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CHEMIN VERS LA SAINTETE : MEDITATION

  • PAROISSE DE MARTIGUES

 

jugement dernier fra angelico

 'Le jugement dernier', Fra Angelico,1431-1435, Couvent San Marco, Florence

 

 

La fête de la Toussaint, c’est ce jour où l’on se rappelle que la force, le pouvoir, les possessions, les richesses, les mensonges, les jalousies, personne ne peut les emmener avec lui au Paradis.

 

Le programme de la fête de la Toussaint, c’est celui que nous venons d’entendre, celui que le Christ nous donne à méditer, mais surtout à mettre en pratique. Évidemment, au premier regard, on se dit que le Christ est un peu hors rebelle, ironique, et un peu scandaleux aussi, car il associe le mot « heureux » à la pauvreté, aux pleurs, à la faim, à la soif, à la persécution. Alors on se dit que cela ce n’est pas à suivre au premier degré, c’est et que, ce qui compte, d’être gentil dans son cœur, d’avoir son petit Dieu à soi dans son cœur, et cela suffit pour avoir une vie belle, remplie, qui nous amène droit au paradis !

 

Mais la vie ce n’est pas ça. La vie ce n’est pas avoir chacun sa petite pensée, ces petites croyances, ses petites affaires personnelles, que l’on met plus ou moins on commun en fonction des les événements, la vie c’est un don immense, de potentialités, de liberté, que nous sommes invités à vivre à fond, et à partager. La vie nous la recevons comme un don, et nous sommes appelés dans notre vie à nous donner les uns aux autres, sinon nous passons à côté de notre vie.  En nous donnant la vie, Dieu s’engage dans notre vie, dans notre monde, il demande à ce que nous nous engagions à notre tour pour faire de notre vie une vie donnée, pour faire de notre monde un monde où le souci du plus faible est la clé de voûte dans le monde politique, économique, social, familial.

 

Madeleine Delbrêl, une assistance sociale qui a vécu au milieu du XXème siècle disait : « la vie est faite pour foncer, pour prendre des risques, pour se donner. Si on la garde pour soi, on l’étouffe. La vie est calamiteuse si on la garde pour soi, mais splendide si elle se donne. Une vie que l’on ne cherche pas à posséder, une vie que l’on donne fait des miracles. »

 

Heureux celui qui donne, il est comblé, nous dit Jésus dans un autre passage de l’Evangile. Et cela rejoint toutes les autres béatitudes que le Christ nous donne en exemple.

 

Heureux les pauvres de cœur, heureux les doux, heureux ceux qui pleurent, heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, heureux ceux qui sont persécutées pour la justice : tout cela peut se résumer en une béatitude : « heureux les faibles ».

 

Heureux le faible, heureux celui qui se reconnaît faible, car il a les mains vides, et c’est alors qu’il peut recevoir.

La faiblesse n’a pas bonne presse. Notre télévision regorge d’émissions où gagnera celui qui est le plus fort, celui qui sait le mieux mentir, celui qui sait le mieux écraser les autres. Tout cela ne mène à rien. Tout ce qui n’a pas été fait par amour, tout cela nous ne l’emportons pas avec nous lorsque nous mourrons.

 

Le psaume que nous avons chanté tout à l’heure nous pose cette question : « qui peut gravir la montagne du Seigneur et se tenir dans le lieu saint ? » La réponse est claire : « l’homme au cœur pur, aux mains innocentes. »

 

L’homme au cœur pur, c’est celui qui a cherché à vivre de ce don de la vie, non pas comme une réserve de vie qu’il faudrait dépenser au maximum de nos jours vécus sur cette terre, mais comme un trésor qui ne vaut que si on le partage à d’autres.

 

L’homme aux mains innocentes, c’est celui qui met sa foi en pratique, c’est cet homme dont la foi est à l’origine de l’action, cette foi qui peut rayonner dans nos engagements associatifs, dans notre famille, dans notre travail, dans toute notre vie quotidienne. La pratique ne peut pas être dissociée de la foi.  C’est par la pratique que notre foi prend toute sa valeur, qu’elle répand toute sa saveur dans notre vie.

 

Peut-on imaginer mère Teresa se contenter de beaux discours sur l’accompagnement des mourants, des pestiférés, des intouchables ? Mère Teresa est une sainte, car elle a mis sa foi en pratique. Mère Térésa n’est pas un super héros, c’est une petite femme, toute faible, Mais comme le dit saint Paul : « c’est lorsque je suis faible que je suis fort. » C’est le Seigneur qui nous donne la force de tenir dans les épreuves, lorsque nous pleurons, lorsque nous avons faim et soif de la justice, lorsque nous cherchons la paix, lorsque nous cherchons à pardonner.

 

À vue humaine, il est souvent difficile d’affronter les difficultés, de pardonner, de faire la paix, mais le Seigneur ne nous abandonne pas dans les difficultés.  Il vient pleurer avec nous, il vient combattre avec nous, et vient faire miséricorde avec nous et pour nous. Lorsque je suis faible, le Seigneur me donne la force de tenir. Sans lui, nous ne pouvons rien faire.

 

Chaque année, nous fêtons la fête de la Toussaint, et chaque année, cette fête est une occasion pour nous de prendre conscience que notre vie est un chemin vers la vie éternelle. Sur ce chemin, le Seigneur nous invite à marcher à ses côtés, car c’est lui qui nous donne la vie, la paix la justice, le pardon, c’est lui qui nous ouvre toujours un chemin de vie. Même lorsque nous nous trompons, Lorsque nous trébuchons, lorsque nous nous affalons à terre, Jésus Christ est toujours là pour nous relever, pour nous inciter à avancer, à reprendre notre marche.

 

Que tous les saints du ciel nous viennent en aide, qu’ils soient pour nous des exemples, des modèles de vie avec le Christ, une vie qui porte du fruit. Que le Seigneur dans cette Eucharistie nourrisse notre faim, de vie en plénitude et qu’il nous comble de sa bénédiction, afin que nous arrivions un jour au ciel en présence de tous les saints.

 

 

Père Thomas Poussier

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