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MEDITATION SUR LA PARABOLE DES DEUX FILS

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Homélie du dimanche 25 septembre

26° dimanche du temps ordinaire

 

Un homme avait deux fils…

 

Cette parabole nous semble claire, en effet ces deux attitudes, au fond, nous sont familières.

 

L’un acquiesce et donc s’engage, mais en fait laisse courir voire pourrir ; un autre  s’oppose mais finalement réalise la volonté de son père.

 

Aucun des deux ne tient parole : réponse évasive, esquive d’une prise de position immédiate, d’un engagement véritable ?

 

Il n’est pas dit qu’ils seront seul à œuvrer à la vigne paternelle, mais que leur participation est requise.

 

Ce qui les distingue donc réside dans l’accomplissement ou non de la volonté du Père, porte du royaume de Dieu.

 

Et nous le savons : l’enfer est pavé des bonnes intentions jamais réalisées.

 

De même que du fait de notre unité humaine et de nos interrelations, chacun de nous élève ou abaisse le monde par ses actes.

 

Le fils qui semble dire « oui , oui » (un peu « fiche moi la paix ») est connoté négativement par le Christ.

 

Du coup, je ne saurais penser que son attitude est liée à de la réflexion, il s’agit plutôt d’un assentiment superficiel, d’une attitude spirituelle trop fréquente qui consiste à se placer en consommateur du Royaume.

 

« Celui-ci se fera bien sans moi ». « Dieu pourvoira bien de toute façon ».

 

Cette attitude, dont les résultats désastreux dans notre cité terrestre au niveau économique et politique commencent à se faire sentir, marque en fait le manque de considération que nous avons pour Dieu, pour ce qu’Il est.

 

Et partant de là, pour ce que l’être humain est aussi, non seulement dans son être mais aussi dans le désir de Dieu pour nous, puisque la Création nous a été confiée.

 

Le premier  s’oppose, et nous savons que vers 2 ans la première affirmation de notre personne vient du « non ! » claironné systématiquement.

 

Il va, sans doute après réflexion, reconnaissance du bien fondé de la demande, réaliser la volonté du père. Le texte ne prétend pas que son travail est le meilleur, le plus accompli, mais qu’il se doit d’être. 

 

Une bienheureuse contemporaine, qui hasard ou providence du calendrier, a été béatifiée il y a tout juste un an, va particulièrement s’appuyer sur ce passage d’Évangile dans sa vie. Il s’agit de la bienheureuse Chiara Luce Badano.

 

En effet, spontanément à maintes requêtes, elle oppose d’abord un « non », argumente, cherche la portée de l’action, sans pour autant s’entêter, avant de les réaliser non de force mais librement, convaincue du bien fondé de celle-ci.

 

Par exemple,  alors qu’elle est enfant, Teresa, sa maman, lui propose un jour de diminuer la montagne de jouets qui s’élève dans sa chambre, pour en offrir quelques uns à des enfants pauvres.

 

Après avoir dit un « Non ! » ferme « Ils sont à moi !», la maman qui s’est retirée sans insister, entend peu après sa fille s’exprimer « celui-là : oui, celui-ci : non ».

 

Elle s’enquiert de ce qui se passe et constate que sa fille a réparti en deux tas ses jouets : d’un côté les usés, d’un autre ceux en très bon état. Chiara demande un sac à sa mère et y met les plus récents, les plus beaux disant : « Ben, aux pauvres on ne peut pas donner des jouets abîmés. »

 

Elle illustre dans sa vie ce que vient de prononcer à Erfurt notre saint Père Benoît XVI :

 

« Là où il y a Dieu, là il y a un avenir. En effet, là où nous laissons l'amour de Dieu agir totalement, là le ciel est ouvert. Là il est possible de modeler le présent de façon à ce qu'il corresponde toujours plus à la Bonne Nouvelle. Là, les petites choses de la vie quotidienne ont leur sens, et là, les grands problèmes trouvent leur solution. »

 

Pour finir je citerai un passage d’une rédaction que Chiara Luce a écrite à 7,5 ans et dont vous pardonnerez le langage enfantin, mais n’est-ce pas comme un enfant qu’il nous faut aborder le royaume ?

 

« Un jour tu es né. Personne ne t’a demandé si tu voulais vivre. Mais maintenant tu vis. Parfois c’est beau. Parfois, par contre, c’est triste. Il y a beaucoup de choses que tu ne comprends pas. Tu vis, mais pourquoi ? Avec tes mains, tu dois aider à mettre de l’ordre dans le monde. Avec ton intelligence tu dois essayer de distinguer le bien du mal. Avec ton cœur tu dois aimer les hommes et les aider quand tu peux. Nombreuses sont les tâches qui t’attendent. Et qui attendent tes mains, ton intelligence et ton cœur. »

 

Pierre Dallemagne

 

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