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TEMOIGNAGE DE LOUIS, SUR LE PERE QUI NOUS AIME TANT

  • PAROISSE DE MARTIGUES
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Quinze jours à l'hôpital où j'ai pu méditer et prier les études d'évangile que j'ai faites cette année. Dans l'évangile de Jean, Jésus s'efface pour faire place à son Père : « Envoyé par le Père ; je fais la volonté du Père ; les paroles que je dis sont les paroles du Père ; qui me voit, voit le Père ».

 

Comment j’ai vécu cela ?

 

Donc, couché à l’hôpital, quatre paroissiens me rendent visite. Ils sont là, debout devant le corps et me regardent avec amitié, étonnés.

 

Me vient une inspiration : " Allumez vos flambeaux ". Je vois leur vie illuminée venue d’en haut, d’un centre brillant comme le soleil : présence de Dieu Père qui nous aime sans limite ; il nous a créés par amour.

 

Un fleuve de feu jaillissait devant Lui, nous ouvrait le chemin qui conduit vers le Seigneur Jésus à qui nous devons être rattachés comme une épouse à son époux. Chacun de nous, et ensemble, ne faisons qu’un avec Lui toujours fidèle. Rien ne pourra jamais nous séparer.

 

Tout part de notre Père qui continue de nous crée par amour. Sa force créatrice, son Esprit, nous conduit vers le corps humain du Seigneur Jésus, fils de Dieu. Ne faisant qu’un avec ce Fils, nous devenons dieu comme Lui, immortel comme Lui ; telle est notre destinée !

 

Nous les humains, arrivés à l’existence chacun à notre tour dans la grande histoire, nous vivons - de un petit jour à quelques dizaines d’années -, le temps d’aimer selon l’amour communiqué par l’Esprit.

 

Quand nous faisons notre travail, qu’on le sache ou non, nous aimons, nous pratiquons la compétence, la patience au service de la société, nous nous aimons les uns les autres à l’intérieur d’une solidarité céleste et terrestre.

 

Pendant mon séjour à l’hôpital, j’ai vécu la fête de Ste Monique ; devenue vieille, dans la ville d’Ostie, à l’embouchure du Tibre, en regardant la mer, elle disait à son fils Augustin : « Maintenant je peux mourir, tu as retrouvé la foi en Dieu ; pour toi j’ai prié, j’ai pleuré. Je voudrais mourir sur ma terre natale, en Afrique ; si je meurs ici, emportez mon corps là bas… et puis faites comme vous voulez, c’est sans importance. »

 

La veille, fête de St Césaire, évêque d’Arles pendant 40 ans. Ce n’était pas des saints du calendrier, je prenais fortement conscience qu’ils étaient vivants avec nous dans cet hôpital. Vivants et défunts ensemble nous répandons dans l’humanité l’amour de Dieu en qui nous existons.

 

Mais il y a aussi la puissance du mal qui fait barrage. Nous sommes des associés de Dieu, pas des assistés ; il ne peut rien faire sans nous, sans  moi aussi, il ne peut empêcher les drames épouvantables que nous produisons sur la terre.

 

Saint Jean dans l’apocalypse compare la puissance du mal au dragon rouge feu, qui a sept têtes couronnées ; il représente les empires de ce temps là qui se succèdent et réduisent les peuples en esclavage. Cela continue aujourd’hui ; Geneviève De Gaule, nièce du général disait : « Le XXe siècle a subi la domination de Staline et d’Hitler ; le XXIe subira la domination de l’argent avec aussi beaucoup de sang versé. »

 

Pendant mon séjour à l’hôpital, je sentais la présence universelle de Dieu qui nous aime et la souffrance du Père et du corps humain de son fils. Plusieurs fois des amis m’apportaient la communion ; une fois même une jeune femme venue voir son père, malade à côté de moi, a voulu s’approcher et écouter notre prière.

 

Me voici aujourd’hui dans cette église avec vous. Mon caractère n’a pas changé, je suis toujours le même avec pourtant un supplément de respect pour ceux que je fréquente. Chaque fois que c’est utile " j'allume leur flambeau ", je les regarde avec le regard de Dieu ; c'est merveilleux ce qui se passe dans notre vie quand nous devenons : dieu, immortel.

 

J'éprouve du bonheur à vous revoir. Surtout j'ai trouvé une paix qui doit continuer, dans la santé et dans la maladie, dans la vie et dans la mort.

 

Paix à vous tous aussi.

Louis

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