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BRUNO FRAPPAT : LE GENIE DU CHRISTIANISME

  • PAROISSE DE MARTIGUES

printemps

 

« Le génie du christianisme, c’est de faire masse de tout cela : les malheurs, les violences, les souffrances, les cris, les larmes, les peurs. D’en faire un tas énorme déposé au pied de la croix. La croix qui n’est pas, pour les chrétiens, le signe de la mort, mais celui de l’étape d’après : la résurrection. Sans elle, pas de christianisme qui vaille. Pas d’espérance qui se justifie. Pas d’Église et tout le tremblement. Il n’y aurait, sans la résurrection, plus qu’à fermer toutes les églises qui ne le sont pas déjà. Plus qu’à remiser parmi les vieux bouquins toute la théologie, toute l’histoire du christianisme, et même les Évangiles.

 

Pure folie, à vue humaine, que cette histoire de résurrection. Promesse insensée, bien plus incroyable que les promesses des politiciens en campagne.

 

Quoi, après la mort (fatale), nous reviendrions, nous aussi ? Et nous serions heureux ? Allons donc, c’est nous prendre pour des enfants naïfs qui croient aux contes de fées !

 

Oui, des enfants naïfs. Il faut assumer ce statut-là. Assumer la part de folie de ce pari.

 

Au fond, il nous faut devenir comme des bourgeons, qui poussent en dépit de tout. Qui montent vers le ciel, dans leur verger tranquille, malgré les alarmes, les « vigilance orange », les vents mauvais, le gel provocateur. Qui se passent le mot entre eux, dans leur langage discret : « La vie va renaître, les gars, il y aura un printemps ! »

 

Pour un peu, on les entendrait chanter. »

 

 

Bruno Frappat

 

(La Croix, 30/3/2013)

 

 

La Croix

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