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MEDITATION SUR MARIE-MADELEINE

  • PAROISSE DE MARTIGUES
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Le 22 juillet, nous fêtons un des saints patrons de la ville de Martigues, en fait, il s’agit d’une sainte patronne, Marie Madeleine, personnage bien connu en terre provençale.

 

Dans l’Eglise latine romaine, le nom de Marie de Magdala synthétise en fait trois personnages de l’Evangile : Marie Madeleine,  Marie de Béthanie, la sœur de Marthe et Lazare et la pécheresse qui fait irruption lors d’un repas chez Simon le pharisien.  Ce que fut sa vie, après sa rencontre avec le Christ ressuscité,  ne fait  pas l’objet d’un consensus, une tradition ancienne place son tombeau à Ephèse, des traditions plus tardives (XIIème) mais aussi plus familières aux provençaux, racontent sa venue à Vézelay, aux Saintes Marie la mer, à la sainte Baume, à Saint Maximin et à sainte Croix de Martigues.

 

Ce qui est certain par contre, c’est que  Marie Madeleine est présente dans les quatre Evangiles et implicitement ou explicitement citée comme faisant partie des premiers témoins à avoir vu le tombeau vide.

 

Le parcours de Marie Madeleine se présente comme  un   chemin catéchuménal.

 

Ce chemin est balisé par les textes de ce jour : tout d’abord le Cantique des cantiques  dont notre passage se termine par :

 

« J'ai trouvé celui que mon cœur aime. Je l'ai saisi, je ne le lâcherai pas. ».

 

La deuxième épître de Paul aux Corinthiens qui affirme :

 

« Le Christ est mort pour tous, afin que les vivants n'aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes, mais sur lui, qui est mort et ressuscité pour eux. » 

 

La vie de Marie Madeleine est  un témoignage vivant de ces textes avec la découverte de Jésus, de son pardon, de sa Parole, avec le partage de sa vie sur les routes, avec la présence au pied de la croix puis au tombeau au jour de la résurrection.

 

Marie Madeleine avait fait de Jésus son maître, un peu aussi son idole et elle l’a suivi   jusqu’au bout.  Et même après sa mort, elle se rend auprès de la sépulture, auprès du corps de son Seigneur, dès que la  loi qui lui vient de ses pères l’y autorise.

 

Elle part de grand matin le dimanche et lorsqu ‘elle ne trouve pas le corps de Jésus dans le tombeau, elle pleure, mais  elle ne renonce pas, elle cherche, elle interroge celui qu’elle prend pour le gardien, dans un seul but. Elle veut absolument rendre ce dernier hommage au corps de son Seigneur : « Dis moi où tu l’as mis, et moi, j’irai le reprendre ».

 

Suit alors cette scène de reconnaissance entre Marie et Jésus.

 

Jésus ne joue pas à se cacher mais sa personne est transformée par la résurrection, son humanité est cachée par sa gloire. De plus les yeux seuls ne suffisent pas à reconnaître le divin, il faut   accepter une transformation de notre regard, ne plus connaître à la manière humaine comme dit Saint Paul. Marie Madeleine, elle, reconnaît Jésus à sa voix, par la Parole, par l’appel de son nom « Mariam ». Cette voix entraîne cette reconnaissance sûre et immédiate signifiée par un mot unique : « Rabouni » (maître).

 

Mais Marie Madeleine a encore une étape à franchir. La marche du temps ne s’est pas inversée, la crucifixion et la mort ont bien eu lieu, rien n’est plus comme avant, il lui faut maintenant lâcher prise, ne plus toucher,  ne pas chercher à tenir, à retenir.

 

Il y a eu un temps pour le contact et l’on peut se souvenir combien ce contact avec  Jésus était salvateur lorsqu’il était vécu dans la foi. Marie Madeleine en a fait l’expérience en parfumant les pieds de Jésus et en les essuyant avec ses cheveux.  

 

Marie Madeleine a encore ce pas à faire pour aimer dans son cœur. Elle a à vivre cette conversion que Saint Augustin a si bien exprimé quelques siècles plus tard dans ses confessions :

 

« Et voici que tu étais au-dedans, et moi au-dehors et c'est là que je te cherchais,…Tu étais avec moi et je n'étais pas avec toi »

 

ou encore plus près de nous ce  poème écrit en 1937 par Edith Stein en évoquant l’Esprit Saint :

 

« Toi, plus proche de moi que je ne le suis de moi-même, Plus intérieur que mon être le plus intime Et pourtant insaisissable et inouï ». 

 

« L’amour du Christ nous saisit quand nous pensons qu’un seul est mort pour tous », nous dit Paul dans la 2ème lecture, d’autres traductions emploient même le mot nous empoigne.

 

C’est la croix, le lieu par excellence de la révélation de Dieu. Tant que l’on n’a  pas vu et reconnu le Christ, l’homme-Dieu en croix, on ne peut pas connaître Dieu, c'est-à-dire connaître jusqu’où va l’amour de Dieu.

 

Un seul mort pour tous, c’est le cœur de notre foi, non pas mort à la place de tous, car nous sommes appelés nous aussi à connaître la mort, mais au bénéfice de tous.

 

Notre vie depuis notre baptême, est  transformée par la mort du Christ.

 

Pierre Laurent

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