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MEDITATION : OSER CROIRE EN JESUS

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Arcabas Noces de Cana

  Arcabas, Les Noces de Cana

 

« Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui ».

 

Il fallait oser, il fallait oser croire en Jésus comme on croit en Dieu. Les disciples qui étaient là autour de lui à Cana l’ont fait. Ils ont vu sa gloire dans le miracle de l’eau changée en vin, et ils crurent en lui.

 

Cette déclaration de foi peut nous déconcerter, on peut se dire que l’on aimerait bien croire aussi facilement qu’eux, on peut se dire aussi : « pour eux c’était facile de croire, il était là avec eux »… Mais ce serait oublier d’une part que tous n’ont pas cru en Jésus même en le voyant dans le blanc des yeux, et qu’il nous a dit « Je suis avec vous tous les jours ». Il est avec nous. Le Seigneur est avec nous. Il est là, et nous appelle à le suivre, à croire en Lui qui est Père, Fils et Saint Esprit. Le Seigneur nous invite à contempler sa gloire dans nos vies et à croire en lui. Sa gloire ne se manifeste pas par des miracles spectaculaires, mais elle est bien à l’œuvre dans le monde. Dieu nous invite à croire à cette promesse de vie jaillissante comme le vin nouveau a jailli des cuves à Cana.

 

Croire. Croire en Dieu. « Croire en Dieu ce n’est pas adhérer à un certain nombre de propositions sur Dieu. La traduction précise serait « croire en allant vers Dieu », « en faisant un avec lui ». « Nous sommes fidèles à Dieu comme à la personne bien-aimée ». (Timothy Radcliffe)

 

Un prêtre anglican compare la récitation du Credo aux promesses du mariage : « François, voulez-vous prendre pour épouse légitime Valérie ici présente ? » « Valérie, croyez-vous en Dieu le Père tout puissant, créateur du Ciel et de la terre ? » La structure de ces deux déclarations est la même.

 

Nous nous attachons à Dieu pour le meilleur et pour le pire, dans la richesse et la pauvreté, dans la santé ou la maladie, jusqu’à ce que la mort nous réunisse. Quand nous disons le Credo, nous renouvelons nos promesses de mariage à Dieu.

 

Peu importe si la tête du curé ou de son vicaire ne nous revient pas, peu importe si les chants à la messe sont trop vieux ou trop modernes, peu importe qu’il n’y ait pas d’encens ou qu’au contraire il y en ait tellement qu’on se croirait sur les bords de la Tamise… par le baptême nous sommes engagés avec le Christ, et au fond, rien d’autre n’est important.

 

Qui nous séparera de l’amour du Christ ?  Rien. Rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus. Mais ce qui est évident du côté de Dieu ne l’est pas forcément pour nous… Si Lui reste fidèle, nous il nous arrive d’être infidèles. C’est pour cela que nous lui disons le Credo comme une déclaration d’amour, parce que cela manifeste notre attachement, et parce que cela nous remet dans la ligne choisie au jour de notre baptême… un engagement à la vie, à la mort !

 

J’ai appris récemment l’histoire de saint Pierre de Vérone, qui a été le premier martyr dominicain, le premier de cet ordre religieux à donner sa vie par amour, par fidélité au Christ son Seigneur. Il combattait les cathares qui ne reconnaissaient pas Dieu l’Unique et on dit de lui qu’au moment de mourir il a écrit avec son sang dans le sable : « Je crois en un seul Dieu ». ça c’est une déclaration d’amour !

 

Alors bien sûr nous ne sommes pas en pays cathare au XIIIème siècle, nous sommes à Martigues au XXIème… mais nous sommes invités à la même fidélité à notre Dieu, nous sommes invités à Lui redire notre foi et à témoigner de Lui là où nous sommes ; dans nos écoles, nos collèges, lycées, dans nos maisons, à notre travail, à Auchan, sur la plage… Partout ! « Allez par toute la terre ! » N’en déplaise aux laïcards, Jésus n’a pas dit, allez partout, mais surtout que votre foi soit discrète et reste cantonnée à votre maison ! Jésus a dit : « par toute la Terre ! » Nous sommes baptisés, témoins que Dieu a mis en nous, au jour de notre baptême la foi, l’espérance et la charité, témoins que la vie est plus forte que la mort, témoins que l’amour triomphe toujours du mal, témoins que la joie de Dieu nous est donnée, témoins qu’avec l’eau simple de notre vie Dieu peut faire le meilleur des vins.

 

Des temps du Christ jusqu’à aujourd’hui encore, il est des tas de charlatans qui promettent de lire l’avenir dans les mains, dans les étoiles… comme si notre vie était limitée et dirigée par une sorte de gros destin implacable et parfois cruel.

 

La bonne Nouvelle du Christ, c’est celle qu’il manifeste aujourd’hui à Cana, celle qu’il redit aujourd’hui à Martigues en donnant son Corps et son Sang pour que nous en recevions la vie. Cette Bonne nouvelle du Christ, c’est que ni les étoiles, ni les lignes de notre main, rien ne dicte notre vie. Il y a toujours de l’inattendu qui peut surgir ; Dieu ne laisse pas notre eau croupir. Si nous lui demandons, Il viendra faire fleurir sa vie en abondance, en surabondance. Alors bien sûr cela implique de l’humilité, cela nous demande de nous adresser avec Notre Père en vérité et de Lui dire : « tu sais, Père, je n’ai plus de vin en ce moment dans ma vie, je cherche ta joie, je souhaite que mes enfants, mon mari, ma femme Te connaissent et vivent de Toi, j’ai tant besoin que tel projet se réalise… »

 

Pour que Dieu vienne faire des merveilles dans notre vie, encore faut-il que nous Lui adressions nos demandes, non pas comme un donnant-donnant (Dieu nous donne telle chose parce que nous avons été sages et que nous avons bien prié tous les soirs pendant 15 jours), mais parce que la prière simple et fidèle va d’abord ouvrir notre cœur à l’amour de Dieu et va ensuite nous rendre capables d’accueillir ce qu’Il nous donne. Si nous ne Lui présentons pas nos mains vides, comment voulez-vous qu’Il les remplisse à ras bord comme les cuves de Cana ?

 

A chaque messe nous recevons ce don du Corps du Christ, qui est bien plus que tout ce que nous apportons dans la procession des offrandes. La mesure de l’amour de Dieu, c’est la démesure ! La messe est la prière par excellence, car elle nous invite à marcher humblement vers le Christ, à le recevoir, et ensuite d’en vivre jour après jour jusqu’au dimanche suivant.

 

Que le Corps et le Sang de Jésus Christ que nous allons recevoir maintenant nous donnent la force de dire : « Nous avons vu Sa gloire, nous croyons en Lui et nous en sommes témoins » !

 

Père Thomas Poussier

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