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LITURGIE, FOI ET AMOUR

  • PAROISSE DE MARTIGUES

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Le catéchisme de 1938 à l’usage des diocèses de France comportaient trois parties : la première, les vérités à croire ; la deuxième, les commandements à pratiquer ; la troisième, les sacrements à recevoir. En conformité avec l’esprit du temps, le devoir était à la base de tout. Dès 1947, sans changer de contenu, les trois parties avaient changé d’ordre et de nom : la première, les vérités que Jésus-Christ nous a enseignées ; la deuxième, les secours que Jésus-Christ nous a préparés ; la troisième, les commandements que Jésus-Christ nous a donnés. Après guerre, le catéchisme était passé heureusement du côté du don de Dieu, et les commandements, placés après les secours, étaient des actes posés dans la grâce de Dieu. Le catéchisme de 1992 gardera ce plan de 1947 en quatre parties : la première, la profession de foi ; la deuxième, la célébration du mystère chrétien ; la troisième, la vie dans le Christ ; la quatrième, la prière chrétienne. Il faut cependant du temps pour que nos mentalités de baptisés passent du devoir à la reconnaissance du don.

 

 C’est ainsi que la messe est plus vue comme un devoir ou un exercice à pratiquer – je suis ou ne suis pas pratiquant -, que comme un don. Du coup, on peut bien se passer de ce devoir, de cet exercice, puisque nous n’avons plus peur, à juste titre, de manquer le paradis en ayant manqué la messe. Dans ce cas, nous avons simplement manqué à l’appel du Christ et de l’Eglise, à la reconnaissance de l’amour de Dieu exprimé au plus haut point dans l’Eucharistie, à la grâce donnée dans l’Esprit-Saint aujourd’hui.

 

La profession de foi dans son objet – ce que je crois – est devenue facultative et relative : à chacun sa foi. Avec elle, c’est le catéchisme qui est devenu facultatif, au choix de l’enfant. Le plus important est l’amour vécu, là aussi à juste titre. Mais il manque alors à l’amour sa source, sa vérité, son dynamisme : sa source qui est l’amour même de Dieu pour l’homme et chacun de nous ; sa vérité, qui est l’amour manifesté dans la personne même du Fils de Dieu fait homme, en particulier dans l’événement de sa mort et sa résurrection ; son dynamisme, qui vient de l’adhésion de tout notre être à Dieu le Père et à son Fils : « non pas ma volonté, mais la tienne ! »

 

Nous avons ainsi l’habitude de séparer l’amour de la liturgie (l’Eucharistie en premier) et de la foi. Il s’agit au contraire de réunir liturgie, foi et charité (ou amour). L’amour ne trouve sa pleine dimension que fondée sur la foi et nourri de la liturgie, et foi et liturgie ne s’accomplissent pleinement que dans l’amour du prochain. Voici ce qu’écrit Benoît XVI dans son message de carême 2013 : « La relation qui existe entre foi et charité est semblable à celle entre les deux sacrements fondamentaux de l'Église : le Baptême et l’Eucharistie. Le Baptême (sacrement de la foi) précède l'Eucharistie (sacrement de l’amour), mais il est orienté vers celle-ci, qui constitue la plénitude du cheminement chrétien. De manière analogue, la foi précède la charité, mais se révèle authentique seulement si elle est couronnée par celle-ci. Tout part de l’humble accueil de la foi (« se savoir aimé de Dieu »), mais doit arriver à la vérité de la charité (« savoir aimer Dieu et son prochain »), qui demeure pour toujours, comme accomplissement de toutes les vertus. »

 

Il nous est bon de retrouver ces liens entre liturgie, foi et charité alors que nous accompagnons les catéchumènes appelés vers ces sacrements du baptême et de l’Eucharistie. Les groupes « aller au coeur de la foi » auront cela pour but, et le livret de Manificat « Célébrer, Servir » pour matériau.

 

 

Benoît Delabre, curé

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