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MEDITATION : REJOUISSEZ VOUS !

  • PAROISSE DE MARTIGUES
  • HOMELIES

 

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"Seigneur, donne-nous la lumière,

elle nous est plus nécessaire qu'à l'aveugle-né.

Aujourd'hui, Seigneur, on ne veut pas voir clair !"

(Sainte Thérèse d'Avila) 

 

Il y a maintenant trois semaines nous entrions dans le carême pour quarante jours, temps de préparation à la fête de Pâques. Nous avons reçu les cendres accompagnées d’une parole qui appelait à la conversion par la prière, le jeûne et l’aumône.

 

Aujourd’hui, alors que ce carême se poursuit encore pendant deux semaines auxquelles s’ajoute la semaine Sainte, nous sommes invités à nous réjouir, c’étaient les paroles qui ouvraient cette célébration. Alors pourquoi cette invitation ? nous pouvons certainement trouver des motifs immédiats : il y a beaucoup de jeunes à cette célébration, il y a Nicolas et Osébia-Marie qui cheminent vers leur baptême et vont faire aujourd’hui leur deuxième scrutin afin d’approfondir leur désir de salut et de  reconnaître tout ce qui s’y oppose. Il y a aussi, il ne faut pas les oublier, Marina, Julian et Laurik, 3 collégiens qui seront baptisés avant les vacances d’été. D’une manière plus prosaïque, on peut aussi penser que c’est le milieu du carême et que l’Eglise nous octroie une pause.

 

Mais les textes qui nous sont proposés  aujourd’hui nous amènent à une réflexion qui  doit nous faire dépasser une joie assujettie à un événement.

Réécoutons l’introït de cette messe : « Réjouissez-vous avec Jérusalem, exultez à cause d’elle, vous tous qui l’aimez ! Avec elle, soyez plein d’allégresse, vous tous qui portiez son deuil ! ainsi vous serez nourris et rassasiés de l’abondance de sa joie ».Ce réjouissez-vous peut être rapproché du « réjouis-toi Marie comblée de grâce le Seigneur est avec toi ».

 

Découvrir le Seigneur et son action en nous est bien la source de toute joie. Saint Paul explique cela aux Corinthiens : être en Jésus christ c’est être une créature nouvelle, dans un monde nouveau.  C’est être réconcilié à Dieu par le Christ : « Dieu, dans Jésus Christ, efface le compte de nos péchés » et c’est bien cela la grande nouvelle qui doit nous réjouir en toute occasion.

 

Dieu n’est pas le comptable de nos bonnes et mauvaises actions, il n’est pas comme nous qui avons tendance à tenir  une balance à la main et à user nos forces à chercher à faire pencher le plateau du bon côté. Dieu, lui, est comme le soleil qu’il a créé, il brille tout le temps et pour tous et même s’il y a des nuages dans notre ciel ou dans notre cœur il continue à briller.

 

Regardons Abraham, le père de tous les croyants, s’il a été déclaré juste ce n’est ni pour sa vie exemplaire, ni pour son obéissance mais pour sa foi. Et le roi David ne menait  pas une  vie de saint mais savait s’en remettre totalement au Seigneur en reconnaissant ses fautes.

 

Le chemin de jeûne et de prière, ouvert le mercredi des cendres, n’a d’autre but que de nous faire  redécouvrir  cela : ce n’est pas par nos actions que nous sommes sauvés mais par la grâce de l’amour de Dieu « au Nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu ».

 

Aujourd’hui cherchons à entrer dans cette nouvelle relation à Dieu : il ne s’agit pas de chercher à le connaître de manière humaine, ce serait en faire une idole, notre objet … il ne s’agit pas non plus de renier notre personne, notre moi et de tout remettre à la providence mais Il nous faut prendre  appui sur le Fils unique Jésus Christ pour que notre raison, notre volonté et notre foi nous amènent à être des fils adoptifs suivant son modèle.

 

Nous pouvons nous laisser guider par l’aveugle né de notre Evangile pour avancer sur ce chemin.

 

Jésus voit sur son passage un aveugle né. Jésus ne croise pas un aveugle, il voit un homme qui a un handicap et alors que ses disciples cherchent une cause à son infirmité, il leur fait comprendre que même un terrible handicap peut être un révélateur de la gloire  de Dieu. Et Jésus par quelques gestes simples, de la salive et de la poussière et un envoi au bain de purification recrée  la  vie de cet homme. Cet homme qui doit néanmoins faire lui-même son chemin de purification, tout d’abord avec ses yeux aveugles et couverts de boue,  se déplacer du  Temple à la fontaine de Siloé puis ayant retrouvé la vue faire face à des accusateurs juges, ses voisins, les pharisiens, ses parents qui témoignent qu’il est bien leur fils mais l’abandonnent à ses accusateurs. Lui ne sait que deux choses : cet homme s’appelle Jésus et il lui a fait retrouver la vue. Et à fur et à mesure que les accusations se font plus violentes de la part des pharisiens,  l’aveugle né prend force et courage jusqu’à ironiser sur le savoir de ses accusateurs et  progresse aussi dans la découverte de cet homme Jésus qu’il n’a jamais vu. Ainsi quand les pharisiens disent   « cet homme est un pêcheur qui ne respecte pas le sabbat » lui déclare « c’est un prophète ». Quand les pharisiens disent  « nous ne savons pas d’où il est » lui répond « si cet homme ne venait de Dieu il ne pourrait rien faire ». Les pharisiens ne pouvant pas expliquer sa guérison lui inflige un nouvel handicap en lui coupant la parole et en le jetant dehors. Jésus vient alors une nouvelle fois à lui avec la question « crois-tu » à celui qui t’a vu et t’a guéri, maintenant toi aussi tu peux le voir, il est en face de toi. La réponse de l’aveugle illuminé est faite d’une parole, d’un qualificatif et d’un geste – je croisSeigneuril se prosterne.

 

A la suite de l’aveugle né entrons dans cette joie que notre foi doit nous apporter et que dit si bien le psaume que nous avons  chanté : « qui regarde vers lui resplendira sans ombre ni trouble au visage. »  

 

Pierre Laurent

 

"Seigneur, donne-nous la lumière,

elle nous est plus nécessaire qu'à l'aveugle-né.

Aujourd'hui, Seigneur, on ne veut pas voir clair !"

(Sainte Thérèse d'Avila)

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