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L'HOMME NE VIT PAS SEULEMENT DE PAIN....

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Désert 4

 

L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute Parole venant de la bouche de Dieu.

 

Une nouvelle fois, nous allons vivre un pèlerinage de quarante jours, pour rejoindre la Pâque du CHRIST, ou plutôt pour nous laisser rejoindre par elle.

 

Avant de raconter l’activité et l’enseignement de Jésus, les évangélistes veulent nous faire comprendre de qui il s’agit. Jésus n’est pas un personnage de l’histoire entre beaucoup d’autres ; on ne va pas évoquer une séquence de l’histoire entre des centaines d’autres. On va parler de quelqu’un qui est absolument unique et d’un événement qui va tellement bouleverser l’histoire  que désormais, on dira : ‘ Avant Jésus – Christ ‘  et ‘ Après Jésus – Christ ‘.

 

Nous sommes toutes et tous invités à vivre au sein du peuple des Baptisés.

 

Que faisons-nous, vers quoi, vers qui cheminons-nous ?

 

Pour prendre conscience de ces réalités, l’Eglise nous situe Au Désert, car dans la Bible le désert est le lieu où se révèle  ce qu’il y a dans le cœur de l’homme et ce qu’il y a dans le cœur de Dieu.

Quand il est démuni, livré à la soif et à la solitude l’homme éprouve une grande pauvreté, non seulement celle de son corps, mais aussi celle de son cœur avide d’amour et pourtant enclin à se détourner de Dieu et des autres.

 

Aujourd’hui donc, l’Eglise nous situe au Désert, et sans doute parmi nous il en est qui traversent des déserts pour nous y faire rencontrer le Christ. C’est Lui qui va guider nos pas et nous rappelle notre vocation de fille et fils de Dieu, en remettant sous nos yeux les trois épreuves qu’il a traversées et qui ressemble bien aux grandes tentations auxquelles, nous aussi, nous sommes soumis.

 

Jésus vient de recevoir l’Esprit – Saint  lors de son Baptême par Jean-Baptiste et voici qu’une voix s’est faite  entendre : ‘ Tu es mon Fils, celui en qui j’ai mis tout mon amour ‘ Cette scène placée au début des Evangiles, ouvre la mission de Jésus.

 

Que fait – il alors ? Elabore-t-il un programme avec des partisans pour mettre en place immédiatement le Règne de Dieu ?

 

NON. Il se laisse conduire au désert par l’Esprit ! 

 

Là, après quarante jours de jeûne,  Jésus connaît la faim, le dénuement, la solitude. Le tentateur choisit ce moment de faiblesse pour lui suggérer de faire appel à ses pouvoirs afin d’accomplir sa mission : séduire les foules par des miracles, transformer les pierres en pain, installer au temple une religion triomphale, conquérir des nations par la force, ceci uniquement par qu’il est le fils de Dieu, par la séduction, la force.

 

Jésus ne cède pas à cette sollicitation. Au contraire, il se recueille, il se nourrit de la Parole de Dieu.

Alors que tout le pousse à agir, il refuse de se conduire en conquérant : lui le fils de Dieu sera SERVITEUR. Le salut de ses frères il ne le réalisera pas sans eux. Pour l’effectuer, il n’empruntera pas  les voies rapides et terribles de la violence, mais les chemins patients et difficiles de la conversion des cœurs.

 

 

Nous sommes, frères et sœurs, nous aussi aux prises des séductions qui nous fascinent,  de l’argent dont nous pensons qu’il peut assouvir immédiatement tous nos désirs. La religion, elle-même peut être pour nous une occasion de leurre, soit que nous attendions d’elle un espace protégé des rumeurs du monde, soit qu’elle devienne prétexte à une intolérance qui exclut ceux qui pensent ou croient autrement que nous.

 

Pour résister à ces grandes tentations, le CARÊME nous est offert.

 

C’est un temps où, avec le Christ, nous retournons aux sources, sans nous éloigner de notre vie quotidienne. Aujourd’hui, dans le monde où nous vivons, ce temps est plus que jamais nécessaire, pour que le silence et la prière affinent  notre écoute de Dieu et nous redonnent le goût de l’essentiel.

Il ne s’agira pas d’abord de faire des choses, mais d’essayer d’être, d’exister, à l’éclairage de l’Evangile, ce qui, sans doute, nous amènera à reconnaître ce qui trop souvent nous distrait de l’essentiel, ou ce qui comble artificiellement un vide intérieur.

Il sera, sans doute, question de privations, de jeune, mais que ce soit pour alléger notre marche et pour épurer nos modes de vies, bien entendu si notre existence est aisée.    

Ne nous engonçons pas dans un confort qui risque d’étouffer notre vie spirituelle.

Oui, s’il est des privations volontaires, qu’elles soient au bénéfice de l’écoute et du partage.

Ouvrons nos oreilles, nos yeux, nos mains !

 

Qui suis-je ? Qu’est-ce qui me fait vivre ? Seigneur, qu’attends-tu de moi ? Qu’attendent mes frères ?

 

Du temps et du silence sont nécessaires pour recueillir ces questions, pour guetter la réponse comme des veilleurs.

 

Quarante jours, voilà le temps qui nous est donné de vivre, qui va trouver sa raison d’être et son aboutissement dans la Pâque du Christ Ressuscité !  

 

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