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MYSTAGOGIE POUR LE PREMIER DIMANCHE DE L'AVENT

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  Georges de la tour nativite 2

Nativité - Georges de la Tour (1593-1652)

 

1er dimanche de l'Avent B - 27 novembre 2011

Isaïe 63-64

Psaume 79

1ère aux Corinthiens 1, 3-9

Marc 13, 33-37

 

Tout au long de cette liturgie, nous avons appelé la venue du Seigneur.

 

Dès le chant d'entrée, nous avons chanté: « Viens, Seigneur, ne tarde plus ! Hâte le jour de ton retour, fais lever sur terre la splendeur de ta Gloire. »  Et à chaque couplet: 'Le Seigneur vient', 'Car il vient notre Sauveur', 'Le Seigneur Dieu vient bientôt'.

 

Dans la Prière pénitentielle, nous avons imploré: 'Viens, Seigneur, viens nous sauver'.

 

Dans les lectures nous avons entendu cet appel du peuple: 'reviens pour l'amour de tes serviteurs', puis Paul dire : 'aucun don spirituel ne vous manque, à vous qui attendez de voir se révéler notre Seigneur Jésus-Christ'.

 

Nous avons appelé dans le psaume : 'berger d'Israël, viens nous sauver', et Jésus dans l'Evangile parlait de sa venue.

 

Nous avons professé notre foi en Jésus-Christ qui reviendra dans la gloire juger les vivants et les morts.

 

Au cours de l'Eucharistie, nous avons chanté dans l'anamnèse : 'Viens, Seigneur Jésus!' Et, après le Notre Père, 'nous espérons l'avénement de Jésus-Christ, notre sauveur'.               

 

Hier soir, la liturgie de la messe a commencé sans prêtre, ni diacre. Bastien a assuré le début de la liturgie avec les servants de messe. Dans l'assemblée, certains ne se sont pas rendu compte qu'il n'y avait ni prêtre, ni diacre ; certains ont exprimé leur colère à leur voisin : ''ils auraient pu au moins faire qu'il y ait un diacre" ; d'autres se sont douté que cela était préparé, et se sont mis dans une attitude d'attente confiante : "Quand et comment vont-ils arriver ? Et le Seigneur, quand et comment va-t-il revenir ?" L'attente ne fut pas longue, puisque nous sommes entrés en procession avec l'Evangile au moment de son acclamation : "Réjouis-toi, Jerusalem, Alleluia, alleluia, voici qu'il vient l'Emmanuel, Alleluia, alleluia".

 

Le Christ est donc venu dans sa Parole, dans le célébrant, et dans l'Eucharistie.

 

Pour vous aujourd'hui, vous l'avez vu venir au milieu de son peuple par l'entrée des célébrants avec l'Evangile. Le Christ est celui qui vient chaque dimanche à la rencontre de son peuple. Et vous-mêmes êtes venus pour le rencontrer. Vous vous êtes déplacés de chez vous pour venir ici. Vous avez rencontré le Christ dans sa Parole, dans le célébrant, dans l'Eucharistie, dans le frère à côté de vous avec qui vous avez échangé la paix du Christ, et dans l'assemblée rassemblée en son nom.

 

Ainsi, chaque dimanche est une rencontre du Christ.

 

Cette rencontre parait réglée comme du papier à musique, sans aucune surprise, toujours la même chose. Et pourtant, elle est chaque fois différente : tel geste de la liturgie a pu me parler, telle parole des rites, telle parole de Dieu, d'un chant, telle mélodie chantée ou jouée, telle attitude d'un des célébrants, d'une personne de l'assemblée, telle lumière dans l'église etc. Ainsi, une bonne question serait de se demander à chaque Eucharistie: "aujourd'hui, quand et comment le Christ va-t-il se manifester à moi?" et de l'attendre ainsi.

 

Pour la communion, vous êtes venus vers l'autel afin de recevoir le Corps du christ. Vous avez de nouveau fait une démarche vers celui qui vient vers vous aujourd'hui. Car la rencontre ne peut se faire que dans une démarche réciproque: l'un et l'autre allant l'un vers l'autre. J'espère que vous réalisez que la liturgie prend sens, qu'elle est aussi réelle que notre vie, qu'elle fait partie de notre vie, et rend notre vie plus réelle. Cette rencontre que nous réalisons est la source et le sommet de toutes nos rencontres. Elle nous prépare à nos rencontres, et nos rencontres nous préparent à celle du Christ.

 

Le temps de l'Avent est un chemin vers Jésus qui vient.

 

A Noël, nous n'allons pas fêter l'anniversaire de Jésus, nous allons rencontrer Jésus qui reviendra dans sa gloire et qui vient à Noël.

 

Je tire de l'histoire de l'Eglise l'exemple de Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus : Thérèse a perdu sa mère lorsqu'elle avait 4 ans 1/2. Dès lors, même si ses soeurs ainées ont en partie remplacé sa mère, Thérèse est devenu hypersensible, pleurant pour un rien, puis pleurant d'avoir pleurer. Elle ne pouvait se défaire de ce défaut qui lui était reproché. A l'âge de 12 ans 1/2, elle revenait de la messe de minuit, où, dit-elle, elle avait reçu le Dieu fort et puissant, qui s'est fait pauvre et souffrant. Après la messe, elle se faisait, tous les ans, une joie d'ouvrir ses cadeaux un à un et de faire ainsi durer le plaisir. Cette année-là, 1886, son père est fatigué, et dit : 'enfin, heureusement que c'est la dernière année!' Elle monte dans sa chambre, les larmes aux yeux, mais, dit-elle, Jésus avait changé son coeur. Elle redescendit en joie, et tira joyeusement tous les objets. Pour parler de cet événement, Thérèse emploie les mots suivants : miracle, conversion, nuit changée en lumière, victoire et dès lors, quittant 'les langes de l'enfance', Thérèse alla de victoire en victoire, ne cessant de grandir. Le lendemain, 25 décembre 1886, à Notre-Dame de Paris, lors des vêpres, Paul Claudel se convertissait.

 

Allons ensemble vers Jésus qui vient vers nous. Il vient vers nous dans la liturgie, et dans les rencontres que nous ferons pendant ce temps de Noël.

 

Il vient aujourd'hui sauver son peuple.

 

Benoît DELABRE.

 

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