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MEDITATION : LA PORTE DE LA FOI

  • PAROISSE DE MARTIGUES
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Ceux qui ne sont jamais entrés dans l’église de la Madeleine ne savent pas ce qu’ils manquent. Ils présentent bien des raisons pour ne pas pousser la porte de l’église : cela ne les intéresse pas ; l’architecture et les œuvres témoignent de légendes, de croyances qui sont ridicules ; un athéisme qui ne veut pas se compromettre ; une révolte contre Dieu pour tel deuil ou événement vécu ; ou tout simplement ne pas trouver la porte d’entrée ! Ceux qui y entrent découvrent un espace qui les surprend, et qui suscite souvent leur admiration.

 

Il en est ainsi pour la porte de la foi. Il est des croyances qui m’empêchent de pousser cette porte : ce n’est pas pour moi pour telle raison ; ce serait être infidèle à ma tradition familiale ; je pense que cette porte n’ouvre que sur un cagibi ; je n’ai jamais imaginé que je pouvais pousser cette porte… Nicolas, 18 ans, et Ozébia, 57 ans, l’ont poussé en cette fête de Pâques, comme beaucoup d’autres en France. Souvent, la rencontre de quelqu’un suscite le désir de pousser cette porte ; ce peut être aussi le décès d’un grand-père ou d’une grand-mère cher au cœur et dont la foi était désirable ; ce peut être une maladie qui m’amène à réfléchir sur ma vie… Ils ont professé leur foi et ont été plongés dans l’eau du baptême, et en sont ressortis membres à part entière du Christ. Ils ont poussé la porte de la foi et ont participé au banquet de l’Eucharistie, au banquet de la vie.

 

Je continue la comparaison avec l’entrée dans l’église : en poussant la porte de la foi, ils pénètrent dans un espace beaucoup plus grand et beau qu’ils ne l’imaginent. Il leur reste à le découvrir, et, comme pour l’église, cela ne peut se faire qu’en y passant du temps, en écoutant Dieu, en le priant, en le rencontrant dans les sacrements et les autres.

 

Il en est ainsi pour la vie. Il est des croyances qui empêchent de pousser la porte de la vie. Par exemple, il arrive assez fréquemment que des adolescents croient qu’ils sont nuls parce que quelqu’un - un parent, un adulte, un camarade - le leur a dit et qu’ils y ont cru. Dans ce cas, vingt personnes peuvent leur dire tout le bien qu’elles pensent d’eux, elles n’arriveront pas à les faire changer d’avis car la croyance qu’ils sont nuls est ancrée en eux. Cela les enferme et les empêche de vivre à plein. Or à partir du moment où une personne digne de foi leur a dit du bien d’eux, ils ont la possibilité et la liberté de le croire. Cette décision seule, qui n’est pas de l’ordre de la preuve mais de la confiance en une parole, leur permet de pousser cette porte de croire en leur propre valeur, et de fermer la porte de la croyance en leur propre nullité. Cette porte leur ouvre la porte de la vie.

 

La foi est aussi la porte de la vie. Le Christ Jésus est venu jusque dans nos tombeaux pour nous les ouvrir sur la vie, et la vie en plénitude jusque dans l’éternité. Laissons éclater notre joie !

 

Benoît DELABRE, curé

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