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MEDITATION SUR LA SAMARITAINE

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  Homélie à l'occasion du premier scrutin des Catéchumènes

Ozébia-Marie et Nicolas

 

‘ Donne-moi à boire ‘

 

Jésus fatigué par la route qu’il venait de prendre, s’assit au bord d’un puits. N’oublions pas qu’il est vrai Dieu et vrai homme. C’est dans notre condition que Jésus nous rejoint en vérité.

 

Arrive une femme pour puiser de l’eau. Jésus s’adresse à elle. Elle est très étonnée. Comment se fait-il qu’un Galiléen adresse la parole à une Samaritaine ? Cela  explique l’étonnement de la femme et plus tard de ses disciples. L’attitude de Jésus refusant délibérément toute ségrégation, malgré les interdits religieux, au lieu de la dédaigner  lui propose un geste de communion : il lui adresse la parole et veut boire de son eau.

 

Jésus n’exige rien, il est en attente. Il ne se situe pas au niveau religieux où nous avons tendance, peut-être,  à le situer iniquement.. Il dit simplement : dans la journée, semblable à tant d’autres journées, accepte-moi, fais-moi une place  en me donnant accès à cet eau que tu viens chercher pour toi et ta famille.

 

Il est extraordinaire ce bouleversement par rapport à nos représentations de Dieu ! Jésus annonce à la Samaritaine : ‘ Rien ne peut te séparer de Dieu qui te cherche. Il te rejoint là où tu vis, là où tu cherches à aimer, là où tu peines, là où l’espérance semble te fuir.’

 

Vous voici les catéchumènes et chacune et chacun de la communauté chrétienne, nous voici dans les mêmes conditions que la Samaritaine.

 

Croyons-nous vraiment à ce message qu’exprime l’attitude de Jésus ?

‘ Si tu savais le don de Dieu, si tu connaissais celui qui te dit : Donne-moi à boire,, c’est toi qui lui aurait demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive ‘

 

Pour comprendre cette offre du Christ, pensons, par contraste à notre société engorgée dans la consommation. Pensons à la recherche effrénée de l’avoir et du pouvoir que donne l’argent, au mépris des pauvres, tandis que les possédants ne savent même plus pourquoi ils existent et  s’efforcent d’oublier ceux qu’ils sont, c’est-à-dire, simplement des êtres humains avec leurs qualités et leurs défauts. Beaucoup trop de personnes ont perdu le goût de la vie intérieure, qu’évoquent les paroles de Jésus.

 

L’attitude et les affirmations de Jésus rejoignent et éveillent en elle ce qu’il y a de plus profond. Elle perçoit alors le caractère superficiel de son existence antérieure en quête d’un amour stable. Elle  pressent que ce  don de Dieu de l’eau vive lui est destiné., don de Dieu reçu en ESPRIT et en VERITE.

 

En ESPRIT ne veut pas dire ‘ de façon immatérielle ‘ : la vie en ESPRIT  est la vie que le Baptême nous communique, elle est la vie des fils et des filles de Dieu à laquelle nous sommes invités à naître en suivant le Christ.

 

En VERITE signifie conformément  à la révélation du CHRIST qui est placée, non sous le signe du mensonge, mais sous le signe de la justice et de l’amour.

 

Telle est la vie de l’Esprit, révélée par Jésus à la samaritaine.

 

A ce moment, pour cette femme, tout change : elle se sent reconnue, authentiquement aimée.

 

Curieusement,  avant de partir la femme abandonna sa cruche. Ce détail n’est pas anodin, il va nous aider à retenir le message de ce dimanche.

Bien sûr, la samaritaine reviendra chercher de l’eau à la fontaine, mais maintenant une eau vive coule en elle. Elle ne se perçoit plus seulement comme une femme destinée à remplir son existence avec les réalités quotidiennes ou les tourments de son cœur, elle se découvre aimée de Dieu, appelée à l’écouter, à en vivre et à l’annoncer. Elle croyait tenir sa vie de l’eau qu’elle puisait.

 

Elle découvre que sa vie vient de celui -  là même qui est la source de toute vie et de tout amour.

 

C’est ainsi, pour le moment, elle laisse sa cruche, non seulement pour rendre sa course plus légère, mais parce que l’essentiel  n’est plus là

Pour vous catéchumènes, pour nous chrétiens et chrétiennes, il en est de même

 

Pour vous, pour nous, pour accueillir le Don de Dieu, saurons-nous, comme la samaritaine, nous débarrasser de ce qui nous obstrue et dessèche nos racines, de ce qui nous distrait de l’essentiel ?

 

Le Carême est un temps favorable pour oser cela.

 

Nous qui cherchons l’eau vive, nous nous demandons : ‘ Dieu est-il au milieu de nous ?  ‘

 

Frères et sœurs, catéchumènes, frères et sœurs, baptisés en Jésus-Christ, prenons conscience que Dieu est au plus profond de nous-mêmes. Il attend patiemment au bord de notre puits : il attend que nous nous ouvrions à lui, pour qu’en jaillisse une source d’eau vive.

 

Si nous savions le Don de Dieu ! 

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