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PREMIERE HOMELIE DU PERE THOMAS POUSSIER A MARTIGUES

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! PREMIERE MESSE THOMAS 099

 

 

A Martigues, on aime le rouge ! Le rouge, couleur de mission, de sang versé, couleur de l’Esprit Saint, couleur de l’Esprit Saint donné aux disciples du Christ, couleur de la Pentecôte…

 

Nous avons de la chance, car, dans cette église saint Genest, nous avons deux représentations de la Pentecôte : à droite, tout y est : une colombe, des rayons, des apôtres, la Vierge Marie, chacun sa petite flamme sur la tête… tout y est, pas de doute, c’est la Pentecôte… pas de doute, tout est dit.

 

A ma gauche, c’est la Pentecôte aussi. Pourquoi ? Parce que c’est ce que l’artiste a représenté. Nous pouvons nous fier à lui. Ce n’est pas un artiste qui se glorifie lui-même et dont l’art serait ainsi suspect, mais c’est homme qui a décidé d’aider les hommes à contempler la beauté de Dieu. Ce tableau, c’est la Pentecôte, et rien d’autre. « Ca ne ressemble à rien » ? : ce n’est pas fait pour ressembler, mais pour dire quelque chose de Dieu… et le message est très clair ; Dieu est plus grand que ce que l’on peut en dire ou en peindre. On ne peut pas réduire l’Esprit Saint de Dieu à de petites flammèches sur le front des apôtres, façon bec bunsen. Dieu est plus que cela.

 

Lorsque l’on parle de Dieu en général, encore plus lorsque l’on parle de l’action de Dieu dans nos vies, nous pouvons en parler des heures, car le sujet est intarissable. Nous sommes forcément dans le registre de la surabondance, puisque c’est dans la surabondance d’Amour de Dieu que nous vivons.

 

A mon goût, cette Pentecôte manifeste bien ce qu’est la vie de baptisé. Il y a un don de l’Esprit, on ne sait d’où il vient, on ne sait où il va… C’est un véritable bouillonnement de l’Esprit, un panel de couleurs variés et des traits qui vont dans tous les sens. A quoi ressemblera ta vie de baptisé, Nicolas ? Seul Dieu le sait, mais ce que nous pouvons en dire, c’est que ta vie de baptisé sera habitée par toute la force de l’Esprit de Dieu. La vie avec Dieu nous dépasse et nous pousse vers des horizons que nous n’aurions jamais envisagés. En disant lui disant "oui", en ouvrant nos poumons à l’Esprit Saint, notre vie aller de commencements en commencements, de surprises en surprises, de jaillissements en jaillissements. Dieu nous surprend, Dieu nous dilate, Dieu nous exalte.

 

C’est pourquoi j’ai voulu prendre aujourd’hui la messe en mémoire de saint Genest. Il était soldat et catéchumène. Normalement lié à vie par un serment à l’empereur, il a préféré livrer sa vie à Jésus Christ le Fils du Dieu vivant. Pour toi Nicolas, Saint Genest est l’image d’un saint catéchumène, pour nous tous, il est l’image d’un homme saisi par le Christ, image réconfortante de Dieu qui donne sa grâce aux êtres fragiles que nous sommes pour lui rendre témoignage.

 

Le plus grand don que Dieu m’ait fait dans la vie, c’est de découvrir qu’il fallait mieux dire "oui" à ce que pouvait offrir la vie que de lui dire "non". Dieu a développé l’espace de mes poumons (« élargis l’espace de ta tente », allais-je découvrir plus tard en lisant la Bible). Dieu m’a fait, devenir plus, comme dirait l’autre. Devenir plus, mais pas un autre… être plus moi-même, plus profondément, en unifiant tous les désirs que je pouvais avoir dans le cœur, en donnant un nom à ces désirs, en lui donnant un visage, celui du Christ, mon Bien-aimé.

 

Depuis hier je suis revêtu par le vêtement du Christ prêtre et dans quelques temps, Nicolas, tu seras revêtu du manteau blanc du Christ ressuscité, qui nous donne sa dignité aux hommes passés par les eaux du baptême. Tu entames aujourd’hui une nouvelle étape sur ton chemin de vie avec le Christ, désormais tu portes sa croix, tu vas recevoir sa Parole, et le Christ, patiemment, ouvre ton esprit à cette Parole pour que tu y puises la vie, et la vie en abondance. Et tu rappelles à l’Eglise de Martigues qui t’accueille aujourd’hui, qu’elle a sans cesse à puiser à la source de la Vie éternelle pour être « source d’eau vive au milieu de ce monde assoiffé »[1]. Le baptistère qui est au fond de cette église nous rappelle cette source vive, et mon rôle de prêtre est d’être au service de cette vie de Dieu qui arrose, qui inonde, qui irrigue la vie des hommes.

 

Le don de Dieu est grand, et, si l’on peut en parler des heures… mais on peut aussi être impressionnés par sa grandeur et par notre petitesse. Face à l’abondance des grâces de Dieu dans notre vie, on peut être sans voix, car nous ne sommes pas dignes de recevoir ces grâces. Ce qui me touche dans le récit de la Pentecôte que nous avons entendu tout à l’heure, c’est l’attitude des disciples. Ils sont surpris, saisis par le don reçu… et dès lors, ils n’avaient plus leur voix habituelle, ils avaient désormais une voix d’apôtres pour « proclamer les merveilles de Dieu ».

 

Le prêtre ressemble à bien des égards à ces apôtres remplis du vin de l’Esprit. Il se dessaisi de sa voix ; cela est particulièrement visible à la messe : les oraisons et la prière eucharistique sont des mots de l’Eglise et le prêtre est alors la voix de l’Eglise ; les paroles de consécration sont celles du Christ et le prêtre est alors ordonné au plus intime de lui-même à la Pâque du Christ ; la présentation du Corps du Christ est accompagnée des paroles de Jean-Baptiste et le prêtre est alors ce prophète, ce veilleur qui montre la source de la vie. Et c’est dans ce paradoxe vocal que le prêtre devient celui qu’il est, un serviteur de la louange du peuple. C’est désormais ma vie, et c’est ma joie.

 

Comment rendrais-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait ? J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur.

 

Père Thomas Poussier



[1] Benoit XVI, Dieu est Amour

 

kim en joong

La Pentecôte du Père Kim En Joong, dominicain coréen

 

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