MARCHER AVEC KARL RAHNER
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Marcher, cela fait partie des choses les plus quotidiennes de notre vie de tous les jours. On n'y pense que lorsqu'on ne peut plus le faire, lorsqu'on est enfermé entre quatre murs ou paralysé. Alors on découvre tout à coup que pouvoir marcher est une grâce et une merveille.
Nous ne sommes pas des plantes attachées à un milieu donné et bien déterminé, nous cherchons nous-mêmes notre propre milieu, nous le transformons, nous choisissons, et nous allons notre chemin. Nous vivons en cheminant, nous nous transformons nous-mêmes, nous cherchons comme des gens qui doivent encore arriver. Nous sentons bien que nous voulons être des voyageurs qui ont un but, et non des gens errant dans un vide absolu. Nous nous sentons encore libres de nos mouvements dans la dure fatalité, pourvu seulement qu'il nous soit permis d'aller à la rencontre de cette contrainte.
Nous parlons d'un cheminement de vie ; les premiers chrétiens furent appelés en effet « adeptes de la Voie » (Actes 9, 2). S'il est juste de dire que nous ne devons pas être seulement les auditeurs de la Parole, mais que nous devons aussi la mettre en pratique, l'Écriture nous dit également qu'il nous faut non seulement vivre dans l'Esprit, mais aussi marcher dans l'Esprit. (...)
Nous allons, et rien que par ce mouvement tout physiologique nous affirmons déjà qu'ici-bas nous n'avons aucune demeure permanente, que nous sommes en route, que nous ne sommes pas encore vraiment arrivés, que nous cherchons encore le but et que nous sommes véritablement des pèlerins, des voyageurs entre deux mondes, des hommes en transit, mus et se mouvant eux-mêmes, contrôlant le mouvement imposé et constatant que, dans le mouvement indiqué, on ne parvient pas toujours là où le chemin avait été tracé.
Extrait de 'Vivre et croire aujourd'hui' de Karl Rahner, Desclée De Brouwer



