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MEDITATION : FOI ET CHARITE

  • PAROISSE DE MARTIGUES

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 Pêche miraculeuse, aquarelle, M.Diener, Art sacré

 

 

Nous sommes le premier jour de la  semaine qui nous conduira en carême, au temps  de préparation à Pâques. Notre pape Benoit XVI, dans cette année de la foi, a intitulé son message pour ce temps de carême « croire dans la charité suscite la charité ». Dans ce message, il précise que l’existence chrétienne consiste en une ascension continue du mont de la rencontre avec Dieu pour ensuite redescendre, en portant l’amour et la force qui en dérivent, de manière à servir nos frères et sœurs avec le même amour que Dieu a pour eux. En effet, quand nous laissons place en nous à l’amour de Dieu, nous devenons semblables à lui, nous participons de sa charité même.

 

La foi, c’est connaître la vérité et y adhérer (cf. 1 Tm 2, 4) ; la charité, c’est « cheminer » dans la vérité (cf. Ep 4, 15).

 

En France, nos évêques ont lancé, depuis maintenant un an et demi, une démarche qui va  tout à fait dans le sens de cette prise de conscience : la foi nous fait aller vers la charité et la charité nourrit et augmente notre foi. « Diaconia 2013, servons la fraternité », verra son point d’orgue au cours du week-end de rassemblement à Lourdes de l’Ascension. Cette démarche n’a certainement pas connu un retentissement suffisant dans de nombreuses paroisses de notre diocèse, actuellement le nombre des inscrits pour participer au rassemblement de Lourdes est très en dessous des attentes…

 

Dans notre paroisse, nous allons, dès cette semaine, nous engager dans le parcours : « aller au cœur de la foi », nous l’avons voulu différent dans son fond et dans son organisation afin de chercher à nous amener à une réflexion sur  cette relation entre diaconie/charité et tous les actes  que nous posons en tant que chrétiens dans notre pratique religieuse, notre prière… Nous vous proposons aussi cette année de ne pas vous retrouver dans un  groupe fixe mais  de choisir, suivant vos disponibilités, de rejoindre un groupe à des jours et des heures fixés afin de profiter de la diversité des témoignages.

 

Revenons aux textes que la liturgie nous propose en ce jour. Les récits des vocations d’Isaïe et de Simon nous disent aussi ce lien entre la foi et la charité et   nous montrent l’ancrage de cette tradition dans la Parole de Dieu.  

 

Isaïe, tout d’abord au cours d’une vision apocalyptique, constate et confesse sa petitesse et son indignité d’être en présence de Dieu mais Dieu, par l’intervention   d’un séraphin et de la braise prise sur l’autel, le purifie, lui enlève sa faute et lui pardonne son péché. Dieu peut alors entrer directement en relation avec lui et l’interpeller en lui proposant une mission : « qui sera notre messager ? » et Isaïe, libéré de toute crainte, peut répondre : « moi je serai la bouche de Dieu ».

 

Simon, le patron pécheur malheureux qui a peiné toute la nuit sans prendre le moindre poisson, remet en état son matériel de pêche avant d’aller prendre un repos réparateur. Il ne refuse pas, néanmoins, d’accueillir Jésus dans sa barque afin qu’il puisse enseigner à la foule nombreuse qui se presse au bord du lac. Il ne refuse pas non plus que Jésus prenne, en quelque sorte, possession de sa barque en s’y asseyant. Encore plus étonnant, lorsque Jésus a fini son enseignement, il accepte, sur un ordre de Jésus qui devient en quelque sorte le capitaine, de mettre le cap au large et de remettre les filets à la mer non sans lui dire que son équipe a travaillé  avec zèle toute la nuit mais sans résultat.

 

La vision du filet rempli de poissons jusqu’à rompre, entrainera chez Simon un effet analogue à celui de la vision d’Isaïe. Simon reconnaît sa petitesse et son indignité et cette reconnaissance de son état de pêcheur est marquée par l’évangéliste Luc qui  le nomme déjà Simon-Pierre. Simon a reconnu sa faiblesse et la grandeur de Dieu, Jésus a reconnu sa foi et  peut lui donner  sa mission de pêcheur d’hommes.

 

Isaïe le prophète, et Simon qui deviendra Pierre,  se sont rapprochés de Dieu qui leur a donné force, courage  et persévérance pour accomplir  leur mission auprès de leurs frères.

Nous pourrions dire que ces personnages sont hors du commun, des piliers de notre foi : Isaïe , un des plus grands prophètes, Pierre le chef de l’Eglise apôtre de Jésus depuis le 1er jour de son ministère. Saint Paul paraît un peu plus proche  de nous, lui  qui, comme nous, n’a pas  été un témoin oculaire ni un compagnon de Jésus de Nazareth sur les routes de Palestine. Il  se présente, dans sa lettre aux chrétiens de Corinthe, comme un relais, celui qui reçoit et qui transmet quelque chose qui ne lui appartient pas : le Christ est mort pour nos péchés, il est ressuscité le troisième jour conformément aux écritures (…).

 

Les Ecritures qui sont traduction du projet de Dieu pour sa création, nous aident à comprendre le mystère du Christ mort pour nos péchés et ressuscité des morts pour nous entraîner dans la vie éternelle. Paul  se dit aussi indigne de porter cette Bonne Nouvelle et même le plus indigne parce qu’il a persécuté l’Eglise de Dieu mais il est conscient que ce qu’il est devenu c’est uniquement par la grâce de Dieu et cette grâce  en surabondance l’amène à se dépenser sans compter et si cela n’est pas stérile c’est encore par la grâce de Dieu qu’il porte en lui.

 

Mercredi prochain, nous entrerons dans le temps de carême et nous recevrons les cendres. En recevant ce signe et les paroles qui l’accompagnent, que notre cœur soit dans les mêmes dispositions que celui de Simon aux côtés de Jésus dans la barque, découvrant la pêche miraculeuse.

 

 

Pierre Laurent, diacre

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