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QUE LE CHRIST SOIT TOUJOURS AU MILIEU DE NOUS !

  • PAROISSES DE MARTIGUES ET PORT DE BOUC
QUE LE CHRIST SOIT TOUJOURS AU  MILIEU DE NOUS !

 

Homélie du 23ème dimanche : Ez 33, 7-9 ; Rm 13, 8-10 ; Mt 18, 15-20

 

Frères et sœurs bien-aimés, les trois lectures de ce dimanche nous conduisent vers une même réalité : la correction fraternelle. Le Seigneur dit à chacun de nous aujourd’hui : « Tu es un guetteur » qui n’a qu’une seule dette « l’amour mutuel » Nous ne pouvons pas vivre notre foi chrétienne en restant indifférents les uns aux autres. Etre chrétien, c’est prendre soin de soi-même, de son frère (sœur), de sa communauté. Etre chrétien, c’est vivre dans la vérité et prendre soin de la vérité. Demandons aujourd’hui la grâce de vivre la correction fraternelle dans le respect, la discrétion avec l’amour seul comme motivation.

 

Dans la première lecture, Dieu s’adresse au prophète Ezéchiel et à chacun d’entre nous : « Je fais de toi un guetteur pour la maison d’Israël. » Le guetteur est celui qui veille. Il regarde au loin et avertit lorsque le danger approche. Le guetteur ne le fait pas pour condamner ceux qu’il avertit. Il le fait pour sauver des vies. Cette parole nous concerne aujourd’hui. Dans une famille, dans un couple, dans une communauté paroissiale, nous sommes appelés à être des « guetteurs » les uns pour les autres.

 

Mais attention : être guetteur ne signifie pas être juge, encore moins être gendarme de la vie des autres. Le chrétien ne doit pas chercher les défauts de son frère (sœur) pour les raconter à tout le monde. Il est appelé à intervenir avec amour lorsque quelqu’un prend un mauvais chemin. C’est précisément ce que Jésus nous enseigne dans l'Evangile de Mt. Jésus nous dit : « Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. »

 

Remarquons bien : Jésus ne nous dit pas : « Va raconter ce qu’il a fait à tout le monde. » Il dit : « Va lui parler seul à seul. » C’est une parole de sagesse et de communion ! Combien de conflits dans nos familles, dans nos communautés et même dans nos paroisses commencent par une parole mal placée, une accusation, une rumeur, un message transmis à quelqu’un d’autre avant même d’avoir parlé à la personne concernée !


Nous avons parfois plus de facilité à parler sur quelqu’un qu’à parler avec quelqu’un. Jésus nous propose la voie du dialogue, de la vérité et de la réconciliation. Il ne s'agit pas de fermer les yeux sur le mal. L'amour chrétien n'est pas une complicité avec le mal. Mais lorsqu'il faut corriger quelqu'un, faisons-le avec respect, discrétion et charité.

 

Saint Paul dans la deuxième lecture nous donne la clé de compréhension de cette correction fraternelle : « N’ayez de dette envers personne, sauf celle de l’amour mutuel. » Voilà la seule dette que nous ne finirons jamais de payer : la dette de l’amour. Et saint Paul, l’Apôtre des nations, ajoute : « Celui qui aime les autres a pleinement accompli la Loi. » Aimer, ce n’est donc pas seulement avoir de bonnes paroles. Aimer, c’est vouloir le bien de l’autre. C’est avoir le courage de lui dire la vérité lorsque cela est nécessaire, mais de la lui dire avec amour. Aimer, c’est aussi savoir demander pardon. Aimer, c’est accepter de pardonner. Aimer, c’est refuser les divisions, les rancunes, les jalousies et les paroles qui détruisent.

 

Frères et sœurs, notre communauté paroissiale est composée de personnes différentes : différents âges, différents caractères, différentes histoires, différentes sensibilités, différentes cultures. Il est donc normal que nous ayons parfois des désaccords. Le problème n'est pas d'avoir des conflits ; le vrai problème est de ne pas savoir les résoudre chrétiennement.

 

Jésus nous donne aujourd’hui un chemin : parler directement à la personne, chercher des témoins si nécessaire, puis faire appel à la communauté. Tout cela a un seul objectif : « gagner son frère ». Remarquons bien cette expression de Jésus : il ne dit pas « écraser son frère », « humilier son frère » ou « avoir raison contre son frère ». Jésus nous dit : « gagner son frère ». Le but de la correction fraternelle n'est donc pas de gagner une dispute. Le but est de sauver une relation dans le Christ. Et Jésus termine par une parole extraordinaire : « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. »

 

Cela signifie que lorsque nous nous réunissons véritablement au nom du Christ, Jésus-Sauveur véritable est présent au milieu de nous. Il est présent lorsque nous prions ensemble, lorsque nous célébrons l’Eucharistie, mais aussi lorsque nous cherchons sincèrement à nous réconcilier.

 

Peut-être qu'en ce dimanche, quelqu'un pense à une personne avec laquelle il est en conflit. Peut-être y a-t-il dans notre famille une relation brisée. Peut-être y a-t-il dans notre communauté une blessure, une rancune ou un malentendu qui dure depuis longtemps. La Parole de Dieu nous invite aujourd'hui à faire un premier pas. Allons vers notre frère. Parlons-lui. Ecoutons-le. Demandons pardon si nous avons blessé. Pardonnons si nous avons été blessés. N'attendons pas toujours que l'autre fasse le premier pas. Frères et sœurs, le monde a besoin de chrétiens qui savent construire des ponts plutôt que des murs. Notre paroisse doit être un lieu où l'on apprend à se parler, à se pardonner et à se soutenir.

 

Demandons donc au Seigneur cette grâce : un cœur qui aime suffisamment pour avertir, une bouche qui sait parler avec douceur, une oreille qui sait écouter et un cœur qui sait pardonner. Que notre communauté puisse véritablement témoigner de cette parole de saint Paul : « L’amour ne fait rien de mal au prochain. » Et que le Christ soit toujours au milieu de nous, dans nos familles, dans notre paroisse et dans toutes nos relations. Amen.

 

Père Augustin Piesse MISENGA, Vicaire Martigues et Port de Bouc

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