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MGR DUFOUR : HYMNE A LA VIE

  • PAROISSE DE MARTIGUES

 

Christophe 

Demander à mourir est humain lorsque vient l’épreuve. Même le prophète Élie, ou encore le vieux Tobit ou la jeune Sara, ont demandé à mourir (1 Rois 19, 4 ; Tobie 3, 6 et 10.15). Quelle sera l’attitude digne lorsque monte le cri de douleur de celui qui est malade, en fin de vie ? Entre le suicide assisté et l’acharnement thérapeutique, quelle est l’attitude raisonnable ?

 

Éclairée par la foi, la réponse se résume ainsi : prendre soin de la vie.

 

La vie est toujours un don, un don d’amour. L’être humain n’est pas un animal, il est capable d’aimer, d’aimer comme Dieu. Mettre un enfant au monde est un acte d’amour. L’être humain naît de l’amour. Et si manque l’amour, l’être humain est blessé… à vie, d’une blessure souvent irréparable. « Il ne pourra jamais plus être donné, le temps que vous ne donnez pas à vos enfants » (Guy Gilbert). Et la souffrance est encore plus vive chez celui qui se sent mal aimé ou rejeté.

 

C’est toujours avec délicatesse que nous prendrons la parole dans le débat sur l’euthanasie – la maladie et la fin de vie génèrent tant de souffrance ! Mais nous le faisons avec une conviction qui nous vient de la Révélation biblique.

 

Cette conviction est celle-ci : « Tu ne tueras pas ».

 

Toute la confiance entre les humains repose sur ce précepte fondamental. Le croyant ajoutera qu’il en est ainsi car la vie appartient à Dieu. Et jusqu’au dernier souffle de vie, la personne peut entendre de Dieu cette parole : « Tu es mon enfant bien-aimé, en toi j’ai mis tout mon amour ». Tel est pour le chrétien le fondement de la dignité de tout être humain. Le oui à la vie est un non au meurtre qu’est l’euthanasie. Ce oui est aussi un non à l’acharnement thérapeutique ; lorsque l’heure de la mort est venue, il est possible de l’accompagner avec amour, en apaisant par les soins palliatifs la douleur du malade en fin de vie.

 

C’est toujours avec délicatesse aussi que nous prenons la parole dans le débat sur l’avortement. Tant de femmes se sont trouvées seules et désemparées devant la décision difficile de garder ou non l’enfant qu’elles portaient en leur sein. « Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés » dit le Christ. Et à la femme pécheresse : « Je ne te condamne pas ». Mais il est de notre devoir d’éclairer les consciences. L’avortement n’est pas un droit, il est une atteinte douloureuse à la vie d’un être humain à naître. L’avortement n’est pas un droit de la femme à disposer de son corps, parce que l’enfant n’est pas son corps. Et Dieu dit à l’enfant à naître : « En toi je mets tout mon amour ». C’est pour la vie.

 

Tout juste votées ou en préparation, des lois donneront le droit de tuer ; ceci est indigne et nous indigne !

 

En Christ, Dieu a donné sa vie, et à tout être humain sa dignité ; tuer, c’est porter atteinte à cette vie divine. Nous mettons notre espérance en l’hymne à la vie que nous inspire ce matin de Pâques où Jésus est ressuscité d’entre les morts : l’amour est plus fort que la mort.

 

+ Christophe Dufour
Archevêque d’Aix et Arles

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