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MEDITATION SUR LE TEMPS DE NOEL

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Nativité, Les très riches heures du duc de Berry
 
 
Dieu, personne ne l'a jamais vu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, c'est lui qui a conduit à le connaître. Sa lumière a brillé dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée.

 

Après ce long temps de l’Avent, nous contemplons maintenant la lumière véritable qui a brillé dans les ténèbres. Durant ce temps de l'Avent, nous avons préparé patiemment nos cœurs et nos vies à accueillir Dieu lui-même, Dieu en personne, Dieu fait chair. Nous avons crié chaque jour : « Viens seigneur Jésus, je t'attends ! », Et nous découvrons maintenant dans la crèche ce Dieu qui nous ressemble et qui crie à tous les hommes : « Je vous attends ! ».
 
Nous étions dans l’attente, mais nous découvrons que c’est lui qui nous attendait le premier.

 

Dieu nous crie « Je t'attends », Dieu se met à notre portée, Dieu se fait petit avec les petits, pauvres avec les pauvres, exclus avec les exclus. « Il n'y avait pas de place pour eux dans la salle commune ». Dans l'exclusion, la pauvreté, et la faiblesse sous toutes ses formes, il y a, en plus de la souffrance directe, la solitude dans l’épreuve. Cette sensation, et parfois cette réalité d’une solitude, sont habitées par l’idée qu’on ne peut être rejoint au cœur de ce qui nous fait souffrit. Parfois la vie est si dure qu’on pense que personne ne peut nous rejoindre dans notre souffrance. Nous serions des intouchables.

 

Je ne suis pas psychologue, mais le fait que le film le plus en 2011 soit un film appelé "Les intouchables", ce n'est pas anodin. "Intouchable" : il y a dans cette expression comme un condensé de toutes les détresses du monde, et peut être la pire de toutes, la solitude.
 
Intouchable : bien sûr, ce terme fait d’abord penser à ces habitants de l’Inde enfermés dans une caste qui les exclut de la société ; mais le terme "intouchable", nous parfois nous  l'employer pour nous-mêmes : « je suis si profondément dans les problèmes dans la solitude dans les angoisses que personne ne pourra venir me toucher ou me tendre la main ».
 
A cette souffrance, Dieu ne répond pas par de beaux discours, ou plutôt si, il répond par le plus beau des discours, par la plus belles des Nouvelles, par la Bonne Nouvelle, par le Verbe fait chair ! Au cœur de nos cœurs, Dieu vient placer sa Vie, sa Lumière, sa présence.
 
En ce temps de Noël le ciel s'ouvre pour nous annoncer une grande joie : « Aujourd'hui vous est né un sauveur » !

 

Alors que nous étions encore intouchables, alors même que nos vies ne débordent pas de joie, de vie, d’amour, Dieu vient de rejoindre pour toucher nos cœurs, nos âmes, nos esprits, il vient se faire à l’un de nous, parmi nous.

 

C'est ce que nous disons dans une des prières eucharistiques en nous tournant vers le Père : « alors que l'homme avait perdu ton amitié en se détournant de toi, tu ne l’as pas abandonné au pouvoir de la mort. Dans ta miséricorde, tu es venu en aide à tous les hommes pour qu'ils te cherchent et puissent trouver. Tu es tellement aimé le monde, Père très saint, que tu nous a envoyé ton propre Fils, lorsque les temps furent accomplis, pour qu'il soit notre Sauveur. Il a vécu notre condition d'homme en toute chose, excepté le péché, annonçant aux pauvres la bonne nouvelle du salut ; aux captifs, la délivrance ; aux affligés, la joie ».

 

Et, juste avant cette prière, nous chantons que « par le Christ s'accomplit en ce jour l'échange merveilleux où nous sommes régénérés : lorsque ton fils prend la condition de l'homme, la nature humaine en reçoit une incomparable noblesse ; il devient tellement l'un de nous que nous devenons éternels»
En se faisant le plus petit des hommes, Dieu élève l'homme à une condition élevée. En prenant chair de notre chair, Dieu remet l'homme au sommet de la création.
   
Ne nous y trompons pas, nous avons suivi une étoile dans la nuit de Noël, mais la vraie lumière c'est le Christ Jésus ; et depuis son Incarnation, la lumière véritable brille dans le cœur des hommes. Comme le disait saint Léon le Grand, un Père de l’Eglise, « il y a dans l’âme de chaque fidèle plus que ce que l’on admire au firmament ».
   
La lumière de Christ brille dans le cœur des hommes, il brûle le cœur des hommes qui veulent bien être brûlés de son amour, mais il respecte notre nature humaine, il la guérit et il l’exalte. L'incarnation du fils de Dieu est un admirable échange entre ce que Dieu nous offre, son incomparable splendeur, et ce qu'il reçoit de nous notre action de grâces pour son immense gloire.
   
Le Christ vient sublimer la nature de l'homme, et c'est parce qu'il vient en l'homme, lui qui est la paix, lui qui est la vie, lui qui est l'amour, que la paix, la vie, et l'amour peuvent régner durablement dans nos vies. Aucun nuage, aucune bourrasque, aucune tempête, ne pourra éteindre la lumière que Jésus-Christ a mis dans nos cœurs.
   
Rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ. 
 
Thomas Poussier
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