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MGR DI FALCO : UN QUATRIEME CAREME DE GUERRE EN SYRIE

  • PAROISSE DE MARTIGUES

 

Quatrième Carême en Syrie. Et quel Carême !

Dans sa chronique du 23 mars 2014, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri rend compte d'un message reçu tout droit de ce pays dévasté.

 

Bonjour,

 

À l’heure où les chrétiens sont dans le temps du carême, la situation en Syrie est bien loin de s’apaiser malgré le quasi silence des médias. L’Ukraine plus proche, plus européenne, a occulté le drame syrien.

 

Voici le témoignage que je viens de recevoir de ce pays dévasté :

 

« Un quatrième carême de guerre s’annonce dans la douleur et la violence. Genève II pour le moment n’arrange rien. De nouveaux réfugiés affluent sur nos paroisses dont les moyens caritatifs minimes sont dépassés. […]

 

- 150 000 familles privées du père laissées à la pauvre maman.

 

- Deux millions de logements détruits. Ce sont deux millions de familles sans toit, soit douze millions de réfugiés dont trois millions accueillis dans les pays voisins ; neuf millions sont des déplacés dans leur propre pays.

 

- deux millions d’élèves sans écoles.

 

[…] Quarante-sept églises fermées, deux prêtres et une religieuse martyrisés, deux évêques, trois prêtres et douze religieuses enlevés. Les chrétiens de Syrie partagent une même douleur avec leurs concitoyens.

 

Comment rassurer ce petit troupeau habité par la peur ? Comment ces chrétiens qui veillent avec tant de courage sur la flamme de l’Evangile allumée sur cette antique Terre biblique pourraient-ils tenir la route ? […]

 

Face au désespoir et ce bilan infernal, l’Eglise porte un regard d’Espérance.

 

De cet abîme de souffrance elle voit jaillir des points lumineux :

 

- Un mouvement d’entraide et de solidarité s’exprime spontanément, des familles pauvres ouvrent leur porte aux réfugiés démunis et partagent ensemble une vie de misère.

- Des initiatives de dialogue et de réconciliation entre antagonistes se font signaler de plus en plus.

- Religieux, religieuses et laïques animent des centres de soutien psychologique auprès des enfants et des jeunes traumatisés par la violence.

- Elaboration d’une pastorale familiale basée sur l’écoute et l’accompagnement. Sans famille pas d’Église. »

Ce témoignage se termine par une phrase de l’Évangile selon saint Marc « Heureux les artisans de paix… »

 

Malgré ce que certains disent, l’appel à la paix du pape n’est pas la seule action des chrétiens dans le processus de pacification des conflits.

 

Un prêtre ukrainien en a témoigné également depuis la place Maïdan : « […] l’Église, par toutes les manières possibles, essaye d’aider chaque partie de Maïdan. Par exemple, j’ai passé une nuit dans une église où il y a un petit hôpital et où beaucoup de manifestants se font soigner, comme des policiers qui viennent prendre un café ou un médicament. Voilà, elle est là la place de l’Église : aider, aider, aider et le dire à tout le monde, nous sommes ici pour combattre le mal mais pas le pécheur, c’est ça la grande lutte que nous devons mener. »

 

Alors, plus particulièrement pendant cette période de carême, portons dans notre cœur, et pour ceux qui ont la foi dans notre prière, nos frères syriens et ukrainiens, quelle que soit leur religion.

 

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri
Évêque de Gap et d’Embrun

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