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COMMENT AVEZ-VOUS VECU LA RENCONTRE AVEC ISON ?

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La comète Ison, visible à l'oeil nu le 15 novembre 

 

Comment avez-vous vécu la rencontre avec Ison ? Ison, vous savez, cette comète qui est passée très près du Soleil cette semaine…

 

Une comète, c’est une boule d’eau, de glace, d’oxygène, de poussière, qui existe depuis 4 milliards d’années… et qui a bougé il y a un million d’années et qui tombe dans le système solaire ces jours-ci…

 

Je suis ébahi par cette dimension « énorme », incommensurable de la grandeur de l’Univers, face à la petitesse des hommes.

 

Pour moi ce genre d'information m'interpelle, et me pousse à la réflexion sur les origines de notre univers notre destinée, sur l'immensité dans laquelle je nous invite à vivre. Cela me pousse aussi à la contemplation, la contemplation de quelque chose qui me dépasse, et quand même temps est accessible par mes sens : certes, cette comète que je vois passer fait quelques centimètres dans le ciel avec mes yeux, mais c’est déjà énorme alors qu'elle est à des millions de kilomètres de la Terre. 

 

La contemplation d'une telle comète, mais plus largement du ciel d’un soleil couchant, de beaux paysages de montagne, d'une plage paradisiaque… ces éléments de la création que nous pouvons contempler, nous mettent en relation avec quelque chose qui nous dépasse, quelque chose qui nous pousse à aller plus loin que le visible.

 

Je m'explique : si vous allez sur la colline de la Miséricorde pour regarder le soleil couchant, vous allez voir le soleil et à travers le soleil tout un tas d'émotions, de sentiments, de réflexions, de questions, vont monter en vous, votre tête, dans votre esprit, et peut-être même parfois dans votre corps tant l'émotion est grande.

 

La spécificité de l’être humain, fait à la ressemblance de Dieu est d’être capable de voir l'invisible à travers le visible. Et c’est ce que nous vivons d'ailleurs à chaque célébration de sacrement. À chaque célébration, nous écoutons la parole de Dieu, une parole écrite il y a des siècles qui nous met en relation avec quelque chose qui nous rejoint, nous, dans notre vie d'aujourd'hui. Dans la célébration d’un sacrement, il y a aussi les signes visibles de l’eau, le pain, le vin etc. Et ces signes nous disent quelque chose d'invisible de bien plus grand : à travers le signal faible du pain et du vin, nous voyons, nous contemplons, nous recevons le corps et le sang du Christ.

 

Le temps de l’Avent, vous le savez parce que on vous le redit à longueur de temps de l’Avent d'année en année, c'est un temps pour veiller. C'est un temps pour ouvrir nos yeux à l'invisible, à ce qui est grand et qui est caché dans le petit. C’est un temps pour découvrir, pour redécouvrir, ce mystère de la vie, ce mystère de notre vie, ce mystère du très grand et du très petit. Le très grand, l’amour immense de Dieu, incommensurable ; le très petit, cet enfant porteur d’une promesse de vie. Le très grand, le Dieu tout puissant, qui s’abaisse jusque dans le tout petit signe de l’Hostie. Le très grand, le Dieu trois fois Saint, qui habite mon petit cœur depuis mon baptême et qui m’ouvre ainsi un horizon infini. Comme le disait un prêtre suisse, le P. Maurice Zundel, « il y a en moi plus que moi » !

 

Dans l’Evangile d’aujourd’hui, le Christ parle d’un événement venu du ciel, dans le passé. Et Jésus nous parle aussi de sa venue dans la gloire… Le passé d’un côté, le futur de l’autre. Et si on regarde les autres lectures, on constate que la première lecture est au futur, la deuxième lecture au présent et que le psaume est dans un présent dynamique « allons à la rencontre du Seigneur ».

 

Je parlais à l’instant de l’immensité du monde, de Dieu, dans laquelle il nous est parfois difficile de nous situer… mais nous avons aussi des difficultés à nous situer dans le temps, par rapport au futur, au présent et au passé. Parfois le passé prend trop de place, a trop de poids ; parfois au contraire le passé est enfoui (les désirs secrets de notre cœur, les histoires heureuses et malheureuses vécues dans notre enfance et notre début de vie adulte).

 

Parfois aussi le présent, notre vie quotidienne, nous semble une longue course après le temps, où les activités s’enchainent les unes après les autres… Parfois encore le futur, nous pétrifie car il ne semble rien pouvoir nous donner, parfois le futur nous impressionne car nous savons que nous aurons telle ou telle décision, tel ou tel choix, tel ou tel engagement à prendre, et nous ne nous sentons pas en capacité de le faire.

 

La réponse de Dieu face à nos angoisses liées au temps, c’est de nous donner différents temps dans l’année pour mieux vivre les différents temps de notre vie. Le temps du Carême, une marche au désert qui rejoint nos propres traversées du désert ; le temps de Pâques, qui rejoint nos temps de grâce, de croissance, de vigueur, et les embellit de la clarté pascale ; le temps ordinaire, figure de la présence quotidienne du Christ dans nos vies, comme il a été présent secrètement trente années à Nazareth.

 

Le temps de l’Avent, qui commence ce soir, nous ouvre à l’immensité de Dieu, cette immensité d’amour, de miséricorde, de force, de pardon, de joie, de paix, qui vient rejoindre ce qu’il y a d’immense dans nos cœurs : nos désirs, nos tristesses, nos regrets, nos espérances, nos joies. Tout ce qui illumine nos vies, comme tout ce qui les obscurcit, tout cela Dieu vient le recouvrir de sa présence : une présence qui apaise, une présence qui réchauffe, une présence qui éclaire, une présence qui ouvre des avenirs, qui console des passés, qui assiste des présents.

 

Dieu veut se rendre présent dans nos vies, soyons ouverts à cette grande nouvelle : « Voici, je viens », nous dit-il. Il vient dans notre monde, il vient dans nos vies, il vient dans cette eucharistie, le « tout grand » dans la toute petite hostie. Il vient combler les désirs de nos cœurs, non pas de manière furtive, comme une comète dans le ciel, mais par une étoile, fixe, lumineuse, stable, l’étoile de Noël.

 

Thomas Poussier

 

 

Les images de la NASA : ISON autour du soleil le 28 novembre 

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