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MEDITATION SUR L'EAU VIVE

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 Jésus et la Samaritaine Etienne Parrocel

 

Homélie du 3ème dimanche de carême 1er scrutin, 12 mars 2012: Ex 17,3-7 ; Ps 94 ;1Ro 1-2. 5-8;  Jn 4, 5-42.

 

 Avec ce troisième dimanche du temps de carême, nous abordons le temps des scrutins qui préparent les catéchumènes  au baptême. Cette démarche se déroule sur trois dimanches durant lesquels nous entendons 3 textes tirés de l’Evangiles de Jean, il s’agit des passages  de la Samaritaine, de l’aveugle né et de la résurrection de Lazare.

 

Cette année à Martigues, nous avons Marie Dali qui se prépare, avec 30 autres catéchumènes du diocèse, à recevoir le baptême dans  la nuit de Pâques.

 

Ces  scrutins destinés aux catéchumènes,  aident  aussi toute notre communauté  à cheminer   vers la célébration de Pâques où nous serons invités à renouveler notre profession baptismale.

 

Les scrutins ont un double but : ils font apparaître ce que nous avons de bon et de bien dans le cœur pour l’affermir et ce qu’il y a de faible et de mauvais pour le guérir, le convertir. Ils amènent à une connaissance plus intime du Christ qui est pour nous le chemin, la vérité et la vie.

 

Dans le texte de l’Exode, les Hébreux sortis d’Egypte mènent une vie de nomades, allant de point d’eau en point d’eau dans le désert du Sinaï et arrivent à Réphidim mais le puits est à sec. Le manque d’eau dans le désert est synonyme de mort et les hébreux doutent, ils doutent de Dieu en se retournant contre Moïse : Dieu n’est-il pas capable de nous trouver de l’eau ou plus grave encore nous  a-t-il fait sortir d’Egypte pour nous faire périr dans le désert, nous étions esclaves mais vivants, nous sommes libres mais morts.

 

La suspicion vis-à-vis de Dieu est le poison par excellence parce qu’il ferme  toute issue, même Dieu dans ce cas-là ne peut plus rien pour nous, il ne peut plus nous atteindre, c’est ce que nous exprimons dans la prière que Jésus nous a laissée lorsque nous disons : « ne nous laisses pas succomber à la tentation ».

 

La tentation est celle  que notre psaume évoque « aujourd’hui ne fermez votre cœur comme au désert (comme à Massa et Mériba) » mais « Convertissez-vous et croyez que la nouvelle est bonne. »  Par l’intercession de Moïse,  Dieu donne satisfaction à son peuple mutiné en faisant couler l’eau du rocher, en apaisant leur soif instantanée mais aussi en  signifiant sa présence à leurs côtés.

 

L’eau du rocher de l’Horeb nous amène tout naturellement au puits de la Samaritaine, il est midi, la sixième heure, heure à laquelle Jésus est crucifié. Jésus fatigué arrive à Sikar  (Sichem), haut lieu sacré pour le peuple hébreux avant que Jérusalem n’existe.  Jésus s’assoit tout contre la source de Jacob, la source de celui qui a été le père d’Israël, celui à qui Dieu à changé le nom de Jacob en celui d’Israël. Jésus ne vient pas pour abolir mais pour accomplir.

 

Cette région et ses habitants sont, au temps de Jésus, plus à fuir  que les nations païennes. Pourtant une Samaritaine se présente au puits avec sa cruche  et Jésus, dans une totale liberté, l’interpelle : « donne-moi à boire ». La samaritaine s’étonne de cette interpellation mais ne fuit pas, la curiosité s’installe chez elle,  elle accepte un échange qui  n’engage pas sa personne : «  tu n’as rien pour puiser, es-tu plus grand que notre père Jacob ? » Mais Jésus, tel le sourcier, lui fait découvrir avec délicatesse le désir d’eau vive qu’elle porte en elle et cela l’oblige à un regard réaliste sur sa vie, en lui laissant  aussi entrevoir que rien n’est fini, ni définitivement raté, ni sans retour possible.

 

Cette femme peut alors entrer dans une relation en vérité et peut entendre le « je Suis » de Jésus et étant porteuse  d’eau vive  elle-même, oublier sa cruche et devenir apôtre.

 

C’est elle la catéchiste modèle qui donne soif  à ses compatriotes samaritains par ces simples mots « venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ».

 

Les samaritains vont alors à Jésus et peuvent dire « ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit que nous croyons maintenant, nous l’avons entendu par nous-mêmes et nous savons que c’est vraiment lui le sauveur du monde ».   

 

Saint Paul dans l’extrait de l’épitre aux Romains que nous avons entendue fait une sorte de  synthèse, sous une forme trinitaire, des autres textes :

 

le Père fait de nous des justes,

le Fils nous établit dans la grâce,

l’Esprit remplit nos cœurs de l’amour de Dieu.

 

C’est un don qu’il nous faut accueillir, la grâce est gratuite et inconditionnelle (Christ est mort pour des coupables alors que nous étions encore pêcheurs).

 

Nous pouvons alors dire cette phrase du   Notre Père dans un souffle nouveau : « que ta volonté soit faite » car elle ne peut être que bonne.

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