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MEDITATION SUR LA PARABOLE DES TALENTS

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Lors de la fête de la Toussaint, j’ai eu l'occasion d'aller à la salle de présentation au centre funéraire municipal, ce lieu où l'on expose les différentes urnes, les différentes plaques de marbre et les différents cercueils pouvant être choisis.

 

 

J'ai été surpris de trouver à cet endroit-là, un cercueil éco-responsable… Sur le coup, je me suis dit, c’est un truc de hippies, de gens qui divinisent la planète Terre (surtout ne laisser aucune "empreinte carbone", aucune trace de notre passage sur terre). On viendrait du néant pour repartir au néant… puis, une fois cette première impression passée, en lisant l’Evangile de ce dimanche, ce qui m’a sauté aux yeux, c’est qu’il y était question, là aussi, de responsabilité.

 

 

Dans notre société, il ne se passe pas un jour sans qu’on  entende parler de responsabilité : lorsqu'un pays de la zone euro va mal, il est fortement invité à prendre ses responsabilités ; lorsqu’un enfant cause du désordre dans son école, les parents doivent prendre leurs responsabilités de parents, et d'ailleurs en chaque début d'année on demande aux parents de contracter une assurance de responsabilité civile… et notre Evangile du jour nous rappelle qu’après notre mort il nous faudra être responsable, devant notre Dieu !

 

 

Être responsable, c'est avoir du répondant, c’est être capable de répondre. Un homme responsable est un homme qui fait face aux événements (bons ou mauvais) et qui y répond.

 

 

Dans notre parabole, lorsqu'il part en voyage, l'homme riche confie sa fortune à des serviteurs, et à son retour, il leur demande de répondre de leur gestion. Évidemment, ce qui nous apparaît en premier lieu, c’est la sévérité du maître à l’égard de son troisième serviteur. Non seulement dimanche dernier l’époux fermait la porte sur les vierges insouciantes, mais en plus cette semaine, le maître rejette son serviteur, « là où il y a des pleurs et des grincements de dents… » Deux paraboles déroutantes, deux situations graves et surtout deux occasions de nous interpeller sur l’identité de Dieu, et sur notre rapport à Lui.

 

 

On peut être choqué ou dérouté par ces paraboles, mais, nous ne pouvons en rester à cette stupéfaction ou à ce rejet. La Parole de Dieu nous invite à avancer plus profondément dans le mystère de Dieu, et pas seulement de rester à la surface. Nous sommes invités par le Christ à comprendre tout d’abord le début de la parabole, pour ensuite en saisir la fin.

 

 

Car, ce qui est premier dans ce texte, c’est le don ! Le maître a confié sa fortune, Dieu nous a confié des biens. Le cœur de notre parabole, c’est le don de Dieu, ce don qui est toujours premier. « Ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, c’est Lui qui nous a aimé le premier (1 Jn 4, 10) ». Et chaque homme est invité à répondre du don reçu, comme les serviteurs ont été invités à répondre des talents confiés par leur maître.

 

 

« L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné » nous dit saint Paul. Que faisons-nous de ce don de l’Esprit Saint ? Faisons-nous fructifier ce don de l’Esprit reçu au jour de notre baptême ? Est-ce que nous déployons notre foi, notre espérance et notre charité ? Mettons-nous en œuvre dans notre vie les dons multiples que Dieu a mis en nous et autour de nous ? Est-ce que nous sommes des chrétiens et des chrétiennes responsables, capables de répondre à Dieu de notre gestion ?

 

 

Vous allez me dire, ça y est, il se met à nous faire la morale…et bien oui ! Parce que la morale, dans son sens premier, c’est une action, et une action en réponse au don de Dieu. Dieu nous donne la foi, et c’est parce que nous croyons, parce que nous sommes chrétiens, que nous agissons.

 

 

La vie morale, c’est la réponse de l’homme à Dieu, et comme le disait le Bx Jean-Paul II, c’est une « réponse d’amour ». Dieu propose son amour, et l’homme en dispose… on peut comprendre alors qu’il soit ensuite question d’exigence, parce qu’on ne peut gaspiller en vain la grâce reçue de Dieu.

 

 

Le problème du troisième serviteur de la parabole, ce n’est pas qu’il n’ait pas placé son argent, c’est qu’il ne se soit pas rappelé que l’argent confié lui était confié. Il a cru qu’il pouvait le garder pour lui alors qu’il devait l’exposer, l’utiliser, l’exploiter pour le rendre à son maître. Il a manqué de confiance dans le don reçu. C’est comme un homme qui a reçu de Dieu la foi, mais qui laisse cette foi morte. C’est, d’une autre manière ce que nous dit cette béatitude « Heureux ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui la mettent en pratique ! » (Lc 11, 28). Il ne suffit pas d’accueillir la Parole de Dieu, il s’agit de la mettre en pratique ! On pourra faire toutes les réunions de partage de la Parole que l’on veut, si nous la laissons en repos, si nous la mettons sous le boisseau, nous tuons la Parole, nous la rendons stérile. Dieu peut faire fleurir sa grâce dans toutes les situations humaines, y compris les plus désespérées, pour autant que nous lui laissions une brèche pour y faire pénétrer sa grâce.

 

 

Alors, aujourd’hui, dans cette eucharistie, demandons à Dieu de nous aider à faire fructifier sa grâce afin que nous portions du fruit, et un fruit qui demeure. Devenons ce que nous sommes, « des fils de la lumière, des fils du jour (…) Ne restons pas endormis comme les autres, mais soyons vigilants et restons sobres. »

 

Thomas Poussier

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