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DES HOMMES ET DES DIEUX : L'AVIS D'HENRI QUINSON

  • PAROISSE DE MARTIGUES

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Frère Henry Quinson, conseiller sur le film « Des hommes et des dieux » de Xavier Beauvois

 

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" Pourquoi les spectateurs sont-ils autant saisis par ce film ?

 

HENRY QUINSON : Ce message, l’incarnation d’une foi chrétienne qui est fraternité universelle, je pense que nous avons besoin de l’entendre.

 

Xavier Beauvois avait posé comme ambition : je veux qu’à travers ce film, on puisse comprendre le mystère de l’Incarnation pascale, la montée vers la croix, le don total de soi-même.

 

Donner la vie des frères, quatorze ans plus tard, même assassinés, comme cadeau de l’annonce de la Bonne Nouvelle.

 

Le mystère chrétien continue à donner des fruits dans les cœurs.

 

Quand on voit ce film, on est saisi.

 

On se focalise sur la vie des frères. On ne répond pas à la question: qui les a tués mais pourquoi sont-ils restés ?

 

De la même façon qu’il importe peu de savoir qui a tué Jésus mais pourquoi a-t-il donné sa vie.

 

Sur le tournage, nous avons vécu de très forts moments de fraternité avec les habitants de la région qui construisaient, avec nous, une église.

 

Dans la tradition chrétienne, les martyres bénéficiaient de la chambre d’écho des arènes romaines.

 

Aujourd’hui, nous avons les salles de cinéma.

 

Une manière de prêcher l’Évangile, d’annoncer la Bonne Nouvelle.

 

Christian de Chergé avait compris que la foi chrétienne, c’est une ouverture infinie.

 

Ce film, outre ses qualités cinématographiques, peut exprimer la bonté et faire comprendre que ce que nous avons à vivre n’est en concurrence avec aucun autre système religieux.

 

Notre foi est totalement désarmée, offerte.

 

Nous ne cherchons pas les tueurs.

 

En revanche, nous voulons célébrer ce très beau message du don de soi.

 

C’est de la théologie narrative. Le souffle de ce film est celui de la Pentecôte.

 

Comprenez-vous ce qui arrive à ce film, son succès ?

 

Des hommes et des dieux touche tellement de questions actuelles : comment vivre ensemble, avec autant de traditions religieuses différentes ?

 

C’est la question de Christian de Chergé: les religions sont-elles là pour nous diviser, auquel cas elles seraient inutiles, voire dangereuses – ou sont-elles là pour nous unir mais alors comment les vivons-nous ?

 

Ce film se situe au cœur de la recherche actuelle de partage et d’accueil dans la mondialisation.

 

Comment exprimer ma fidélité à l’essentiel que je cherche à vivre ?

 

La vérité est multiple. Elle existe certes en nous mais aussi indépendamment de nous, comme un rocher nous soutient ou peut nous secouer.

 

Dans ce film, la réalité ultime, invisible – la présence de Dieu – triomphe à la fin.

 

Les terroristes comme les frères ne font plus qu’un dans cette blancheur qui tombe du ciel…

 

Nous avons reçu cette neige qui n’était pas dans le scénario.

 

Le film se termine dans l’indicible.

 

Xavier Beauvois, fondamentalement, aime les êtres.

 

Pour ce film, il fallait vraiment quelqu’un qui soit doté de cet amour.

 

Pour moi, les moines de Tibhirine ont incarné un amour sans mesure pour les êtres, pour l’humanité, pour chaque homme.

 

Et en retour, on voit l’amour des villageois pour les moines.

 

Les moines de Tibhirine ont observé les six points de Matthieu 25 : donner à manger à celui qui a faim, donner à boire à celui qui a soif, accueillir l’étranger, vêtir celui qui est nu, assister les malades, visiter les prisonniers.

 

Regardez bien : c’est aussi une charte pour la mondialisation. "

 

La Croix

Vendredi 1er octobre

 

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