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DIEU NOUS INVITE A FAIRE DE NOS FAMILLES DES LIEUX DE RESPLENDISSEMENT DE LA LUMIERE DE L'AMOUR ET DE LA FOI

  • PAROISSE DE MARTIGUES
  • HOMELIES

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 Le Titien et Sebastiano del Piombo, Sainte Famille autour de saint Jean-Baptiste enfant et Marie Madeleine. Galerie des Offices, Florence, Italie.

 

 

 

Au début de l’Avent je vous parlais de la comète Ison qui était passée très près de la Terre. Ce matin je voudrais parler avec vous d’une exolune. Une exolune, c’est une lune, comme la notre, qui tourne autour d’une exoplanète. Cette exolune a été découverte il y a peu de temps, et cela a été très difficile de le faire, car elle se trouve à 1500 années lumières de la Terre… autrement dit, au bout de l’univers.

  

Pourquoi est-ce que je vous parle de cela ? Parce qu’on peut très facilement, en fêtant la Sainte Famille, s’imaginer que nous, nous nous dépêtrons dans les soucis quotidiens, dans les difficultés et les tracas familiaux et que très très loin au-dessus, inatteignables, se trouvent Jésus, Marie et Joseph, la Sainte Famille, modèle inaccessible de sainteté… et donc au fond fêter la Sainte Famille ce serait un peu inutile.

  

Certes, la Sainte Famille peut sembler un modèle inatteignable, avec une mère qui est Immaculée Conception, un enfant qui est Dieu, un père dont la discrétion est impressionnante… mais c’est un vrai modèle pour nous dans la manière dans laquelle les relations sont vécues dans cette famille.

  

Ce qui est marquant dans la Sainte Famille, c'est la qualité des relations entre les différentes personnes, c'est la confiance mutuelle, presque incroyable, entre Marie, Jésus et Joseph. Confiance que Joseph fait à Marie, d'accueillir chez lui cette femme enceinte de manière miraculeuse, confiance que Marie fait à Joseph, en le reconnaissant capable d'élever l'enfant-Dieu qu'elle porte. Confiance que Jésus fait à Marie et à Joseph en les choisissant comme parents, en se mettant à leur école, humblement, comme un petit enfant.

  

D'où vient la confiance de Marie et de Joseph ? Cette confiance vient de l'ange du Seigneur, de Dieu, qui à l’un comme à l'autre leur dit : « ne craignez pas ». Marie a fait confiance à Dieu, et elle a enfanté de l'Esprit Saint. Joseph a fait confiance à Dieu, et Joseph a trouvé la lumière dans la difficulté qu’il vivait. Et dans l’Evangile que nous venons d’entendre, Marie et Joseph vont faire une nouvelle fois confiance à Dieu en partant en terre inconnue, et vivre la prime jeunesse de Jésus en Egypte…

  

La confiance en Dieu c’est la foi, et la foi aide à discerner ce qui doit être fait pour faire vivre au mieux une famille. C’est cela l’exemple que nous donne la Sainte Famille, c’est en cela que nous pouvons nous mettre à l’école de Marie, Joseph et Jésus. Interpeller Dieu sur les choix quotidiens : sur l’éducation des enfants, sur le travail, sur les engagements associatifs, sur l’argent, lors des situations difficiles rencontrées par nos familles… en tout cela Dieu peut nous aider à discerner ce qui est le mieux pour nous. Bien sûr, cette confiance en Dieu n’est pas une obéissance aveugle, c’est une discussion avec lui, comme toute prière, c’est se laisser éclairer par un autre que soi, par un autre que le couple… un peu d’ailleurs comme lorsque l’on éduque un enfant : on le conseille, on l’avertit, on essaye de le guider, mais toujours en préservant sa liberté, en la faisant grandir.

  

Je suis depuis quelques mois membre d’une Equipe Notre Dame, qui est un groupe de couples mariés qui cherchent à vivre leur mariage comme une « aventure de sainteté », selon les mots du Père Caffarel. Ce ne sont pas des couples parfaits, ni des couples qui savent tout et pour qui tout est simple, ce sont des couples qui prennent du temps pour vivre leur couple, pour vivre leur rôle de parents, posément, sous le regard de Dieu.  Et cette méthode de prière, de discernement, ils cherchent à en vivre.

  

N’hésitez pas à vous asseoir quelques minutes (chez vous, dans une église, dans un lieu calme) et à questionner Dieu sur telle ou telle question qui vous taraude, sur tel ou tel dilemme qui se pose à vous, même ce qui vous semble trop concret, trop « bassement matériel » : par exemple, faut-il accepter tel travail qui d’un côté me rapportera plus, mais de l’autre m’obligera à faire plus d’heures… N’hésitez pas à confier telle ou telle intention de prière, rien que d’exprimer intérieurement nos questions, nos soucis, cela est déjà le début d’un chemin.

 

Et je réponds à des objections que peut être vous faites :

 

1. Il n’y a pas d’âge pour s’y mettre (du plus jeune au plus âgé) !

 

2. Cela n’empêche pas, bien au contraire, les discussions au sein de la famille, avec son conjoint, avec ses enfants ou petits-enfants.

 

3. Cette démarche de prière peut infuser petit à petit toute votre vie familiale, car cela aide à vivre ce que saint Paul proposait dans sa lettre : « Revêtez votre cœur de tendresse et de bonté, d'humilité, de douceur, de patience. Supportez-vous mutuellement, et pardonnez si vous avez des reproches à vous faire. Agissez comme le Seigneur : il vous a pardonné, faites de même. Par-dessus tout cela, qu'il y ait l'amour »

 

4. Rien de ce que nous vivons n’est négligeable pour Dieu, nous pouvons tout lui présenter, même ce qui nous semble le plus trivial ; si cela fait partie de notre vie, alors cela intéresse Dieu et Dieu peut nous aider à discerner, car c’est cela la force et l’amour de Dieu, nous aider à grandir sous son regard bienveillant de Père.

 

5. Oui, ce n’est pas facile, ce n’est pas évident, ce n’est pas synonyme de réussite ou de résultats immédiats ou spectaculaires. Mais c’est sur ce chemin que Dieu nous attend.

 

Un dernier mot. Il pourrait être tentant, face aux menaces que doivent affronter les familles actuellement en France de vouloir se recroqueviller sur nous-mêmes.  Nous connaissons tous ces menaces : incitations commerciales à l’infidélité, remise en cause grave et fondamentale des liens de filiation et des origines de la vie d’un enfant, menaces fiscales contre les personnes se dévouant à leur familles, etc. Tout cela nous le porterons dans la prière universelle, nous le déposerons sur l’autel de Dieu pour qu’il vienne prendre nos prières et les élever vers lui.

 

L'Évangile, et tout particulièrement en ce temps de Noël, est un message radical de l'espérance, nous rappelant que rien est vain dans nos vies, que rien de ce qui peut nous toucher nous, nos proches, notre famille, rien de tout cela n'est indifférent à Dieu, et que face au mal, Dieu trace toujours un chemin, un passage, une voie d'espérance.

 

Dieu nous invite à faire de nos familles des lieux de resplendissement de la lumière de la foi et de la lumière de l’amour, afin que le monde croit qu’il est aimé de Dieu.

 

Thomas Poussier

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