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MEDITATION SUR LA CROIX

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Christ Ferrieres

 

 

« Moi, le Christ, je te reçois, toi, l’humanité, comme épouse et je te promets de te rester fidèle, dans le bonheur et dans les épreuves, dans la santé et dans la maladie, pour t’aimer tous les jours de ma vie. »

 

Sur la Croix, le Christ accomplit la promesse d’alliance éternelle faite par Dieu aux hommes, et c’est pourquoi nous célébrons aujourd’hui les noces du Christ avec l’humanité.

 

La Passion et la mort du Christ ont eu lieu il y a deux mille ans, mais le mystère de la Croix continue de traverser notre monde. Aujourd’hui encore, le mystère du Mal traverse notre monde, et même si nous savons que Dieu a vaincu la mort sur la Croix, et par là même ouvert un chemin de vie, nous sommes encore sous le choc du mal reçu, du mal subi, du mal commis. Face à ce mal, Dieu vient renouveler sa promesse.

 

La promesse de Dieu, de toute éternité, a été de vivre avec nous. Le projet de Dieu, c’est la convivialité : vivre ensemble. « Il n’est pas bon que l’homme soit seul », disait-il dans le livre de la Genèse. Et malgré la séparation entrainée par l’apparition du mal dans le cœur de l’homme, Dieu n’a pas dévié de sa voie. Il a toujours voulu que les hommes puissent vivre avec Lui, qu’ils soient en alliance avec Lui. Pour cela, Il est même allé jusqu’à se faire l’un de nous. Il s’est anéanti, et est allé jusqu’à nous rejoindre dans la mort.

 

Lorsqu’il remet l’esprit, dans son dernier souffle, le Christ dit son "oui" aux hommes, et redit son "oui" à Dieu. Sur la Croix, le Christ porte l’humanité vers Dieu, afin que, par la Croix, les hommes puissent atteindre Dieu. « Qui touche la croix touche le mystère de Dieu », nous dit Benoît XVI. Et le geste de vénération de la Croix, que nous allons faire dans quelques instants, n’est pas un geste anodin, c’est presque comme le baiser d’un bien-aimé à sa bien aimée. Malgré ce qu’elle a de repoussant et de douloureux, la Croix est signe de l’alliance tissée avec Dieu, cette alliance que rien ne pourra détruire, parce qu’elle a été scellée dans le sang. En vénérant la Croix, nous venons redire notre "oui" en réponse à l’amour du Christ, nous venons redire notre volonté de vivre avec lui pour toujours.

 

La Passion et la mort du Christ sont un véritable mariage, le mariage du Christ et des hommes, ce mariage a été célébrée il y a deux mille ans, mais il ne cesse de s’accomplir, en unissant à Dieu tous les hommes qui, librement, souhaitent vivre de cette union humano-divine. Tout mariage est exigeant, toute union dans l’alliance est appelée à se vivre dans la fidélité, et pour vivre dans cette fidélité à Dieu, nous sommes appelés à imiter le Christ, lui « qui avait aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’à la fin ». C’est bien parce qu’il y a eu un fidélité parfaite du Christ que de la Croix a pu naître un arbre nouveau, qui donne les fruits de la vie éternelle. La fidélité est source de fécondité. Ainsi, par sa fidélité, le Christ vient non seulement unir les hommes à son Père, mais aussi renouveler notre nature pécheresse et la transfigurer par la Résurrection. A partir du bois de la Croix, ce bois dur et rêche de l’humanité, Jésus va faire un signe victorieux, un signe lumineux, un signe de sa victoire, le cierge pascal, nouvel arbre de la vie.

 

Nous allons vénérer le bois de la Croix, mais nous allons aussi venir communier au Corps du Christ, ce corps qu’Il a donné pour nous. Ce pain de la vie, c’est le pain de l’alliance, un pain fait avec des grains de blé broyés comme a été broyé le corps du Christ lors de sa Passion. En montrant le Corps du Christ, le prêtre nous dira « Voici l’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, heureux êtes vous d’être invités aux Noces de l’Agneau ».

 

Dans le mariage, il y a un don réciproque qui s’opère, et aujourd’hui nous sommes invités à renouveler notre envie de nous donner au Christ, à lui répondre "oui". Le corps eucharistique du Christ est comme le corps du Christ en croix : simple, nu, fragile, offert. En nous avançant et en disant "Amen", nous marquons notre désir de nous unir à lui, dans une étreinte mystique, de vivre l’alliance, le mariage avec Dieu. Sur la Croix, le Christ dit aux hommes « je vous reçois et je me donne à vous », et lorsque nous venons communier, lui disons : « Je ne suis pas digne de te recevoir, mais je te reçois, et je me donne à toi ».

 

La réponse faite dans cette célébration nous ouvre à la réponse que nous sommes invités à faire à Dieu dans toute notre vie. Dieu nous invite à Lui offrir nos vies en "sacrifice vivant", c’est-à-dire à vivre l’union à Lui dans tout ce que nous faisons, afin de goûter avec toujours plus d’appétit aux fruits de l’arbre de la Croix.

 

Aujourd’hui, en vénérant sa Croix et en communiant à son Corps, redisons-lui : « Moi, je te reçois, toi, Jésus, comme époux et je te promets de te rester fidèle, dans le bonheur et dans les épreuves, dans la santé et dans la maladie, pour t’aimer tous les jours de ma vie. » Amen

 

 

 

 

Thomas Poussier

Homélie de l'Office de la Passion

 

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