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MEDITATION SUR LA CROIX

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Fête de la Croix Glorieuse 

 

En ce jour, nous fêtons la Croix Glorieuse, nous célébrons la Croix.

 

Célébrer une croix, cela semble une idée saugrenue ou tout au moins déplacée !

 

Une croix, c’est un instrument de mort, un instrument de mort particulièrement horrible, sanglant, provoquant une mort lente et douloureuse.

 

Mais pourtant, nous, chrétiens, nous aimons fêter cette Croix, et plus particulièrement en ce jour.

 

Nous aimons tant la croix que nous en avons mis dans nos églises, dans nos maisons, nos carrefours, nos chambres, autour de nos cous.

 

La Croix est si omniprésente dans nos vies qu’on pourrait parfois passer à côté d’elle sans la voir.

 

Il est bon en ce jour de s’arrêter et de la contempler, afin d’y trouver son sens profond. Et le sens profond de la Croix, de la Sainte Croix, c’est qu’il s’agit d’une croix glorieuse, d’une croix pleine de gloire, d’une croix qui donne la gloire de Dieu aux hommes.

 

La Croix n’est pas glorieuse par elle-même, elle est glorieuse car Dieu l’a touchée, car Dieu l’a portée, car Dieu s’est laissé cloué en elle, la Croix est glorieuse car Dieu a versé sur elle les larmes de la peur « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? », la Croix est glorieuse car Dieu a soufflé sur elle son Esprit de miséricorde :

 

« Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ».

 

La Croix est glorieuse car Dieu a versé son sang sur elle, pour la multitude des hommes ; et tous les hommes, par le sang versé sur cette Croix, ont été délivrés du pouvoir du mal et introduits dans la vie de lumière du Christ ressuscité.

 

La Croix est glorieuse car le Christ a versé son sang sur elle, et il est intéressant de noter que, dans la menuiserie et l’ébénisterie, on parle des veines du bois.

 

Par l’eau et le sang coulant de son côté transpercé, Jésus a irrigué ce qui n’étaient que deux planches de bois, deux planches rudes et pleines d’échardes, et les a transformés en le plus beau des arbres, en un nouvel arbre de Vie.

 

Dans les veines du bois de la Croix coulent le Sang de l’Alliance éternelle.

 

Ainsi, tout homme qui mange et boit les fruits de l’arbre de Vie, le Corps et le Sang du Christ, ne périt pas, mais obtient la vie éternelle.

 

Dans le bois, il y a des veines, et il y a aussi des nœuds. Un nœud, dans le bois, c’est une déformation, une boursouflure, un défaut. Et le bois de la Croix est emplit de ces défauts, de ces failles, de ces boursoufflures, en un mot, de ces péchés, qui existent dans le cœur des hommes.

 

Sur le bois de la Croix, le Christ a porté tous les péchés, et en a délivré les hommes.

 

Il a ainsi transformé les nœuds des hommes en un lieu de résurrection ; résurrection pour lui, le Premier-Né d’entre les morts, et pour tous les hommes à sa suite.

 

Le Christ, le Verbe de Dieu, le maitre de toute la création s’est servi du bois de la croix pour lier une relation indestructible avec les hommes.

 

Comme le dit si bien Paul Claudel, « la Croix tire tout à elle. [Elle] est le point qui ne peut être défait, le nœud qui ne peut être dissous, (…) [elle est] le centre et l’ombilic de la terre, le milieu de l’humanité en qui tout tient ensemble ».

 

Jésus a défait les nœuds de l’humanité pour tisser en son Corps le nœud d’une communion nouvelle et éternelle.

 

Mais la Croix, ce n’est pas qu’un instant ou un lieu, c’est aussi un chemin.

 

Saint Paul, le dit, la Croix est la voie de configuration de chaque baptisé au Christ :

 

« Lui qui était Dieu n’a pas revendiqué le rang qui l’égalait à Dieu, mais il s’est anéanti… »

 

C’est en suivant cet abaissement, en livrant sa vie, en donnant sa vie pour ceux qu’on aime que l’on devient disciples du Christ.

 

Saint Paul lui-même en a fait l’expérience. Dans sa conversion, le Christ a défait le nœud de haine qui plombait le cœur de saint Paul, et c’est ainsi que Paul a su se donner aux hommes à l’image de son Seigneur, venu « non pour juger, mais pour sauver le monde ».

 

Nous sommes rassemblés ici pour rendre grâce à Dieu du don de sa vie sur la Croix, et pour lui demander d’agir aujourd’hui en nous pour nous sauver.

 

Et ce lieu est un lieu privilégié pour cela. La chapelle est construite au bord de la mer, à l’extrémité de ce plateau ; un pas de plus, et on chuterait.

 

C’est un signe marquant que la présence de la Sainte Croix au bord de la falaise, car cela signifie bien que la Croix nous sauve de la chute ; on peut s’appuyer sur elle pour éviter de tomber.

 

Cela est aussi le signe de ce salut que Dieu donne aux hommes qui sont tombés dans les remous et les vagues qui peuvent submerger une vie ; à cette Croix les hommes peuvent s’accrocher, pour escalader et remonter, sur la terre bénie par Dieu, avec évidemment toujours la main tendue de Dieu qui nous élève à Lui.

 

En ce jour de fête, de prière et de consécration à la Croix Glorieuse du Christ, demandons à Dieu de nous unir à Lui par le bois de sa Croix comme les grappes au cep de vigne et de nous donner ainsi de porter du fruit, un fruit glorieux, un fruit qui demeure.

 

Faisons en cette eucharistie un acte de foi radical en cette Croix qui nous sauve de la chute et nous permet de nous relever.

 

Par la communion à son Corps livré et glorifié, recevons la charité de Dieu pour la partager avec les hommes.

 

Ainsi, nous serons des témoins de sa gloire, cette gloire qu’il manifeste par la puissance de sa Croix.

 

Thomas Poussier

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