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MEDITATION : LA CROIX GLORIEUSE ET DIX ANS DE DIACONAT

  • PAROISSE DE MARTIGUES
  • HOMELIES

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Il y a 10 ans, jour pour jour, notre archevêque le père Feidt commençait son homélie par ses mots : « Pierre, dans un instant, par l'imposition de mes mains et le don du Saint Esprit, tu vas devenir Diacre, chargé pour ta part de continuer cette œuvre d'amour entreprise par Jésus ». C’est une phrase assez rituelle lors d’une ordination diaconale mais  je recevais ces mots le jour où l’on fête la croix glorieuse et leur sens en était profondément imprégné.  La croix glorieuse, ce sont les ténèbres qui sont lumière, c’est l’impossible, l’inconcevable  qui devient réalité.

 

« Il est grand le mystère de la foi » dit le prêtre qui préside la célébration eucharistique après la consécration du pain et du vin et nous répondons : « Nous proclamons ta mort Seigneur Jésus, nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue ». Le mystère dans lequel nous mettons notre foi est effectivement grand, l’hymne aux Philippiens de Saint Paul nous en fait une apocalypse, une révélation « 06 le Christ Jésus qui était dans la condition de Dieu, n'a pas jugé bon de revendiquer son droit d'être traité à l'égal de Dieu ; 07 mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement, 08 il s'est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu'à mourir, et à mourir sur une croix. 09 C'est pourquoi Dieu l'a élevé au-dessus de tout ; il lui a conféré le Nom qui surpasse tous les noms ».

 

Voilà l’œuvre d’amour que nous sommes appelés à poursuivre, j’utilise maintenant le pluriel car le père évêque poursuivait son homélie ainsi : «  Bien sûr que tous les baptisés ont reçu du Seigneur la Mission de vivre et de dire cette œuvre d'amour. Cette mission-là n'est pas le monopole du Diacre ».

 

Cette fête de la Croix Glorieuse est là au centre,  au cœur de notre foi. Elle nous invite  à lever les yeux vers celui qui a accepté humainement de tout perdre, de tout donner  par amour pour nous, pour notre salut.

 

Moïse, dans le texte du livre des Nombres que nous venons d’entendre, n’invite pas le peuple d’Israël à un grand repentir pour se faire pardonner sa révolte contre Dieu, il l’invite à regarder ce qui est la cause de son mal et de sa peur. Ce mal, figuré par un serpent d’airain, il le hisse sur un mat pour qu’en regardant cet emblème, qu’il considère comme vengeance de Dieu, il soit amené  à regarder vers le ciel  et à s’ouvrir au vrai Dieu de l’alliance en oubliant ses  idoles qu’il confond avec Dieu.

 

Ce serpent d’airain est, vraisemblablement, à l’origine   du caducée retenu de nos jours  comme symbole par les médecins. Et la proposition de Moïse, inspirée par Dieu, au peuple juif est toujours d’actualité. La science et sa médecine font d’énormes progrès pour le soin de nos corps  mais cela, nous le sentons, ne suffit pas à combler nos vies, nous sommes toujours en quête d’autre chose, quelque chose qui nourrit nos cœurs, quelque chose qui nous permet de passer à travers les maux et les peines de la vie  qui ne se guérissent ni par la chimie ni par la chirurgie.

 

Saint Jean Chrysostome, que nous fêtions hier, nous a laissé un beau texte sur ce sujet

 

«  La parole, voilà l’instrument du médecin des âmes… c’est elle qui cautérise… c’est elle qui relève l’âme abattue, …c’est elle qui retranche l’inutile, comble le vide ».

 

 Saint Paul, dans ses épitres,  oppose  Adam, qui apporte la mort, à Jésus qui nous rend à la vie. La Genèse nous dit pourtant que  l’arbre qui a entrainé  la chute d’Adam était,   «  bon à manger et séduisant à voir ». La croix du Christ par contre est un arbre mort, sec et dénudé. Le paradoxe de Dieu qui rend luxuriant les déserts et change le rocher en fontaine, est bien le cœur de notre foi et de notre espérance qui doivent nous porter à la charité.

 

Ces 10 ans de ministère de diacre je les ai vécus avec bonheur pour notre Eglise d’Aix et d’Arles, pour notre paroisse de Martigues, grâce à vous, à votre aide et à votre amitié. 

 

Le verset de la lettre de Saint Paul aux Ephésiens que je citais, il y a 10 ans, pour conclure mon mot de remerciement, je le redis aujourd’hui avec encore plus de force :

 

« Gloire à celui qui a le pouvoir de réaliser en nous par sa puissance infiniment plus que nous ne pouvons demander ou même imaginer ».

 

Pierre Laurent  

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