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MEDITATION POUR LE DIMANCHE DE 'GAUDETE'

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« Frères, soyez dans la joie, priez sans relâche. »
(1 Th 5, 16)

 

Homélie du 3ème dimanche de l’Avent 11décembre 2011: Is61,1-2a;10-11 ; Magnificat; 1Th5,16-24;  Jn1,6-8 ;19-28.

 

Nous célébrons aujourd’hui  le troisième dimanche de l’Avent, dimanche dit de « Gaudete », du « réjouissez-vous », milieu du  temps de l’Avent. 

 

C’est à nouveau le visage de Jean le Baptiste, en perspective avec le prophète Isaïe, qui nous est proposé dans les textes de ce jour.

 

Jean-Baptiste est le symbole, la figure du temps de l’Avent. Il est le  don du Seigneur à un couple stérile de personnes âgées, le descendant d’une famille sacerdotale, son père est prêtre au temple de Jérusalem, sa mère appartient à la tribu d’Aaron. Son plan de vie paraît  tout tracé et son avenir devrait se couler naturellement dans la tradition de son peuple mais, à sa naissance, ses parents le nomment Jean (le Seigneur fait grâce), comme l’avait demandé le Seigneur,   et non Zacharie comme le voudrait la tradition.

 

Jean est bien un homme de Dieu mais, au lieu de se mettre au service du temple, il  tourne le dos à Jérusalem pour aller au désert puis  s’installe au-delà du Jourdain dans un lieu nommé Béthanie de Transjordanie sur une terre étrangère où il baptise d’un baptême de purification.

 

Jean-Baptiste est celui qui nous invite à sortir de notre quotidien, à élaguer nos habitudes, à nous questionner sur nos modes de vie. Il n’a pas une vie facile, aux vues de nos critères actuels, mais il attire. Il n’est pas la lumière, dit notre texte, mais il témoigne de cette lumière, il est une lampe qui porte la lumière. Son discours n’a rien de diplomatique mais il porte en lui un témoignage si fort qu’il peut affronter le questionnement des envoyés du Sanhédrin  en toute vérité : « je ne suis pas le Messie », je suis la voix qui crie la Bonne Nouvelle,  je ne suis pas la Parole mais la voix de cette Parole.

 

Jean-Baptiste ne veut exister que par référence à celui qu’il annonce, il oriente ceux qui viennent à  lui vers la lumière, vers le Messie. Il n’est pas porteur de la vérité mais dirige les cœurs vers la vérité, sa force et sa joie sont de reconnaître et de nommer.

 

 Et nous, comment vivons-nous ce temps de l’Avent, sommes-nous prêts aujourd’hui à nous réjouir ? Sommes-nous à l’image de celui qui attend son train sur le quai d’une gare en usant le temps et en espérant qu’il n’y ait ni retard, ni grève,  ou à celle d’une femme qui attend un enfant et qui recherche la meilleure hygiène de vie, qui est prête à se priver pour la santé de son bébé et  qui reste rayonnante et active malgré la fatigue engendrée par la grossesse ?

 

Nous souhaitons, bien sûr, être dans l’état d’esprit de celle qui donne la vie  mais nous réjouissons-nous vraiment de cette venue de Jésus Christ ? Non pas de la commémoration de sa  naissance mais de cette foi qui  nous amène à croire que, depuis cette naissance, notre vie est totalement transformée parce que le royaume de Dieu  vient et que nous serons un jour face à face avec ce Dieu auquel nous croyons.

 

Notre vie de chaque jour et les nouvelles du monde  nous apportent beaucoup d’événements qui peuvent éteindre notre joie, mais les Thessaloniciens, auxquels Paul écrivait  avaient-ils une vie facile,  persécutés pour leur foi, contraints de se cacher ?  Paul lui-même n’avait pu rester avec eux que quelques semaines pour leur annoncer la Bonne Nouvelle avant de se faire chasser et pourtant il leur demandait de se réjouir. Marie en visite chez sa cousine disait  le  Magnificat alors qu’enceinte et seulement promise en mariage, elle  risquait  la mort par lapidation. Les juifs, dans le texte d’Isaïe, de retour d’exil à Babylone, retrouvaient une Jérusalem bien loin de leurs rêves.  

 

Comment demeurer dans cette joie inaltérable, garder cette force intacte ?

 

Comme toujours nous pouvons puiser dans l’Ecriture. Paul nous dit : « priez sans relâche, rendez grâce en toutes circonstances, n’éteignez pas l’Esprit, discernez la valeur de toute chose. Et Isaïe complète en nous  livrant les paroles que  Jésus lui-même prononcera  à la synagogue de Nazareth pour annoncer en sa personne l’avènement du royaume de Dieu.

 

01"L'esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m'a consacré par l'onction. Il m'a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres, guérir ceux qui ont le cœur brisé, annoncer aux prisonniers la délivrance et aux captifs la liberté,  annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur." 

Un dicton  dit : « C’est le but du voyage qui dicte la route », nous avons à être vigilants, à veiller pour ne pas perdre de vue ce but, cette promesse faite par Dieu lui-même.

 

Notre foi est quotidiennement soutenue par le Magnificat de Marie qui nous dit, dans l’exaltation de son âme, que Dieu est toujours fidèle à sa promesse, il l’accomplira. Elle nous dit aussi que Dieu nous appelle à avoir une prédilection pour les petits et les pauvres et  que la foi  ouvre à la charité et à l’espérance et donne la joie dans l’action de grâce pour l’œuvre de Dieu.

 

Je conclurai en vous proposant de méditer ce passage extrait du livre « Jean-Baptiste, témoin de l’Agneau » du père Jean Danielou :

 

« Son témoignage nous enseigne ce qu’est le témoignage, ce que doit être notre témoignage. Il nous fait comprendre que c’est dans la mesure où notre foi est totale, intelligence, volonté et personne comprises que notre parole a un poids… Tout se ramène donc à la foi. C’est dans la mesure où nous vivons dans l’univers de la foi que nous éveillons les autres à l’univers de la foi. Des êtres imparfaits, pleins de défauts, mais qui vivent de la foi, peuvent éveiller à la foi. » 

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