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QUEL REGARD POUR TROUVER LA ROUTE VERS LA MAISON DU SEIGNEUR ?

  • PAROISSE DE MARTIGUES
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La guérison de l’aveugle,  Duccio di Buoninsegna, panneau de la prédelle de la Maesta, 1308-1311,

Londres, National Gallery

 

Ce 4ème dimanche de carême est celui dit de la joie et ce psaume, si familier, que nous avons écouté nous donne la raison de cette joie « le seigneur est mon berger ». Ce psaume est aussi le chant des baptisés la nuit de Pâques, il nous invite à entrer dans le pèlerinage de la vie sous la houlette du Seigneur. Ce pèlerinage passe  par des chemins parfois difficiles et même par les ravins de la mort   mais  le pèlerin garde les yeux fixés sur son seul but « habiter la maison du Seigneur ».

 

Quel regard devons-nous avoir pour trouver la route vers la maison du Seigneur ? Nous avons des acuités visuelles qui sont différentes, de naissance mais aussi suivant notre âge, nos problèmes de santé, alors comment être des voyants dans le sens de notre texte d’Evangile ?

 

A la lecture de ce beau texte de Saint Jean, il me vient spontanément à l’esprit une image, et une parole.

 

L’image, celle du slalom géant paralympique de Sotchi où des personnes malvoyantes se lancent à toute vitesse sur des pentes vertigineuses guidées seulement par un coach qui se trouve près d’elles et leur donne des indications pour que la piste devienne en quelque sorte visible.

 

La parole, c’est la réponse de Jésus à Jean le baptiste emprisonné qui lui demande s’il est vraiment le messie ou s’il doit encore attendre : « les aveugles retrouvent la vue, les boiteux marchent droit et les sourds entendent ». Jésus utilise la guérison de ces maux qui handicapent profondément l’homme comme une carte de visite.

 

 Curieusement cette guérison, qui implique un geste de Jésus mais aussi un déplacement de cet aveugle vers la fontaine de Siloé, va entrainer, pour Jésus, une sorte de procès par contumace. Un procès au cours duquel nous verrons intervenir tour à tour plusieurs acteurs: certains  curieux et sympathiques : les voisins ;  puis divisées sur le statut de Jésus, homme de Dieu ou pêcheur : les pharisiens ; puis un couple qui ne veut pas d’histoire avec le clergé, qui préfère ignorer et se dérober : les parents de l’aveugle ; enfin  les pharisiens à nouveau qui, faute de trouver des arguments pour satisfaire la curiosité de l’aveugle et répondre à ses questions, lui infligent un nouvel handicap en lui coupant la parole et en le jetant dehors.

 

Par contre notre aveugle de naissance à fait un chemin inverse et son acuité visuelle a augmenté à chaque interrogatoire. Aux voisins il dit seulement «  il s’appelle  Jésus » (ce qui veut dire Dieu sauve), aux pharisiens divisés, il annonce d’abord « c’est un prophète » avant de leur proposer d’être ses disciples. Mais cette vision, qui se fait de plus en plus nette, ne peut être totale sans une nouvelle intervention de Jésus. Jésus revient alors vers lui avec la question « crois-tu » à celui qui t’a vu et t’a guéri, maintenant toi aussi tu peux le voir, il est en face de toi. La réponse de l’aveugle illuminé est faite d’une parole  – je crois  Seigneur et d’un geste -  il se prosterne.

 

 Ce carême, cette montée vers Pâques que nous faisons en compagnie de ceux qui seront baptisés (Patricia et Maceo) ou feront leur première communion (Stéphanie, Aurélie, Julien) ou leur confirmation (Régine, Barbara, Carole, Monique)  durant le temps de Pâques est un chemin de vie. Ce chemin  nous apprendra  le regard du cœur. Comme l’enseigne le Seigneur à Samuel venu pour choisir un roi à Israël parmi les fils de Jessé le Bethléemite « Dieu ne regarde pas comme les hommes, les hommes regardent l’apparence mais le Seigneur regarde le cœur ». Nous aussi, comme l’aveugle né, nous sommes envoyés vers l’eau du bain qui nous vivifie, nous relève, nous donne le regard du cœur, vers cette nuit de Pâques où tout est renouvelé.

 

Pierre Laurent    

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