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DIEU A CREE LES HOMMES PAR AMOUR

  • PAROISSE DE MARTIGUES
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Deux moments vécus dans les jours qui ont précédés cette fête de Noël.

 

Tout d’abord un moment vécu au catéchisme mercredi dernier : tandis qu’elles étaient en train de peindre le vitrail qui se trouve maintenant dans l’église de Jonquières, deux filles faisaient en même temps (!) des essais pour faire le grand écart… ce n’est pas facile, et je ne vais pas vous faire une démonstration ce matin !

 

L’autre moment vécu, c’est une réflexion entendue à propos de Dieu, de la création. La personne qui me parlait me disait qu’elle avait cherché dans le Catéchisme de l’Eglise pourquoi Dieu avait créé les hommes, et la réponse qu’elle avait trouvé était : par amour. Dieu a créé les hommes par amour… et cette personne me disait qu’il ne lui était pas facile pour elle de croire cela, non pas que ce soit faux, mais parce que c’est radical !

 

Dieu a créé les hommes par amour et c’est tout, sans rien attendre en retour, pas même un sourire, pas même une prière, par amour, point. Sinon, cela voudrait dire qu’il n’est pas tout puissant, cela voudrait dire qu’il lui manque quelque chose.

 

Dieu se suffisait à lui-même, mais il a voulu nous créer pour que nous puissions vivre et être avec Lui… mais comme le cœur de l’homme a des difficultés à croire que Dieu ait pu faire cela, l’homme a cherché à se sauver lui-même, à se suffire à lui-même. Mais c’est vain, l’homme ne peut se sauver lui-même, il lui faut un sauveur, il lui faut un Dieu qui, comme dit Thérèse de Lisieux « un Dieu qui prenne ma nature, [un Dieu] qui devienne mon frère ».

 

Pour que l’homme vive de son amour, Dieu s’est fait homme, il a fait le grand écart, il a fait se rejoindre ce qui aurait pu rester à jamais séparé, mais prenant tous les risques, il fit le grand écart entre sa nature divine de Créateur et notre nature humaine de créature.

 

En cette fête de Noël nous célébrons cette naissance de l’Homme Dieu, 100% homme, 100% Dieu. En Jésus se fait l’harmonie entre tout ce qui s’oppose a priori : le très haut se fait très bas, la parole se fait chair, l’inconnu se fait connu, l’éternel entre dans le temps des hommes. Dans le corps de l’Homme-Dieu repose tout l’Amour de Dieu, toute sa joie, toute sa paix. Comme le dit saint Paul, le « Christ est notre paix », il est source de paix.

 

Là où fleurit la paix dans le monde, là est Dieu ; là où il n’y a pas encore la paix dans le monde, là Dieu est appelé à demeurer, à déployer sa force d’amour, de miséricorde et de paix. La gloire de Dieu, c’est que les hommes aient la paix, qu’ils aient sa paix en abondance. Dieu s’est fait chair, il a fait le grand écart entre sa toute puissance et la toute faiblesse d’un bébé pour nous donner sa paix, pour qu’elle nous soit accessible. Et cela, Dieu le fait sans attendre en retour notre amour…

 

Bien sûr qu’il le désire, bien sûr qu’il attend d’être pris dans nos bras, mais même s’il n’est pas accueilli, sa lumière demeure, les ténèbres ne l’arrêtent pas. Dieu nous donne la vie gratuitement, et nous recevons, comme dit saint Jean, « grâce après grâce ». Pure gratuité, si difficile à accueillir.

 

Dans nos vies, il faut bien l’avouer, nous aimons nous donner, nous donner aux autres, nous donner à Dieu, mais souvent nous attendons de la reconnaissance, de l’amour, de l’attention en réponse. Notre cœur, avouons-le, et lent à aimer sans attendre en retour, tous les hommes attendent de la reconnaissance, tous, que l’on se donne à son épouse, à son époux, à notre Dieu, tous nous attendons de la reconnaissance. Et cela nous fait parfois souffrir de voir que le don que nous faisons, qui est parfois le centre de notre vie, n’est pas accueilli, comme n’a pas été accueilli à sa vraie mesure le don de l’amour de Dieu.

 

Notre amour n’est pas parfait, il attend reconnaissance… mais plutôt que de s’en désoler, que de renoncer à aimer ou à se donner, Dieu, par son entière gratuité, nous pousse à nous donner encore plus, mais peut-être d’abord en débordant nous-mêmes de reconnaissance envers les autres. N’attendons pas seulement que cela vienne de l’extérieur, menons aussi notre vie dans la reconnaissance, sortons de la timidité, des convenances…

 

Réapprenons, ou apprenons, à dire merci, à rendre grâce. La fête de Noël est la fête de la grâce, cette grâce qui vient du Ciel pour rejoindre notre vie et l’élever… pas sans nous, mais avec nous. La grâce divine ne détruit pas la nature humaine, elle l’élève et l’exalte.

 

Comme le dit saint Augustin, en regardant l’enfant Jésus, « cherche où est le mérite, où est le motif, où est la justice, et vois si tu découvres autre chose que la grâce. » La grâce s’est faite chair, elle a habité parmi nous, pour que nos vies soient actions de grâce, pour nous, pour les autres, pour que nous resplendissions de sa gloire, de sa pleine lumière.

 

Dans quelques instants nous rendrons grâce pour le don de la vie, pour le sacrifice d’action de grâce offert par le Christ pour nous et pour la multitude.

 

Recevons entre nos mains la grâce de Dieu en plénitude, accueillons l’enfant-Dieu, plein de grâce et de vérité.

 

Thomas Poussier 

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