vous, j’aime les filles, mais on ne peut pas choisir tous les chemins. On ne peut pas faire de régime en mangeant tout et quand on choisit quelque chose, il y a toujours quelque chose qu’on doit abandonner'".
S’il n’avait pas choisi ce chemin, Julien se serait peut-être vu musicien, dit-il. "Je joue de la guitare, je chante, parfois j’écris des paroles".
Un séminaire plus tard (pour résumer) il veut aujourd’hui "inviter tout le monde à la parole de Dieu. Cette parole n’est pas réservée seulement aux prêtres ou aux chrétiens sérieux. Non, tout le monde peut la vivre. Si on donne notre vie pour les autres, la joie, la paix viennent en nous et au monde. Je voudrais insister là-dessus car je pense que nous avons un peu perdu cet esprit".




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