>

NOTRE FEUILLETON DE L'ETE : JESUS, LE DIEU DE MA VIE ! (FIN)

icone-du-christ-choeur-de-l-eglise-st-gervais

Icone du Christ, église Saint Gervais (Paris),

siège des Fraternités Monastiques de Jérusalem,

fondées par le frère Pierre-Marie Delfieux 

 

En finale...

 

 

Pourquoi donc, en finale, au-delà de ce que les choses de la vie m’ont appris, puis-je dire qu’à mes yeux, Jésus est Dieu ?

 

Je devrais écrire des livres pour le montrer. Je me contenterai ici d’évoquer ce qui serait comme autant de titres pour chacun d’eux : La sainteté de sa vie. Le fol amour prouvé par sa mort. L’incomparable autorité de sa parole. Le miracle de l’Ecriture qui, de partout, converge vers Lui. La force lumineuse des prophéties. Celles qui l’annoncent comme le Messie de Dieu. Et celles qu’il a faites comme Seigneur-Christ. Ces trois résurrections des morts que chacun a pu constater. Et sa propre résurrection que personne n’a pu contester.  

 

Il est sûr que nul n’a parlé comme cet homme. Pas une phrase de l’Evangile, pourtant tant semé de paradoxes et tendu de pièges les plus serrés ou les plus subtils, ne peut être prise en défaut. Sur les sujets les plus difficiles ou les plus brûlants, il donne une réponse. Et sa réponse renvoie au jeu merveilleux des libertés.  

 

Humainement, rien ne peut expliquer une pareille sagesse, légitimer une telle fécondité, donner raison à une telle force germée de la faiblesse volontairement assumée. Comparée à celles de Moïse, Bouddha, Confucius, Mahomet, en face de tous les sages, de tous les penseurs, de tous les savants, de tous les saints de l’humanité, sa vie n’est pas simplement au-dessus. Elle transcende tout. Elle est d’un autre ordre. Cette Vie manifestée vient manifestement d’ailleurs et cet ailleurs, c’est le monde d’En-haut. Celui qui nous parle avec une telle vérité des choses de la terre, c’est aussi celui qui nous révèle les choses du ciel dans toute leur lumière. Car il est le Verbe, vraie Lumière. La vie de toute vie et l’espérance de tous les morts.  

 

Qui d’autre que Lui est ressuscité ? Personne n’a jamais pu expliquer le fait du tombeau vide ni retrouver le corps de Jésus. Sinon, il y a longtemps qu’on en aurait entendu parler ! Les disciples, à qui il est apparu, étaient à cent lieues d’imaginer pareille suite au drame du calvaire. Des foules de croyants les ont suivis. Et tous ces témoins se sont fait tuer pour dire que c’était vrai. La foi en la résurrection du Christ les a littéralement transformés.  

 

Contre leur prédication, aucune réfutation n’a pu triompher. Il a fallu les mettre à mort pour les faire taire. Et la semence de leur sang a donné naissance à vingt siècles de croyants. On ne se fait pas tuer pour une supercherie. Une affabulation n’engendre pas deux mille ans de pratique. Allez ! Malgré tous leurs défauts et leurs péchés, ces disciples ne sont pas des fanatiques. Et ce n’est pas parce que quelqu’un se dit croyant en sa divinité que l’on va le dire exalté.

 

On peut y réfléchir, rien, humainement, n’aurait permis à l’Eglise du Christ de germer, de grandir et de se propager.

 

Regardez : diaspora pour commencer ; persécutions ensuite ; invasions sur la lancée. Et l’Empire se convertit. Les Barbares se font baptiser. Le Moyen Âge au contact de l’Evangile se civilise. Schismes au-dedans, guerres au dehors, joutes théologiques, hérésies successives, et la fameuse kyrielle : Borgias, Inquisition, affaire Galilée, armées vaticanes, exil en Avignon, soubresauts de mille révolutions, déferlement des idéologies athées… Rien n’y fait ! Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise et les puissances du mal ne pourront rien contre elle.

 

On pourrait épiloguer à l’infini. Il y a vraiment dans cette attente séculaire du Christ bâtie depuis des millénaires, dans cette vie de Jésus perdue dans les collines de Galilée et rayonnant encore comme un soleil de justice sur le monde, dans cette suite du Christ dont nous faisons encore partie, quelque chose qui ne peut s’expliquer que par cette vérité : celui qui est ainsi annoncé, qui est venu et qui agit encore de la sorte, c’est Celui qui était, qui demeure et qui vient. Ce Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles.  

 

Je le vois bien dans l’âme de mes frères et sœurs. Qui d’autre que Lui pourrait donner cette joie dans le renoncement, cette paix dans l’ascèse, cette unité dans nos diversités, cette espérance en face de l’avenir où la mort elle-même ne devient plus qu’une pâque vers la vie ? Depuis trente ans que je suis prêtre, j’ai aperçu partout les traces de sa présence, les marques de sa grâce. Ce mort-vivant reste le centre de tout. J’aime voir la preuve de son amour éclater dans mille et une vies. Il n’a pas besoin d’apparaître. Je vois bien qu’il est vivant, qu’il l’est à sa façon omniprésente de parler en tout, d’agir en chacun et de vivre en tous.  

 

C’est sûr qu’il faut beaucoup de foi en l’homme pour croire en un tel Dieu. Un Dieu ami des hommes et qui est allé jusqu’à devenir homme pour nous faire devenir Dieu. Mais comment voulez-vous que je puisse nier ce qui est là, inscrit dans mon cœur à moi et aussi comme une évidence suprême : J’étais mort et me voici vivant ! Sans rien pouvoir par moi-même, je puis tout en celui qui me rend fort. Le monde est bel et beau et l’homme profondément aimable, mais cet homme est mortel et ce monde passe. Lui, il m’a aimé et s’est livré pour moi.  

 

A qui d’autre irions-nous quand nous pouvons dire à Jésus avec l’apôtre Pierre : Tu as les paroles de la vie éternelle ? On m’a posé et je me suis mille fois posé la question ; la même réponse m’est toujours revenue : nul n’est plus grand, plus vrai, plus aimant et plus beau que Jésus. Il est le seul Vivant !  

 

Alors, parce que je veux le bonheur et que j’aime la vie, que je crois à l’amour et que ce monde mérite, pour subsister, une parole de vérité, je crois en Dieu. Et, comme Jésus est vérité, vie, amour et promesse d’un bonheur d’éternité, je crois en Lui. Je crois en ce qu’il est.  

 

Je crois en Jésus, qui est Dieu. Jésus-Mon-Dieu.  

 

 

Frère Pierre-Marie Delfieux   

"Sources Vives"

Delfieux     

 

 

 

    Fin....  

 

 

 

 

 

 

 

Le Frère Pierre-Marie Delfieux est décédé le 21 février 2013 à Magdala (Sologne).  

 

 

FMJ-Magdala.jpgLes frères et moniales de Jérusalem à Magdala 

@paroissemartig © 2010 -  Hébergé par Overblog