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MGR DUFOUR : NOUS ALLONS BIENTOT ETRE GUERIS DE L'ACEDIE

  • PAROISSE DE MARTIGUES

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Homélie de Mgr Christophe Dufour

Messe chrismale – Lundi saint 14 avril 2014

Cathédrale St-Sauveur

 

 

Frères et sœurs, en cette semaine sainte, nous allons bientôt être guéris de l’acédie.

 

L’acédie est une tentation à laquelle sont exposés aujourd’hui les fidèles du Christ que nous sommes. Elle est une maladie ; elle est même un péché ; saint Jean Cassien, moine à Marseille au 5ème siècle, la mettait dans la liste des 7 péchés capitaux.

 

Le pape François la dénonce dans son exhortation apostolique. « Non à l’acédie égoïste » écrit-il. Non à l’acédie pastorale. Non à l’acédie paralysante. L’acédie est une sorte de paresse. Paresse spirituelle, paresse pastorale, paresse de la foi, de l’espérance et de la charité, paresse qui touche toute la vie chrétienne. Nous allons en être guéris. Guéris par la croix du Christ.

 

Diagnostic de l’acédie
 

Il y a certes bien des raisons à ce mal de l’acédie. Le climat d’inquiétude qui gagne notre vieille Europe et notre pays, en crise économique, morale et spirituelle. Une violence larvée dans les relations entre les personnes, au travail et jusque dans les familles. Epreuves de toutes sortes, et solitude dans l’épreuve. Fragilité des solidarités familiales, disparition des solidarités de quartier ou de village, menaces sur les solidarités assurées par l’Etat. Zapping. Difficulté de tenir un engagement dans la durée. Disparition d’un art de vivre. Désengagement pour le bien commun. Jouissance du temps présent… La tentation est forte du découragement, du repli sur soi, de la tristesse, « le grand risque du monde d’aujourd’hui » écrit le pape François (GE §2).
 

Qu’en est-il pour nous, chrétiens ? Tandis que nous sommes appelés à être témoins d’espérance, l’acédie du monde est contagieuse, le découragement nous prend, nous aussi, devant les difficultés de l’annonce de l’Evangile, l’hostilité, toujours manifeste, l’indifférence, aussi et surtout, comme si vivre sans Dieu était devenu la norme.
 

Voyons quelques symptômes de l’acédie chez le chrétien.
 

Les lamentations perpétuelles : tentation de se plaindre, il n’y a rien qui va, tout va mal… Les critiques, la médisance : tentation de dire du mal des autres, derrière leur dos. Parfois la calomnie, la complaisance dans les rumeurs qui tuent. Le découragement, la paresse, la fuite de l’engagement, le manque de goût pour l’action, ou au contraire fuite dans l’activisme. La tentation de vivre sa foi de façon privée, pour soi, sans s’occuper des autres. Ajoutons enfin un symptôme essentiel : le manque de pratique de la prière, le laisser aller de la vie spirituelle.

 

Mais nous avons les remèdes à l’acédie, et notamment celui que ne cesse de nous recommander le pape François : la joie. S’il dénonce l’acédie, sans mâcher ses mots, il propose aussi les remèdes pour en être guéri. Beaucoup ont commencé à travailler sa lettre dans laquelle il nous invite à la joie. Je fais le vœu que le plus grand nombre de chrétiens la lisent, en groupes, notamment dans le temps pascal.

 

Le remède à l’acédie, c’est de puiser la joie dans la foi de l’Eglise en la Résurrection du Christ. Aller jusqu’au bout de nos combats, de nos combats spirituels, aller jusqu’à la croix, dans la foi que le Christ nous entraîne toujours dans sa pâque avec lui. La Résurrection est le socle de notre foi chrétienne : « Si le Christ n’est pas ressuscité, notre foi est vaine ».

 

Avec le pape François, demandons à Marie cette grâce d’être ravivés dans la foi, jusqu’au pied de la Croix :
 

« Obtiens-nous une ardeur de ressuscités
pour porter à tous l’Evangile de la vie
qui triomphe de la mort ».

 

Pour résister à la tentation de l’acédie, le pape François nous offre la boussole de la joie.

 

1-La joie de rencontrer le Christ dans la prière. Prière personnelle et quotidienne. Prière en famille. Prière dans nos groupes et nos communautés. Du temps donné à Dieu, chaque jour. Dans les meilleures heures de la journée, sans que cela nuise à notre devoir d’état. Ne dites pas « Je n’ai pas le temps ». Que de bavardages inutiles et d’activités futiles, ou de temps passé sur les réseaux sociaux ! Si ce temps est pris sur le temps de l’oraison, c’est qu’il y a quelque chose qui ne va pas ! Je le dis particulièrement aux prêtres, mais je peux le dire aussi pour tout chrétien qui ne met pas la prière au cœur de chacune de ses journées. « La joie remplit le cœur et la vie de ceux qui rencontrent Jésus » (EG §1).

 

2-La joie de goûter et de faire goûter la Parole de Dieu : elle est la nourriture du disciple missionnaire. Elle apporte au chrétien la bonne santé de l’esprit, du cœur et du corps, elle lui procure la joie. Goûter la Parole de Dieu et la faire goûter. La semer à temps et à contre temps. Je rêve de grandes semailles de la Parole. Ces semailles doivent être la priorité des priorités de notre action pastorale et missionnaire.

 

3-La joie de se rassembler au nom du Christ Jésus. Se rassembler le dimanche, jour du Seigneur, jour de joie et jour de fête. Oui, faire du dimanche un jour de joie et de fête pour tous. Pour les familles, pour les personnes seules, pour les malades, pour les personnes dans l’épreuve. La Bonne Nouvelle annoncée aux pauvres. Pas de renouveau de notre Eglise sans un renouveau du dimanche. Je fais le vœu que les chrétiens inscrivent dans la société ce renouveau de la joie dominicale pour tous, un jour de vrai repos dans l’amour fraternel, un jour de fête de la famille de Dieu, ouvert à tous.

 

« Le Seigneur m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres et guérir ceux qui ont le cœur brisé ». Le Christ compte sur nous pour qu’aujourd’hui cette Parole s’accomplisse, que nous soyons ses témoins et ses disciples missionnaires. C’est la grâce que je demande avec vous en cette semaine sainte. Je la demande avec le pape François dans sa prière à Marie :

 

Vierge et Mère Marie,
Aide-nous à dire notre OUI
Dans l’urgence plus que jamais pressante
De faire retentir la Bonne Nouvelle de Jésus.

 

AMEN

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